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ALÈS Adolescents tués, familles expulsées sous leurs yeux : le récit bouleversant de douze gardois en Palestine

Les funérailles des deux jeunes tués lors des manifestations de l'anniversaire de la Nakba. Photo AFPS Alès-Cévennes.
Lors des funérailles des deux jeunes tués pendant les manifestations de l'anniversaire de la Nakba. Photo AFPS Alès-Cévennes.

Du 10 au 22 mai derniers, douze gardois se sont rendus en Palestine à l'occasion d'une mission civile organisée par l'association France Palestine Solidarité Alès-Cévennes. Profondément touchés par ce voyage, ils racontent ce qu'ils ont vu du conflit israélo-palestinien.

Les douze volontaires se souviendront toujours de ce voyage. Si certains s'étaient déjà rendus dans le pays, d'autres le découvraient pour la première fois. Et cette découverte est bien loin de ce que l'on peut imaginer à travers les médias. Ils ont en fait l'expérience. Le séjour a débuté à Jérusalem, puis s'est poursuivi par des visites de lieux emblématiques et des rencontres avec des acteurs de la société civile et du monde politique. « Nous avons mesuré à quel point la situation s'est dégradée et à quel point la population en souffrait. Nous avons vu le mur qui se déploie sur des centaines de kilomètres et sépare les Israéliens des Palestiniens. Nous avons vu des maisons détruites, des jardins coupés en deux, des familles expulsées de leur maison pour construire cette monstruosité », raconte la présidente de l'association Françoise Leblon, qui a piloté la mission avec la secrétaire Salima Mellah.

Depuis 2010, l'association apporte un soutien matériel à un dispensaire rural situé dans un village de Cisjordanie occupé. C'est dans la continuité de ces échanges que la visite a été organisée, afin de rencontrer sur place les acteurs du dispensaire, les populations mais aussi les élus. L'objectif était aussi d'établir des liens en vue d'éventuels partenariats avec les collectivités locales. Ghislaine Soulet, élue à la ville et à l'agglomération, Sylvain André, élu à Cendras, et Albert Lagier, ancien chef de service en médecine interne à l'Hôpital d'Alès, faisaient partie du groupe.

Le groupe de la mission cévenole avec les élus du village d'Abu Shkhedem en Cisjordanie. Photo AFPS Alès-Cévennes.
Le groupe de la mission cévenole avec les élus du village d'Abu Shkhedem en Cisjordanie. Photo AFPS Alès-Cévennes.

Témoins de l'assassinat de deux jeunes palestiniens

Là-bas, ils sont les témoins d'une autre vie. D'une vie où l'armée israélienne saccage une maison pour retrouver un suspect, et, à défaut de mettre la main dessus, arrête son frère. D'une vie où deux adolescents de 16 ans sont tués par balles lors des manifestations de l'anniversaire de la « Nakba » (« Le jour de la catastrophe, en Arabe), qui commémore l'expulsion des Palestiniens en 1948 de leurs villes et villages. Ce jour-là, le 15 mai dernier, l'armée israélienne assure n'avoir utilisé que des balles en caoutchouc. « J'ai complètement craqué au moment de leur mort. On est venu nous chercher pour participer aux funérailles. Les gens y prient dans le calme, dans une colère sourde. Et pendant ce temps, les informations diffusées par la télévision israélienne sont tronquées », explique Ghislaine Soulet.

Lors des manifestations de la Nakba. Photo AFPS Alès-Cévennes.
Lors des manifestations de la Nakba. Photo AFPS Alès-Cévennes.

Colère, résistance et espoir

Salima Mellah, secrétaire de l'association, a été marquée par « la résistance qui règne chez les Palestiniens malgré une répression sournoise qui veut casser cette volonté. Il y a un contraste entre la situation dramatique et les gens qui résistent, gardent espoir ». Là-bas, les Palestiniens demandent au groupe de Français de témoigner, autant qu'ils le peuvent, de leur lutte quotidienne. « Ils voulaient que l'on prenne des photos », se souvient Sylvain André. Chose faite par les gardois. « Ils sont en colère mais gardent une certaine dignité, avec la volonté de vivre sans cette situation d'apartheid », ajoute le conseiller municipal de Cendras.

Lors de leur périple dans la vallée du Jourdain, ils rencontrent des militants palestiniens qui tentent de résister à la colonisation et à la dépossession de leurs terres. « C'est la guerre de l'eau. Les canaux d'irrigation des Palestiniens sont brisés. Les paysans doivent abandonner leur production et sont obligés d'être des simples ouvriers agricoles des Israéliens. Les jeunes agriculteurs qui veulent maintenir une activité agricole sont ciblés dans la répression », déplore Ghislaine Soulet.

