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ZSP D. Alary et J-P. Fournier, main dans main ou presque pour la sécurité et le bien-être des Nîmois

De gauche à droite : L'adjoint Richard Tibérino, Jean-Paul Fournier, sénateur maire de Nîmes, le préfet Bousiges, Damien Alary, président du CG 30, Christphe Cavard, député du Gard et Gil Andreau, le directeur de la police départementale (DDSP). Photo DR/S.Ma

L'information est tombée tard dans la nuit : Sur décision du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, le Gard a obtenu une nouvelle zone de sécurité prioritaire (ZSP) pour deux quartiers dits difficiles de Nîmes, le Chemin-Bas d'Avignon et le Mas de Mingue. Une zone qui comptabilise en tout 8 270 habitants (7 000 pour le premier, 2 270 pour le deuxième) sur laquelle la délinquance ne cesse de progresser. "Comme pour la ZSP de Saint-Gilles/Vauvert, il s'agit d'une démarche de type expérimental pour renforcer la sécurité mais aussi améliorer les conditions de vie des habitants" a précisé le préfet du Gard, Hugues Bousiges, lors d'une conférence de presse ce jeudi 15 novembre.

Le préfet qui s'est d'ailleurs improvisé juge-arbitre assis entre le sénateur-maire UMP de Nîmes, Jean-Paul Fournier et Damien Alary, président (PS) du Conseil Général du Gard. Le premier faisant preuve d'une certaine susceptibilité et même si l'on ose dire de mauvaise foi sur fond d'opposition politique : "Je tiens à rappeler que la ville de Nîmes est particulièrement active en matière de sécurité avec plus de 200 agents dont près de 150 policiers municipaux, mais aussi 18 opérateurs de vidéo-surveillance. Je suis bien évidemment ravi que les quartiers du Chemin-Bas d'Avignon et du Mas de Mingue soient inscrits dans ce dispositif de ZSP. Mais aura-t-on des effectifs de police supplémentaires ? Je me méfie des effets d'annonce, qui ne serait qu'une de plus de la part du ministre." À Richard Tibérino, adjoint au maire délégué à la sécurité, "le petit élu local" comme il s'est rebaptisé, d'ajouter mettant en garde le président du Conseil général du Gard qui lui, sans surprise, n'a pas contenu son enthousiasme à l'égard de ce nouveau dispositif : "La ville de Nîmes fera tout pour que le plan du ministre fonctionne car sinon aux prochaines élections, c'est "l'Extrême" qui passera."

Les représentants de la ville n'y sont pas allés de main morte. Damien Alary, lui, a préféré la carte du "Travaillons ensemble et l'heure n'est pas au débat politique." Une jolie phrase qui n'a pas fait ciller le sénateur-maire de Nîmes.

Rétablir la situation pour le bien-être des concitoyens

Voilà pour la forme. Le fond à présent. Ces deux quartiers de Nîmes concentrent un taux de délinquance élevé et notamment au Mas de Mingue où on a constaté une hausse des faits de 9% lors des neuf premiers mois de 2012 (196 faits) par rapport à 2011 (180 faits). Cependant, les délinquants ne sont pas plus nombreux ni plus virulents que dans les autres quartiers de Nîmes comme Pissevin ou Valdegour. "Mais ces deux quartiers réunis représentent 18 000 habitants, ce qui nous a paru ambitieux pour un dispositif expérimental, a expliqué le préfet du Gard. Je tiens toutefois à rappeler que la ZSP n'a pas vocation à s'installer dans le long terme. Une fois que nous aurons rétabli la situation pour le bien-être de nos concitoyens, nous pourrons installer la ZSP sur les deux quartiers de Nîmes-ouest."

En attendant, le plan d'attaque pour les quartiers du Chemin-Bas d'Avignon et du Mas de Mingue devrait être fixé dans une quinzaine de jours, au terme d'une concertation qui réunira le préfet, le sénateur-maire, le président du Conseil général du Gard ainsi que le procureur de la République de Nîmes. Mais déjà, quelques axes de travail se sont dégagés comme l'emploi, la zone comptant près de 50% de chômeurs mais aussi la problématique de l'habitat. "Il faut aussi faire revenir les services publics ainsi que les commerces pour redonner de la vie à ces quartiers" ajoute Damien Alary. Côté sécurité, l'ambition est bien entendu de faire baisser le taux de délinquance en renforçant notamment les effectifs de la police mais Richard Tibérino demande plus : "Les policiers, ça ne fait pas tout. Il faut plus de magistrats pour que la Justice puisse faire son travail efficacement et plus d'agents fiscaux pour qu'il y ait plus de contrôles de personnes qui touchent les minimas sociaux et qui pourtant roulent dans de grosses voitures. Il faut faire tomber les trafics de drogue qui gangrènent ces quartiers." Un dernier point sur lequel le patron de l'exécutif départemental a appelé à plus de prudence afin d'éviter "la caricature". Bref, c'est un grand chantier qui s'annonce. Nul doute que nous en reparlerons très vite.

Stéphanie MARIN

stephanie.marin@objectifgard.com

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