Philippe Castanon, avec six nouveaux sur la liste
Chaque réélection était assurée pour la liste de Philippe Castanon, faute de combattants, depuis 2008. Pour ce qu'il souhaite être son dernier mandat, une opposition s'est levée. "Quand tu es en fonction depuis 18 ans, tu ne peux pas satisfaire tout le monde, philosophe l'ancien professeur des écoles. L'autre liste est un amalgame de personnes que je n'ai dû pas satisfaire."
Il repart pour un éventuel quatrième mandat, "parce qu'une grande partie de mon équipe repart, tout le monde est content de poursuivre cette aventure, note le maire sortant. On a juste renouvelé six candidats." En conservant la même "idée générale : offrir à la commune la possibilité d'y bien vivre, que les gens aient les structures pour vivre bien dans leur commune." En exemple, Philippe Castanon cite la boulangerie, dont la commune a permis l'installation (relire ici).
"Dans les tiroirs", pour un éventuel nouveau mandat, Philippe Castanon évoque le projet de Village d'avenir "qui vise à réhabiliter l'ancienne école, pour y installer une nouvelle bibliothèque et y créer un restaurant, que Monoblet a perdu." La bibliothèque avait dû quitter ses locaux, après qu'une attaque de champignon a contraint à envoyer au rebut près de 80 % des ouvrages. La municipalité actuelle attend du projet qu'il "permette de renforcer le centre ancien et réanime le cœur de village, en soutien aux projets qu'ont été l'agence postale et la boulangerie".
Une maison d'habitat inclusif devrait sortir de terre face à la Maison médicale, toujours dans l'optique de participer à la vie du centre. "Après la réhabilitation de l'ancienne école, l'ancienne mairie fera l'objet d'une réflexion. À l'heure actuelle, la santé financière de la commune permet d'envisager les projets." Mais le maire-candidat craint une baisse importante des crédits des partenaires (État, Région, Département, etc.) à la suite de l'élection présidentielle de 2027. "Le résultat de cette élection risque d'impacter sérieusement les possibilités."
Philippe Castanon évoque aussi le besoin de créer un assainissement collectif pour les hameaux de Fabre et Graniers, "avec une station, pour permettre d'assainir le centre Montplaisir et le camping". Et de "faire aboutir une révision du Plan local d'urbanisme (PLU), présentée comme le diable par nos opposants", sourit Philippe Castanon.
Ce sera la seule pique envoyée par le maire sortant à son opposition, le candidat disant souhaiter une campagne "respectueuse". En vice-président du Piémont cévenol, Philippe Castanon dit aussi "assumer les décisions prises par l'exécutif". Et, surtout, vouloir conserver ce format "de communauté de communes, et pas d'agglomération. Les petites communes autour de chez nous, qui sont allées dans l'agglomération, sont un peu en difficulté, constate-t-il. Notre territoire est cohérent par rapport au Vidourle. Mais c'est surtout un échelon où chacun peut dire la sienne."
Philippe Castanon continuera de s'y investir, si sa liste obtient la majorité, dans un scrutin qu'il ne redoute pas particulièrement. "Notre bilan et nos projets sont nos meilleurs arguments. Et les habitants savent que nous tenons nos engagements", pense savoir le maire.
Chantal Pratlong, la démocratie participative comme programme
C'est une enfant du village qui s'affiche en tête de la liste "Démocratie participative", qui offre une première opposition à Philippe Castanon dans les urnes. Chantal Pratlong a pris la tête d'une équipe qui s'est construite petit à petit et a poursuivi les réunions jusqu'à dimanche dernier pour palper les priorités des habitants.
Très actif dans le collectif, Jean-Louis Janssens apparaît en numéro 2 sur la liste, lui qui fut conseiller municipal en 2014, avec Philippe Castanon, dont il dénonce un autoritarisme grandissant. Dans la liste figurent aussi Hélène Valézy, compagne de l'ancien maire Roland Ménard (de 2001 à 2008), ou encore Davy Maurin, patron du café du village.
En lien avec l'appellation de la liste, Jean-Louis Janssens dénonce "un petit manque de démocratie, de mandature en mandature. Et en plus, on ne peut plus barrer de noms sur la liste, regrette l'ancien élu. Le maire, en place depuis quelques années, fait de la répétition. Et se fait de moins en moins de souci de poser la question aux habitants."
"Il fait comme si tout lui était acquis, poursuit Chantal Pratlong. On est informés des nouveautés via les bulletins. Mais sans savoir vraiment ce qui se passe. On a eu de moins en moins de réunions depuis le Covid. Et ça leur a bien plu, puisqu'on a continué à ne plus avoir de réunion. De même, il y avait une réunion des associations deux fois par an. Puis, c'est devenu une fois par an. Et, la dernière fois, ils n'ont pas eu le temps."
Les deux colistiers prennent en exemple le projet de PLU, pour lequel une participation citoyenne était prévue. "C'était un simulacre, s'offusque Jean-Louis Janssens. Ce qu'on a exprimé n'est même pas sorti dans le rendu final. On aimerait pouvoir en parler. Par exemple, pour la place du village : tout le monde veut la réanimer mais ça n'apparaît plus dans le document. On voulait aussi faire l'inventaire des maisons vides mais on nous a dit que c'était trop cher."
Chantal Pratlong abonde, en s'attaquant au projet de "constructions dans le bas du village, une quarantaine, avec des lots faits par des promoteurs. Ce sera plutôt des lotissements. Le but est d'amener des enfants à l'école. Mais vu le prix de ce qui va se construire, on en doute."
La liste dit donc souhaiter "la consultation systématique de la population jusqu'à la concrétisation d'un projet. Comme pour la réhabilitation de l'ancienne école, on aimerait demander aux gens ce qu'ils souhaiteraient", enchaîne Jean-Louis Janssens. La liste avance donc avec des sujets à mettre en avant, mais sans réel programme puisqu'il devrait être discuté avec la population. "On veut faire des thèmes et regrouper ceux qui sont intéressés. On a commencé par un collectif pour essayer d'influencer la décision."
"Faire quelque chose des anciens logements, améliorer le village, embellir et préserver la zone piétonne" font partie des thèmes. "Et que la place du village ne soit pas qu'un parking." Les deux colistiers s'interrogent aussi sur une éventuelle modulation du tarif de l'eau en fonction des saisons, "de façon à faire payer au juste prix la population résidente".
"Aujourd'hui, il est difficile de faire venir des familles", estime Jean-Louis Janssens, qui pense que de nouvelles constructions ne sont pas forcément nécessaires. Pour lui, les associations sont aussi fautives, "elles ne se parlent pas entre elles", ce qui aurait une influence négative sur l'animation générale du village. "Mais par l'intermédiaire de la mairie, ce serait possible de les refaire travailler ensemble, croit Chantal Pratlong. Chaque association apporte quelque chose et contribue à une vie plus intense." Ce que Jean-Louis Janssens résume sèchement : "Il n'y a plus cette âme de Monoblet comme il y avait avant."