Nîmes Olympique, un dossier où la passion vaut parfois plus que la raison. Seulement, ce samedi, c’est en élu raisonné et non en supporter que Pascal Gourdel a demandé quelques explications à la majorité. Dernière séance de Jean-Paul Fournier, celle-ci avait pour point d’orgue l’achat pour 9,5 M€ du stade provisoire des Antonins ainsi que du centre d’entraînement de la Bastide. Le stade provisoire, lui, est acheté à la société SA Nemau, société immobilière de Rani Assaf. Le site de la Bastide, lui, à la SASP Nîmes Olympique (Société anonyme sportive professionnelle).
Cet achat est d’abord passé par une modification du budget primitif 2026, adopté deux mois plus tôt. De quoi soulever les critiques de Pascal Gourdel, ancien adjoint aux Finances : « On peut s’interroger sur la sincérité du budget voté en décembre et notamment sur le niveau final de l’endettement ! Sauf surprise, la dette devrait passer au minimum à 185 M€ ». Et d’ajouter, toujours concernant la « sincérité budgétaire » : « Deux terrains sont à refaire sur la Bastide pour plus d’1 M€. Est-ce que cela fera l’objet d’une nouvelle décision modificative ? Et qu’en est-il du coût de fonctionnement ? Ont-ils été chiffrés ? »
Loyer du stade des Antonins : qui paie quoi et combien ?
Sur le stade provisoire des Antonins, acheté hors taxe « puisqu’il s’agit d’un ouvrage de moins de cinq ans et qu’il a une destination commerciale », Pascal Gourdel demande à la majorité : « Avez-vous prévu le loyer à réclamer à la société qui utilise actuellement le stade ? Avez-vous une idée du coût de ce loyer qui devrait être assez important ? » L’ancien adjoint aux Finances de la mairie poursuit ses questions en rebondissant sur les 1,2 M€ de subvention exceptionnelle destinées à l’association Nîmes Olympique. « Qui paie le loyer aujourd’hui à Rani Assaf ? L’association ? Ou la société sportive. Et quel est le montant ? » Pour Pascal Gourdel : « Si c’est l’association qui paie le loyer, il y a un problème puisqu’elle le fait avec l’argent public au profit d’une société privée… »
Enfin, « ragot ou rumeur », Pascal Gourdel aimerait avoir des éclaircissements sur un point en particulier. « L'association achèterait, à chaque match, un très grand nombre de places qu’elle distribuerait gratuitement. Si cela est vrai, toujours fait grâce à la subvention publique, n’y a-t-il pas un problème juridique ? » Et de terminer avec « la buvette en plein air » installée sur le domaine public : « Y a-t-il une redevance versée et, si oui, qui la verse ? » Pascal Gourdel n’aura pas de réponse… En l’absence de l’adjoint aux Finances, Frédéric Escojido - non retenu sur la liste de Franck Proust -, François Courdil lui a répondu : « Vous étiez absent en commission des Finances où l’on a pu détailler l’ensemble… » Bronca d’une partie des élus. L’un d’eux lâche : « C’est fort de café pour quelqu’un qui, sur six ans de mandat, est parti deux ans en Corse pour faire des fromages ! »