Après l'observation, l'action

De retour sur le sol français, le groupe de volontaires souhaite alerter et mobiliser les collectivités locales cévenoles à la situation en Palestine. Pour Ghislaine Soulet, « c'est un devoir d'information, une obligation de communiquer vers les communes de l'agglomération qui peuvent à leur tour sensibiliser les citoyens. Là-bas, c'est un monde clos. Les Palestiniens comptent sur des missions civiles comme la nôtre pour faire bouger les choses ».

L'association alésienne a déjà prévu des rencontres avec certains élus des communes environnantes qui ont déjà manifesté leur intérêt pour la cause palestinienne. La mairie de Cendras ambitionne de développer des échanges avec des jeunes palestiniens à travers les actions menées par le centre social de la commune. Elle continuera avec l'association de soutenir le dispensaire du village d'Abu Shkhedem. Des réunions publiques seront également initiées dès l'automne prochain à partir des documents rapportés. « On ne revient pas indemne de ce voyage », assure Sylvain André. On le croit sur parole.

Elodie Boschet

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Elodie Boschet

Elodie Boschet, journaliste à Objectif Gard depuis septembre 2013.

6 réactions sur “ALÈS Adolescents tués, familles expulsées sous leurs yeux : le récit bouleversant de douze gardois en Palestine”

  1. On retourne une maison pour retrouver un suspect ? Oui évidemment, et faire pression sur le frère est normal. On parle bien de terroristes. Demandez à Khaled Kelkal, Mohamed Merah… si en France on arrête les terroristes en douceur.

    A une semaine près, les « humanitaires » assistaient ces jours ci à des fêtes de rue et des distribution de gâteaux dans les rues de Gaza et d’Hebron pour célebrer le kidnapping terroriste de 3 adolescents.

    Ils auraient ouvert d’autres journaux, ils auraient vu que la femme du boss du hamas est en ce moment soignée dans un hopital israélien (aparth.. quoi ?), et que les réfugiés syriens sont soignés par dizaines aux frontières.

    Mais ça, évidemment, ces militants pro palestiniens n’en parlent pas, ils croient qu’en ayant passé 10 jours sur place ils ont touché et compris le problème. Ces gens sont des imposteurs.

  2. Ce genre d’association est complètement noyautée par les terroristes obscurantistes…

    Israel est la seule réelle nation démocratique de la région : demandez à un arabo-islamique de nationalité israelienne s’il veut bien abandonner cette nationalité …
    Heureusement qu’il y a le mur : cela a été la seule solution afin d’arrêter les meurtres des arabo-islamiques qui viennent sans aucun scrupule égorger des bébés…

    allez voir le site MEMRI (traduit par une chercheuse du CNRS qui pratique réellement la langue arabe…
    AUTRE CHOSE QUE CE BLABLA CREUX démagogique et réducteur…

  3. Ces témoignages me touchent profondèment, j’y retrouve ce que j’avais vécu au cours d’un séjour d’il y a quelques années. Le soutien de la France, de l’Europe et des USA, permettent à l’etat d’Israel de poursuivre la guerre de colonisation en dépit des résolutions de l’ONU, et de violer toutes considérations humanitaires en instituant un véritable apartheid.
    Nous retrouvons là toutes les caractéristiques des colonisations que nous avons connues comme celle de l’Algérie (exactions, assassinats, tortures, massacres, déplacements de populations, confiscation des terres, etc.). C’était il y a longtemps et nous n’avons pas lieu d’en être fiers, mais ce qui se passe en Palestine c’est aujourd’hui sous nos yeux, de plus de nombreux israéliens sont des concitoyens français ou francophones d’Afrique du nord, cela nous implique d’autant plus.
    Le boycott international contre l’apartheid avait fait plier l’Afrique du Sud, il nous reste à boycotter Israel et ses productions, pour amener ce pays à revenir dans les frontières que la communauté internationale lui avait attribuées.

  4. Je n étais pas une militante pro palestinienne jusqu a ce voyage. A ce jour je n ai aucune haine contre le peuple israelien.j avais même peu de connaissances sur la situation. Je trouve inadmissible et gravissime les commentaires diffusés. C est très mal connaître les peuples vivants la bas mais si facile quand on vit libre.

  5. Espèrons que l’argent des contribuables qui financent certaines associations n’est pas détourné pour des causes autres que celles officielles.
    Nous savons malheureusement que cela arrive. Des associations communautaristes sont parfois chapeautées par des gens malintentionnés qui profitent de la naïveté des élu(e)s. Faudrait, peut être ici à Nîmes revoir au cas par cas les subventions versées aux associations.

    TH.J (groupe FN Nîmes)

    1. Il faudra revoir le sens de communautariste ! !!!
      S’occuper d’une population colonisée et discriminée ne signifie pas pour autant qu’on est communautariste et que le FN soit sans crainte ce voyage n’a pas été financé par les contribuables mais bien par chaque participant .Qui est ici malintentionné ?

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