Publié il y a 1 an - Mise à jour le 14.12.2022 - Corentin Migoule - 5 min  - vu 886 fois

FOOTBALL L'OAC analyse son passé pour mieux se tourner vers l'avenir

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Phlippe Mallaroni et Didier Bilange toujours tournés vers l'avenir et le projet "Cap 2024". (Photo Corentin Migoule)

Ce mardi 13 décembre en début de soirée avait lieu l'assemblée générale de l'Olympique d'Alès en Cévennes (OAC). Outre la réaction du président Didier Bilange qui assure vouloir faire appel de la sanction de la direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), voici ce qu'il faut retenir de cette séquence annuelle. 

Ce mardi soir, en présence d'une grosse trentaine de personnes, dont des membres du conseil d'administration, des éducateurs du club et quelques supporters, s'est tenue l'assemblée générale (AG) annuelle dans la salle (le congélateur) des partenaires du stade Pibarot. Peu après 17h20, le manager général de l'OAC, Philippe Mallaroni, a introduit une AG qui se voulait "riche" en informations.

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Phlippe Mallaroni et Didier Bilange toujours tournés vers l'avenir et le projet "Cap 2024". (Photo Corentin Migoule)

"Je ne les aime pas trop ces AG car on va vous parler du passé alors que vous avez certainement des questions sur l'avenir", a d'emblée enclenché le président Didier Bilange, qui faisait mouche avec cette première intervention. Mais avant de parler du futur, aussi proche soit-il, quelques éléments ont été délivrés pêle-mêle à l'assistance. À commencer par le fait que le cabinet d'expertise-comptable Smerc ait succédé au 1er juillet dernier au cabinet Trial, ce qui est sûrement anecdotique (ou peut-être pas en des temps où l'OAC doit composer avec une sanction de la DNCG).

Au cours du "rapport moral" de l'exercice 2021-2022, le président oacien a mentionné "un nombre de licenciés en légère augmentation", passé de 438 en 2021 (saison marquée par le Covid) à 484 en 2022, ce qui fait de l'OAC "le premier club du département tous sports confondus, y compris devant les Crocos". Diaporama à l’appui, Jean-Marie Pasqualetti a déroulé le rapport sportif de la saison dernière. "L'équipe première a survolé son championnat en terminant avec 14 points d’avance et l'équipe réserve a lutté pour le podium quasiment jusqu’au bout", s'est notamment réjoui le directeur sportif. 

L'an dernier, les seniors féminines de l'OAC ont aussi performé avec une quatrième place en championnat synonyme de montée à l'échelon supérieur, aux portes du football professionnel, division dans laquelle les résultats ne sont pas au rendez-vous depuis le début de l'exercice 2022-2023. Autre "satisfaction" des dirigeants : les bons résultats des équipes de jeunes, dont les U20 qui, pour leur première saison, ont décroché la première place, tout comme les U17 de Mehdi Sidane.

"Dans la poule C de National 2, on a un petit budget"

L'heure était venue pour le nouvel expert comptable du club de présenter le "compte de résultats" clos au 30 juin dernier. L'OAC a achevé la saison dernière avec un excédent de 667 €, 65 000 € de fonds propres et des effectifs en augmentation (de 8 à 14 équivalents "temps plein" en raison de la "professionnalisation" des joueurs de l'équipe première composée de 24 joueurs, dont 10 contrats fédéraux, 8 contrats club et 6 contrats d'apprentissage). Ce qui a eu pour conséquence de faire exploser la masse salariale, passée de 204 535 € en 2020/2021, à 508 486 € la saison suivante. 

Celle-ci a continué d'augmenter avec la montée de l'équipe première en National 2, laquelle est désormais encadrée par la DNCG à hauteur de 706 000 € brut. Dans la perspective du projet "Cap 2024" qui prévoit de hisser l'OAC en National 1 dans les meilleurs délais, le budget a aussi été significativement réhaussé, passant de 600 000 € il y a deux saisons, à 900 000 € l'an dernier, pour s'établir à près de 1,4 M€ en 2022/2023.

"Dans la poule C de National 2, on a un petit budget", a assuré Philippe Mallaroni. "Plutôt moyen/bas", l'a corrigé Didier Bilange, qui parle de clubs dont le budget frôle les "6 millions d'euros". Une fois de plus, celui de l'OAC repose sur les fonds injectés par Didier Bilange en qualité de PDG de Jubil Intérim, ainsi que les subventions municipales (mairie et Agglo), les deux "piliers" du club. 

