Le projet, soutenu par 35 maires représentant près de 180 000 habitants, nécessite désormais un accord d’État à État après une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères dans les prochaines semaines. Une étape décisive pour concrétiser l’arrivée de 84 médecins, dont plus de la moitié à Alès, ainsi que des manipulateurs radio et des spécialistes dans les Cévennes. Une vingtaine de maires se sont déjà engagés à mettre des locaux à disposition, notamment dans les EHPAD et les maisons de santé.
En quatre ans, l’agglomération d’Alès est passée de 71 à 56 médecins généralistes, dont 25 % ont plus de 65 ans. "16 000 personnes sont sans médecin traitant sur le territoire d’Alès Agglo", rappelle Roger André, membre du comité. La venue de médecins cubains est présentée comme une solution "transitoire" en attendant les effets de la suppression du numerus clausus, attendus seulement à partir de 2035-2040. "Ce n’est pas une création de poste, qui demanderait des transferts ou des dotations budgétaires à intégrer dans le PLFSS. C'est une réponse immédiate à une crise qui ne peut attendre", insiste le comité.
"Une coopération avantageuse pour les deux partis"
Alors que la Guyane et d’autres territoires métropolitains pourraient aussi bénéficier de ce dispositif, les élus locaux rappellent que l’objectif reste de revenir aux chiffres de 2019-2020, avant que la désertification médicale ne s’aggrave. "Il y a une volonté commune et partagée sur les territoires. C'est pour ça qu'on a bon espoir que les choses se décantent assez rapidement. L'échéance sera d'abord déterminée en fonction de la décision politique", rappelle le comité. Le dossier, porté par l'ancien député André Chassaigne, aujourd'hui chargé de mission aux Caraïbes et Cuba, et le Comité, a déjà reçu un accueil favorable de la présidence de la République.
Cuba, dont le système de santé est reconnu en Amérique latine et centrale malgré le blocus américain, y voit l’opportunité d’accéder à des technologies médicales modernes. Aujourd’hui, il y a autant de médecins à Cuba qu’en France (environ 100 000, NDLR). "Cuba avait déjà envoyé 2000 médecins dans les outre-mer pendant le Covid", rappelle Jean-Michel Suau. Pour la France, il s’agit de combler un besoin urgent en soins de proximité. "C’est une coopération avantageuse pour les deux partis", souligne Philippe Gasser, ancien praticien et membre du Comité.
Les médecins cubains pourraient intervenir dans les maisons de santé, les EHPAD, et renforcer les équipes hospitalières, notamment à Alès où les locaux de la médecine de garde deviendraient un centre de santé en journée. Pour exemples, Collet-de-Dèze couvrira ainsi les vallées des Hautes Cévennes. Cendras centralisera le secteur de Saint-Paul-la-Coste, Soustelle et Lamelouze.
Une délégation de l'ambassade cubaine en Cévennes ce lundi
Le projet, lancé en mars 2025, prend de l’ampleur : une pétition de 3 500 signatures a été déposée en sous-préfecture, et une délégation de l'ambassade de Cuba viendra en Cévennes ce lundi 23 février. L'ambassadeur ne viendra finalement pas "en raison d'impératifs diplomatiques liées aux conséquences du blocus imposé par les États-Unis à Cuba" qui l'amènera à "rencontrer l'État Français au plus haut niveau".
Ce sera donc Justo Rodriguez, chef de mission de l'Ambassade de Cuba en France, qui accompagnera André Chassaigne, d'abord à Cendras, puis au Centre hospitalier d'Alès (voir plus bas). "Cette venue constitue une étape décisive dans notre bataille pour un changement de politique nationale en matière de santé et garantir à chaque Cévenol un médecin traitant", souligne le Comité. Le dossier rédigé par ce dernier sera remis à la délégation lors de sa visite. Le jumelage d'établissements de santé franco-cubains pourrait aussi être inscrit comme "objectif complémentaire".
Programme du lundi 23 février :
Dans les locaux de Biosphera à Cendras :
- 13h45 : Remise officielle de demande de médecins cubains au représentant de l'Ambassade cubaine
- 14h : Rencontre-échange de Justo Rodriguez et André Chassaigne avec les élus et le comité de Défense de l'hôpital
À l'hôpital d'Alès :
- 16h30 : Rencontre avec les directions de l'hôpital et FILERIS