Fibre Excellence traverse une crise industrielle majeure qui fait planer la menace d’une fermeture de sites en France, notamment celui de Tarascon. Le groupe, spécialisé dans la pâte à papier, évoque une dégradation de sa situation économique, liée à la flambée des coûts de l’énergie et à une conjoncture de marché défavorable. Plusieurs centaines d’emplois directs et un large tissu d’emplois indirects sont aujourd’hui en jeu. Face à cette perspective, les salariés se mobilisent depuis plusieurs mois, réclamant une intervention rapide de l’État sur les conditions énergétiques et industrielles. Dans leur combat, ils sont soutenus par plusieurs élus locaux, au premier rang desquels Carole Delga, présidente de la Région Occitanie. Selon elle, 700 emplois sont directement menacés sur les sites de Saint-Gaudens et de Tarascon. En cause : le prix de rachat par EDF de l’électricité produite à partir de biomasse, jugé excessivement bas et très inférieur au coût réel de production. Un coût qui a explosé, notamment sous l’effet de la hausse massive du prix du bois, indispensable à la fabrication de la pâte à papier. Le dossier est désormais politique autant qu’économique. Il pose frontalement la question de la réindustrialisation française et de la souveraineté industrielle. Carole Delga le résume sans détours : « L’État a tous les leviers en main. Il peut — il doit — demander à EDF de revaloriser le prix de rachat de l’électricité. Ne pas le faire serait un choix. Un choix contre l’industrie, contre l’emploi, contre notre souveraineté. » La présidente de Région est très claire : « Aux côtés des salariés et des syndicats, je refuse que 700 familles paient le prix de l’inaction. Il y a urgence. Le Premier ministre doit agir maintenant. » Elle tire la sonnette d’alarme et elle a raison. Son argumentaire repose sur des faits avérés : la menace sur l’emploi, la flambée du coût du bois, une tarification énergétique devenue inadaptée. Mais une nuance s’impose. Si le prix de rachat de l’électricité biomasse est un levier central, il ne résume pas à lui seul la crise de Fibre Excellence. La filière pâte à papier subit aussi la baisse de la demande, la concurrence internationale et une fragilisation plus profonde de son modèle industriel. Revaloriser le tarif serait un signal politique fort, sans doute nécessaire. Mais ce ne sera pas une solution miracle. Sauver cette industrie dans la durée suppose une approche plus globale. Avec une visibilité à long terme des commandes, des clauses de réciprocité face à la concurrence internationale et une protection réelle contre le dumping environnemental et social. C’est à cette condition que la souveraineté industrielle cessera d’être un slogan pour devenir une politique.
Publié il y a 1 h -
Mise à jour le 10.02.2026 - Abdel Samari - 2 min
ÉDITORIAL Fibre Excellence : Carole Delga contre le déclassement industriel
Carole Delga, présidente du conseil régional d'Occitanie.
- Photo MaxPPPLa présidente de la Région Occitanie, en première ligne pour sauver l’emploi industriel, interroge la parole de l’État.
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Abdel Samari