Publié il y a 51 min - Mise à jour le 30.05.2026 - Thierry Allard - 3 min  - vu 63 fois

UZÈS La Ligue professionnelle des entraîneurs, un ambitieux projet pour évaluer et accompagner les coachs

Moussa Diallo et Gérard Guricolas, de la Ligue professionnelle des entraîneurs

- Thierry Allard

À 35 ans, Moussa Diallo est éducateur bénévole dans un club de sa ville, Uzès. Il pilote un ambitieux projet, la Ligue professionnelle des entraîneurs, qui vise à mieux valoriser le métier d’entraîneur et d’éducateur de football, à travers un ensemble de services.

Pour Moussa Diallo, « la lumière s’est allumée l’année dernière, lors du huitième de finale Brest-PSG », rejoue-t-il. Ce jour-là, le trentenaire originaire de Paris dit s’être rendu compte, plus que jamais, du rôle de l’entraîneur, et de l’ingratitude du poste. « Aujourd’hui pour évaluer un entraîneur, on se base sur ses résultats le week-end, et au bout de trois défaites, il saute », commence-t-il. Alors il se lance, avec dans l’idée de « créer un outil d’évaluation pour analyser l’impact réel du travail de l’ombre de l’entraîneur. »

À l’époque, il tient un snack à Uzès. Autodidacte, il se lance dans l’arrière-boutique, et apprend à développer un algorithme « à partir de quatre critères : la capacité à faire évoluer les jeunes joueurs, celle à s’adapter tactiquement au contexte du match ; le management, la gestion du groupe et des egos et enfin, les résultats sportifs », présente-t-il. Pour alimenter l’algorithme, le système se base sur les datas, mais aussi sur « un panel d’experts composé d’anciens entraîneurs », « le ressenti des staffs et des joueurs » et « l’avis du public, plus pondéré que les autres critères », précise-t-il. L’évaluation « prend aussi en compte le contexte de l’équipe : son budget, la valeur de son effectif sur le marché des transferts, ses infrastructures, son calendrier et s’il y a eu des blessés », rajoute Moussa Diallo. Puis, « on croise ces données pour donner une note globale et créer un classement général », conclut-il.

Le modèle, pour l’heure testé sur la Ligue 1, sera décliné dans le monde amateur, « cette fois plus avec de l’auto-évaluation », glisse-t-il, mais aussi à terme, « grâce à un outil de vidéo avec de l’intelligence artificielle capable de dégager des statistiques », avance-t-il, tout en précisant que ce module « est en développement ».

Un fondateur bien entouré

Son projet, Moussa Diallo y croit « à 100 000 % ». Alors il s’est entouré « d’un analyste comportemental, d’un formateur, d’un directeur de pôle technique et tactique qui accompagne déjà des joueurs de Ligue 1 et de Ligue 2, d’un neuroscientifique, d’un directeur commercial et du marketing qui a travaillé pour de grandes marques », affirme-t-il. Parmi ces personnes, Moussa Diallo s’est entouré de Gérard Guricolas, vieux routier du football uzétien, déterminé à « valoriser le rôle de l’entraîneur » et à « faire évoluer les choses » dans un domaine plus conservateur qu’il n’y paraît. La Ligue des entraîneurs s’est aussi rapprochée « d’un centre de formation agréé Qualiopi pour porter nos formations », affirme le fondateur. Des partenariats fonction du chiffre que dégagera l’entreprise, montée en SAS depuis trois mois.

À ce stade, le projet est en cours de finalisation. « J’ai fini les derniers tests de l’algorithme qui sera prochainement intégré sur la plateforme avant une phase test d’un mois, le lancement officiel avec les abonnements sera pour septembre », annonce Moussa Diallo. Parallèlement, il travaille sur « un catalogue de 17 formations » pour les entraîneurs, car « dans le monde amateur, ils ne sont pas formés », affirme-t-il.

Avec un but, « que le projet du club corresponde à l’entraîneur, pour que tout le monde soit gagnant », résume Gérard Guricolas, et mieux préparer les entraîneurs à durer dans le secteur en les formant à la communication ou aux aspects du droit des contrats, entre autres.

Pour parvenir à mener à bien ce projet ambitieux, que Moussa Diallo verrait bien dupliqué à l’échelle internationale et pourquoi pas à d’autres sports, le plus dur commence. Reste la clé de voûte du projet, l’algorithme : un test sur la saison qui vient de s’achever a donné comme meilleur entraîneur de Ligue 1 Pierre Sage (Lens), lui qui vient d’être nommé meilleur entraîneur français par ses pairs lors des trophées UNFP. Le coach du PSG Luis Enrique se classe troisième, mais plus intéressant, le deuxième est, selon ce modèle, Franck Haise, qui a repris Rennes en cours de saison. Avec Nice, son club en première partie de saison, il se classe… 21e. « La preuve de l’importance du contexte », en déduit Moussa Diallo.

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