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NÎMES : LA PRESSION MONTE AU FOYER DE « L’EAU BOUILLIE »

Mercredi dernier, soit le 4 avril, les éducateurs du Foyer de l'Eau Bouillie organisaient une manifestation pour protester contre des conditions de travail et d'accueil déplorables. Photo DR/S.Ma

Après des mois de réclamations sur fond de dialogue ou plutôt de monologue social, le personnel de l’Établissement de Placement Éducatif et d’Insertion (EPEI) planté le long du chemin de l’eau bouillie à Nîmes, est passé à l’action mercredi dernier, soit le 4 avril. La quinzaine d’éducateurs soutenus par leur directrice Madame Giraud, déplorent les conditions de travail et d’accueil des mineurs délinquants. En cause, « l’état sanitaire préoccupant des locaux » précise Véronique Ponnau, représentante syndicale CGT PJJ.

En effet, la description qu’en fait la représentante syndicale n’est pas flatteuse : « la situation d’hygiène et de sécurité s’est aggravée sans que notre administration n’en prenne la mesure, repoussant sans cesse les travaux. Des cas de gale les semaines passées, présence de rats, mauvaise évacuation des eaux usées, moisissures, chambres et sanitaires insalubres, dégradations diverses pas réparées etc… On ne peut pas laisser vivre des mineurs dans un tel milieu. Qu’attend-on ? Qu’il y ait un drame pour agir ? » Une situation si grave que Élisabeth Blanc, Présidente du TGI de Nîmes et du Comité Hygiène Sécurité et Conditions de Travail en a été alertée.

Alors oui, des travaux de rénovation voire de restauration (d’un montant d’environ 80 000€), devraient débuter très prochainement pour se terminer au mois de juillet . Mais là encore, un problème se pose. La directrice territoriale en charge de ce dossier, Marie-Paule Marin, aurait préciser que malgré les travaux, le foyer devrait poursuivre son service d’accueil pour un nombre de huit mineurs sur les 12 places disponibles. Un moyen de satisfaire « les exigences comptables » qui semble cependant ingérable selon le personnel qui lui, est d’accord pour accueillir un maximum de quatre mineurs. « Comment peut-on faire pour gérer huit mineurs âgés de 13 à 18 ans, dans un lieu entièrement en travaux qui compte trois unités de quatre chambres ? C’est impossible. Avec quatre mineurs, on peut les déplacer au fur et à mesure de l’avancement des travaux en les changeant d’unité, pas avec huit. La qualité du travail éducatif leur importe peu, pourvu que les taux de remplissage soient satisfaisants » constate Véronique Ponnau avant d’ajouter « l’administration abandonne le foyer de l’Eau Bouillie au profit de l’Établissement de Placement provisoire d’Observation et d’Orientation (EPPOO) basé lui aussi à Nîmes. »

S’ajoute à cela, la goutte d’eau qui fait déborder le vase, un manque flagrant d’heures de ménage. « Nous réclamons, deux heures journalières de ménage par une entreprise compétente au lieu des 1h30 hebdomadaires actuellement. À titre comparatif, les foyers des Bouches-du-Rhône bénéficient de dix heures hebdomadaires. »

Bref, la pression monte du côté du foyer de l’Eau Bouillie. Un préavis de grève a été déposé par le personnel pour mardi prochain soit le 10 avril.

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