La loi de financement de la Sécurité sociale est en travers de la gorge des médecins libéraux et du corps médical. Dans le Gard, Élodie Le Buzullier, constate des conditions de travail précaires : « On se retrouve avec moins en moins de moyens. La France est un désert médical. On le ressent dans le Gard. C’est la double peine pour ceux qui restent », dénonce la médecin généralise à Sauve, qui confie avoir fait « un burn-out il y a deux ans », avant de remonter la pente petit à petit.
Dans un communiqué de presse transmis, un « cri d'alerte » est lancé. Les choix du gouvernement, notamment en matière de prise en charge des patients, sont signalés : « La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 marque une nouvelle étape dans une trajectoire devenue intenable pour l'ensemble du système de santé ». Avec des conséquences directes sur le quotidien, jugé instable des médecins, toutes spécialitées confondues.
« Moins de considération pour celles et ceux qui soignent »
Ce lundi 5 janvier marque le premier jour de mobilisation. Un ras-le-bol généralisé, qui s'explique pour plusieurs raisons, de la part des professionnels de santé : « Ce texte prolonge une logique désormais bien connue : plus de contraintes, plus de contrôle, plus de suspicion, et toujours moins de temps médical, de moyens et de considération pour celles et ceux qui soignent. La LFSS 2026 s'inscrit dans une vision comptable de la santé, déconnectée des réalités de terrain, qui fragilise à la fois la médecine libérale et l'hôpital public », alerte l'association.
Manifestation le 10 janvier à Paris
La grève nationale se déroulera du 5 janvier au 15 janvier. Le point d'orgue de la contestation des médecins aura lieu samedi 10 janvier à 13h. Une manifestation nationale est prévue place du Panthéon à Paris. Par ailleurs, environ 2000 spécialistes, s'exileront en Belgique.
Élodie Le Buzullier, médecin gardoise de 37 ans, avoue ne pas savoir si elle « tiendra le coup et fera ce métier toute sa vie ». La secrétaire générale de l'association Médecins pour Demain, met en avant une revendication : « Travailler avec les médecins de terrain » pour mieux soigner.