"Je m’engage à ce qu’on redevienne professionnel"

Pour faire croître les recettes, le manager général mise sur "plus de billetterie et de mécénat", et se donne le droit d'aller voir au-delà des frontières du bassin alésien qu'il juge quelque peu "frileux" sur le plan de l'engagement sportif et associatif. Philippe Mallaroni s'en remet également aux collectivités (Conseil départemental et Conseil régional), assurant "travailler pour aller chercher une subvention de 40 000 €, voire plus". 

Alors que le commissaire aux comptes du cabinet Montalban a certifié leur "régularité" et leur "sincérité", l'assistance a approuvé à l'unanimité les comptes d'une association qui "essaie de se conduire comme une entreprise, gérée en bon père de famille". Aussi, alors que l'équipe première est lanterne rouge de National 2 avec six petits points en douze journées, Didier Bilange, qui se montre confiant vis-à-vis de l'appel de la sanction de la DNCG (relire ici), ne conçoit aucune autre hypothèse que le maintien.

Le président oacien y est même allé de sa promesse relevant du court terme : "Je m’engage à ce qu’on monte en National 1. Je m’engage à ce qu’on redevienne professionnel." Une manière de dire que le projet "Cap 2024" est toujours d'actualité. Pour étayer son propos, le patron des Bleus et Blancs a pu compter sur son directeur sportif, lequel retient "les cinq dernières bonnes prestations" du groupe N2 (Thonon, Lyon, Toulon, Marignane et Canet).

En finir enfin avec le stade "maudit"

"On a une équipe qui livre des contenus positifs avec des résultats négatifs", analyse Jean-Marie Pasqualetti. Et d'ajouter : "Quoi qu'il arrive, qu'on perde les cinq points ou qu'on les récupère, il faut qu'on enclenche une série de victoires." Ainsi, pour bonifier ces dernières sorties intéressantes, le dernier nommé ne s'interdit pas un renfort hivernal et portera sa réflexion "sur l'aspect offensif", à condition, bien sûr, que l'encadrement de la masse salariale le lui permette. 

Les Cévenols, qui ont partiellement gommé leurs carences défensives d'un début de saison plombé par les erreurs individuelles, disposent en effet de l'attaque la moins prolifique de la poule C (huit petits buts), muette à six reprises (moyenne d'un match sur deux). La réussite offensive reviendra peut-être lorsqu'il s'agira de faire trembler les nouveaux filets bleus et blancs de Pibarot et son pré verdoyant. Des installations visitées ce lundi 12 décembre par les inspecteurs de la Fédération française de football (FFF) en compagnie de Marie-Claude Albaladejo.

L'adjointe aux Sports de la ville d'Alès l'assure : "On a tout fait pour que le prochain match à domicile du 14 janvier (face à Sète, NDLR) se joue ici (à Pibarot, NDLR) !" La commission d'homologation devrait statuer ce jeudi 15 décembre et disposera donc de quatre semaines pour livrer son verdict. À l'issue, les Oaciens devraient pouvoir quitter le stade Louis-Pautex d'Uzès, qualifié de "maudit" par Didier Bilange (4 points sur 18 possibles y ont été glanés par l'OAC). Ce jour-là, pour les hommes d'Hakim Malek, c'est presque une nouvelle saison qui débutera.

Comment reconquérir le public ?

Ce mardi soir, en fin d'AG, un supporter, membre du Kop cévenol héritage (KCH), a profité de la phase dédiée aux "questions diverses" pour blâmer "la communication" du club, laquelle serait en partie responsable de la désaffection du public, matérialisée par un nombre d'abonnés (26) "aberrant". "L'OAC est peut-être le club de France qui communique le moins", a pesté le fan cévenol, qui regrette par exemple que l'effectif actuel de N2 n'apparaisse pas sur le site du club. De concert, Philippe Mallaroni et Didier Bilange ont approuvé ces remarques, le dernier reconnaissant par exemple que "le site Allez-Alès est très bien fait", "mieux que le nôtre". La chargée de communication de l'OAC a eu l'occasion de répliquer en rappelant son statut bénévole. "Les bénévoles sont les bienvenus. On a besoin de gens comme vous qui ont envie de s'investir. Nous manquons de petites mains", a-t-elle signifié. Le supporter en question a même proposé de mettre gracieusement à profit ses qualités de commercial pour "aider le club à démarcher des partenaires". Enfin, le membre du KCH a suggéré "une idée toute simple" pour remplir Pibarot : "Alès, c’est une ville qui pue le football. On doit être 1 000 au stade en N2. Pas moins ! Prenez 20 bars d’Alès et donnez-leur 20 écharpes de l'OAC. Laissez-leur deux invitations chacun. Il faut qu'on parle du club en ville. C'est comme ça qu'on va arriver à fédérer."

Corentin Migoule

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