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ALÈS : LES ENSEIGNANTS DU LYCÉE J-B DUMAS INTERPELLENT LE MINISTRE SUITE AU SUICIDE DE LISE BONNAFOUS

Dans la boîte aux lettres de Luc Chatel, ministre de l’Éducation Nationale, une enveloppe en provenance d'Alès attend d'être ouverte. A l'intérieur, des mots d'indignation et de révolte noircis le papier. Au bout de la plume, les enseignants du lycée Jean-Baptiste Dumas qui "voient leurs conditions de travail se dégrader de jour en jour depuis que le gouvernement s'est fixé comme objectif principal de réduire les dépenses dans l’Éducation en supprimant des postes d'enseignant." Mais cette lettre est avant tout un hommage à Lise Bonnafous, cette professeur de Mathématiques âgée de 44 ans qui, le 13 octobre dernier s'est immolée par le feu dans la cour du lycée Jean-Moulin à Béziers, à la récréation de 10 heures.

 

"Ce geste, d'une détermination extrême signe l'ultime limite du supportable pour une personne engagée [...] et renvoie à la souffrance de toute une profession malmenée, déconsidérée." Mais plus insupportable encore pour les enseignants du lycée Jean-Baptiste Dumas représentés par Zahia Meklat, professeur de Lettres, "les déclarations méprisantes de Luc Chatel au sujet de notre collègue. Jamais il n'a parlé des difficultés des enseignants à exercer leur métier. Pour le ministre, Lise Bonnafous n'était qu'une personne fragile. Nous ne demandons pas d'actions directes de la part du ministre, il y en a tellement à faire, mais simplement qu'il reconnaisse ce drame et montre un peu de respect envers nous, enseignants."

 

A 48 ans, Zahia Meklat a vu l’Éducation Nationale se métamorphoser. "La suppression de postes n'est pas la seule cause de nos mauvaises conditions de travail. On nous en demande toujours plus avec plus de missions, plus de réunions et plus d'élèves dans les classes. Pour évaluer un professeur, ce ne sont plus les résultats des élèves qui comptent mais sa capacité à tout faire en même temps et à bien se faire voir du chef d'établissement qui bientôt aura en charge la notation de ses enseignants à la place du Rectorat."

 

Extrait de la lettre : "Pas seulement râleurs, pas seulement pleureurs, parce qu'il y a très sérieusement nécessité que vous nous écoutiez et que vous nous entendiez [...] pour que vous changiez vos positions et aussi, Monsieur le ministre, pour reprendre le slogan d'une entreprise dont vous connaissez bien les méthodes, tout simplement parce que nous le valons bien!"

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