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CAISSARGUES. ROMS : « Une situation indigne et dramatique »

Samedi, une quarantaine de Roms seront expulsés de leur campement de fortune, près de Caissargues. Le collectif de défense des Roms interpelle les pouvoirs publics pour qu'ils respectent la nouvelle circulaire du 22 août, prise par le gouvernement Ayrault… 

"La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde", avait lancé Michel Rocard, ancien Premier ministre socialiste. "Mais il a ajouté qu'elle doit y prendre sa part ! Ne tronquons pas cette partie", prend soin de préciser Françoise, membre du Collectif de défense des Roms, qui rappelle que notre hexagone "ne compte que 15.000 à 30.000 Roms". Ce matin, les multiples associations du Collectif ont fait venir la presse nîmoise dans un camps de roms, situé à mi-chemin entre Nîmes et Caissargues.

L'objectif : sensibiliser l'opinion publique et interpeller les pouvoirs publics sur le sort de ces 40 citoyens romains et européens, dont le campement doit être évacué samedi prochain. "C'est suite à une plainte de RFF, qui possède ce terrain destiné au passage de la ligne TGV de la future gare de Manduel, que les Roms vont être expulsés", rappelle Roger, membre du Collectif.

Au centre, Marianna. A gauche, Rostas, père d'une petite fille de 2 mois.

Une situation "indigne et dramatique", pour Françoise, militante de la Ligue des droits de l'Homme. Les ongles sales, le visage marqué par les rides, signe d'une angoisse permanente, Marianna nous fait entrer dans sa cabane... Son lieu de vie depuis six mois !

"Je dors ici avec mon mari et mes trois enfants…", explique-t-elle en pointant du doigt trois vieux matelas empilés. Épaulée par Rostas, un autre Roms, ces derniers expliquent leur quotidien : "nous nous lavons avec de l'eau que nous allons chercher à Nîmes. (…) On fait la manche pour acheter à manger".

Dehors, les hommes et jeunes adultes se présentent facilement aux multiples journalistes. Passeports et cartes d'identité en main, ils affirment : "nous sommes venus ici pour chercher du travail. Nous allons partout, mais nous ne trouvons pas, que ce soit dans la maçonnerie, dans la mécanique". "Il faut savoir qu'en Roumanie, les Roms sont persécutés. L'Europe donne pourtant de l'argent à la Roumanie pour faire des plans d'insertion, mais il n'en est rien", éclaircit Roger.

"Ce que nous voulons c'est un logement décent pour nos familles", explique Marianna. Mais ce n'est pas si facile lorsque qu'aucun membre de la famille ne possède d'emploi… "Et un emploi sans logement c'est aussi difficile", ajoute Rostas. "C'est un peu le serpent qui se mort la queue", admet Françoise, reconnaissant que le travail reste le meilleur moyen d'intégration dans une société.

Si la crise économique n'est pas étrangère à leurs difficultés professionnelles, sous le gouvernement Sarkozy, la tâche était d'autant plus difficile : les employeurs étant obligés, pour embaucher un Roumain, de s'acquitter d'une taxe.

La circulaire interministérielle du 22 août, intitulée "circulaire relative à l'anticipation et à l'accompagnement des opérations d'évacuation des campements illicites", précise la levée partielle des mesures transitoires. Les employeurs n'ont donc plus à payer une taxe auprès de l'Office français d'immigration et d'intégration (OFII). Et la liste des métiers réservés aux Roms devrait quant à elle, être élargie "prochainement".

En outre, le texte insiste beaucoup sur la notion de "concertation" avec les associations de terrain et les autres acteurs publics. "Nous avons envoyé deux lettres au préfet, mais nous n'avons eu aucune réponse", affirme Roger. Si les responsables associatifs reconnaissent que "la communication a changé, il n'y a plus autant de stigmatisations que sous l'ère Sarkozy (…) Mais dans les faits rien n'a changé", conclut Colette, une autre membre du Collectif. A une semaine du lancement de la Semaine de la fraternité, impulsée par le préfet du Gard, le collectif appelle "à des actions fraternelles dans le pays des droits de l'Homme qu'est la France".

Diana, 14 ans, scolarisée au collège Charles Martel

Diana a 14 ans. Scolarisée au collège Charles Martel, cette jeune roumaine devrait avoir l'âge des matins heureux et des possibles infinis… Pourtant, il n'en est rien. Guitare à la main, la collégienne traduit aux journalistes les déclarations de sa famille et d'autres Roms qui doivent être expulsés samedi prochain de leur campement de fortune, à mi-chemin entre Nîmes et Caissargues.

Innocente, elle n'en est pas moins réaliste sur l'urgence et la précarité de sa situation. Le sourire aux lèvres,  les yeux qui pétillent, elle positive, préférant déclarer qu'elle "n'a pas de petit copain au collège", mais "que des copines (…) très gentilles : Lola et Inès". Plus tard, elle ne sait pas ce qu'elle veut faire… "Ah si : docteur !", une réponse soufflée par sa mère, qui veut que sa fille face bonne figure...

Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com


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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

6 réactions sur “CAISSARGUES. ROMS : « Une situation indigne et dramatique »”

  1. Cette situation est inadmissible.
    Une fois de plus CETTE UE démontre qu’elle est facteur de drame et les traités enchainent la France lorsqu’il faut trouver une issue digne pour les Roms.
    Oui, la Roumanie et la Bulgarie sont aidées financièrement pour permettre aux Roms de s’intégrer au mieux dans leurs pays.
    Il faut donc demander des comptes aux pouvoirs en place.
    Les 15 à 30 000 Roms actuellement en France ont pour vocation à retourner chez eux dans le respect et la dignité.
    Ce gouvernement, comme le précédent d’ailleurs, est incapable de prendre les décisions nécessaires.

  2. Je rejoins le message précédent. c’est une situation inadmissible…
    Cependant, Ils nous disent qu’ils viennent en France pour trouver du travail… Notre pays compte plus de 3 millions de chaumeurs alors que faire.
    Notre pays est comme une éponge, aujourd’hui elle ne peut plus absorber, elle est saturé…
    Les aides données par l’Europe passe dans la poche de qui… Où sont les inspecteurs européens qui devraient suivre les sommes versée…
    Cette façon de faire et d’agir fait monter les partisant du Frond Nationnal…
    C’est gens n’y sont pour rien, on leur fait croire à des miracles et miroiter une vie plus belle mais ce n’est pas le cas.
    Que faire lorsqu’on a rien à offrir… Cela me gène de le dire mais nous ne pouvons plus rien faire…
    Rentrer dans leur pays serait la meilleur solution mais en suivant les invesqtigations de l’Etat Roumain…
    Qu’on leurs demande des compte c’est tout à fait normal, on en demande bien à la Grèce, l’Italie, l’Espagne alors pourquoi pas la Roumanie…
    Merci.

  3. J’ai parcouru pas mal d’articles sur ce sujet et ce qui m’a fait bien rire c’est de voir que certains étaient contre cette expulsion. Alors je dis à ces personnes « seriez-vous tellement contre si ce camp était prés de chez vous ? » .Ces gens accepteraient-ils ce camp a proximité de chez eux avec tout ce que cela engendre ? Déchets, méfaits,détérioration des lieux et du canal, mais surtout le plus grave : les enfants qui jouent sur le rebord d’une route très fréquentée ou la vitesse n’ est souvent pas respectée.Même en roulant a la vitesse autorisée,l’autre jour, j’ai dû déboiter car un enfant jouait trop prés de la voie, c’est très dangeureux et il finira par y avoir un drame. Que se passera t’ il après ? Les gens chercheront un coupable et ces coupables ne pourront pas se défiler, ils seront en tort car ils auront été prévenus….C’est facile de s’ériger contre la misère du monde, mais personnellement j’ai pas envie d’avoir cette misère à coté de chez moi. Ca vous révolte ce que je dis ? Et bien accueillez-les dans votre voisinage saintes bonnes âmes…

  4. Voila qui a le merite d’etre franc. Beaucoup se cachent derriere le politiquement correct, mais en tant qu’habitant de Caissargues, je peux vous dire que j’aimerais que ce camp soit dissout. Il aurait du l’etre mi mars et nous sommes debut mai. Successivement et chronologiquement tout le monde se dédouane de l’affaire, le maire, RFF, bouygues et enfin Oc’Via car ce terrain occupé a été vendu, puis sous traité etc…pour le nouveau reseau ferré. Mais si un drame arrive on se tournera vers ces personnes qui au moment ou elles possedaient le terrain, auraient pu faire quelque chose et ne l’auront pas fait, preferant accuser l’acquéreur suivant, et alors là on va bien rigoler. En attendant je pense pas etre le seul habitant de caissargues qui en a marre de la proximité de ce camp. Qui est ce qui nous défend, nous ????

  5. C’est qui est le plus grave a mon avis; est l’état de saleté du lieu, transforme en une véritable décharge, foyer infectieux dangereux pour tous à commencer par eux mêmes. Attention au virus Sras, Coronavirus etc.!!! S »ils l’entretenaient plus propre il serai complètement différent.

  6. Je rejoins les messages précédents, même si ces gens vivent dans la plus grande misère, il ne faut pas se laisser berner. Ils sont venus en France uniquement pour mendier et voler. En Roumanie ils n’ont jamais travaillé (du moins la plupart d’entre eux) et ils savent très bien qu’ en venant ici , ils ne peuvent pas trouver du travail. Et quel travail d’abord ? ils sont qualifiés seulement dans le pickpocket.

    Si ils ne sont pas tolérés en Roumanie non plus, c’est parce qu’ils ne travaillent pas , ils vivent uniquement de vol , mendicité, tricherie….
    Ils savent qu’au bout de quelques années de caravane en France, ils vont finir par décrocher un logement c’est leur stratégie , la mairie sera obligé de les caser , c’est le pays du droit de l’homme.

    Je trouve cela pas normal, il y a assez de gens qui travaillent durement en France et qui se saignent pour arriver à payer un loyer qui ne cesse de grimper tous les ans. J’en connais pleins qui travaillent de 8 h le matin à 15h , ensuite de 18h à 24h, et cela 6 jours par semaine. Eux , la mairie ne leur propose pas de logement, ils sont obligés de se loger dans le privé et payer la moitie de leur salaire. Pour ne pas parles des 3 millions de chômeurs.
    Ceux qui ne sont pas d’accord, sont libres de les loger chez eux!!!

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