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GAJAN : Être maire, quelle galère !

Les maires du Gard, réunis à l'Espace de la Davalade, à Gajan

Hier matin, une centaine de maires s'est réunie à Gajan pour assister à un colloque destiné à gérer l'organisation de manifestations dans leurs communes. Les objectifs de la réunion étaient de sensibiliser les élus aux risques liés à la consommation d'alcool pendant les fêtes et de trouver des solutions adéquates pour limiter le nombre d'accidents sur la route.

Philippe Eeckmann, juriste chez Groupama, ouvre le colloque. Représentant l'assureur, il rappelle aux élus leurs responsabilités en cas d'accident :"Le maire est tenu de s'assurer de la sécurité des installations électriques de sa commune", explique-t-il. "Dernièrement, un maire a été condamné à 15 000 euros d'amende pour ne pas avoir été assez vigilant sur la sécurité électrique", poursuit le juriste. Dans l'assemblée, un homme se moque :"Si maintenant il faut être électricien !". Il faut l'admettre, le discours du représentant de Groupama est difficilement accepté par l'assistance. Ses propos provoquent souvent un tollé dans le public.

"On est toujours responsable"

Mais, l'homme ne se laisse pas impressionner et continue sa démonstration :"Un maire a été condamné parce qu'un taureau a sauté par-dessus une barrière qui n'était pas assez haute". Incrédule, la salle râle. "Et si un touriste se retrouve dans un bar de notre ville et qu'une bagarre éclate. Imaginons que l'homme se blesse. Qui est responsable ?", demande un élu. "Vous avez une double casquette", répond le juriste, "celle de maire mais aussi celle d'officier de police judiciaire. Dans ce cas, le maire est censé être présent". Réponse du maire :"On doit donc passer nos journées au café !". Rires dans la salle. Une élue prend la parole à son tour et exprime, assez justement, le sentiment qui flotte dans l'air : "Si on résume la situation, on offre des manifestations à nos administrés parce que le maire se mouille. En revanche, on doit croiser les doigts pour qu'il ne se passe rien. Si, par malheur, il arrive quelque chose, on est responsable dans presque tous les cas". Sa remarque est appréciée, applaudie mais n'obtient pas de réponse.

Droit dans ses bottes, le juriste de Groupama ne semble pas atteint par les réflexions du public. Il poursuit son argumentation comme si de rien n'était : "Prenons le cas d'un accident qui survient sur votre commune. Un automobiliste intervient pour secourir les blessés. S'il se blesse lui-même ou qu'il aggrave le cas des blessés, votre responsabilité est encore engagée..." Dégoûtée, l'assistance manifeste son mécontentement. Un homme, au premier rang, lâche :" Faut qu'il arrête de parler celui-là, il va se faire lyncher". Le juriste a-t-il entendu la réflexion ? Toujours est-il qu'il cède la parole au Directeur de cabinet du Préfet, Thierry Laurent. Les esprits ne s'apaisent pas pour autant. Le représentant du Préfet expose le dispositif de secours à mettre en place pendant les festivités et signale que la présence d'un médecin est conseillée. "Y en a déjà pas en semaine", se plaint un élu, "c'est pas le dimanche qu'on va en trouver un".

Un constat alarmant

Thierry Laurent, Directeur de cabinet du Préfet, annonce les terribles chiffres de la mort sur les routes du Gard

Mais les tensions retombent grâce à des chiffres qui refroidissent l'assistance. "En 2011, le nombre de tués sur les routes du département est supérieur de 2/3 à la moyenne nationale. En 2010, la part des accidents à cause de l'alcool est de 30,4% en France. Dans le Gard, elle est de 50,9% ! La moitié des accidents du département est donc due à l'alcool", constate Thierry Laurent. Dans la salle, on ne se moque plus, on ne se plaint plus, on ne conteste plus. "Sur les fêtes votives, vous pouvez jouer un rôle important auprès des jeunes", insiste le Directeur de cabinet. A ses côtés, le Colonel Poty donne le point de vue des gendarmes :"Pour vous donner une idée, la féria de Nîmes nécessite une organisation lourde. Plus de 100 gendarmes sont mobilisés aux périphéries de la ville. En trois-quatre soirs, on réalise 10 000 dépistages d'alcoolémie. 7% des conducteurs contrôlés ne sont pas en état de conduire."

Après trois heures de colloque, des solutions sont exposées par différents intervenants. Patricia Soler, du comité départemental d'éducation pour la santé - CODES 30-, propose un dispositif de prévention et de réduction des risques. Un dispositif déjà mis en place par six communes du Gard. "En amont, il faut impliquer les élus, les associations, les parents... et sensibiliser les élus. Pendant la fête, on propose un espace de repos avec lits, eau et cafés. On met gratuitement à disposition des éthylotests et des préservatifs. Et on facilite le transport pour le retour des personnes alcoolisées."

Avant de regarder un film de la sécurité routière, Thierry Laurent évoque une dernière mesure :"Je vous rappelle que vous avez pour obligation de mettre un éthylotest à disposition dans les salles des fêtes quand la soirée se prolonge après deux heures du matin." Une recommandation que les élus semblent découvrir. Une maire se plaint :"C'est bien compliqué d'être maire !". En quelques mots, cette femme a parfaitement résumé la réunion.

Tony Duret

tony.duret@objectifgard.com

Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

1 commentaire sur “GAJAN : Être maire, quelle galère !”

  1. Ce n’est pas le tout de se présenter aux municipales, il faut ensuite assurer. C’est sa responsabilité personnelle qui est engagée, certains maires se font élire la fleur au fusil, lorsque le pépin survient, ils sont tout étonnés. Personne ne vous a forcé à prendre la place, laissez-la donc.

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