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ST-HILAIRE-DE-BRETHMAS Inondations : un maraîcher cherche 2ha de parcelles

Des morceaux de route ont envahi le champ de carottes de Patrick. Eloïse Levesque/Objectif Gard
Des morceaux de route ont envahi le champ de carottes de Patrick. Eloïse Levesque/Objectif Gard

Durant les inondations de samedi, le débordement de l’Avène a déchaussé la route qui trône désormais sur le champ de Patrick. Le maraîcher bio a perdu la moitié de ses récoltes et ne peut plus exploiter sur cette parcelle. Il cherche désormais de nouvelles terres pour continuer son activité.

Patrick Vanuxeem, 39 ans, exploite à Cassagnoles depuis 8 ans et à St-Hilaire depuis un an. Spécialisé dans le bio, il récolte choux carottes, salades poireaux, fenouil et épinards. »Quand j’ai remué la terre au printemps, j’ai trouvé de nombreuses pierres. Je ne savais pas d’où elles venaient. Aujourd’hui, j’ai compris. C’était les restes de 2002. Cette zone est très inondable et personne ne m’avait prévenu« , explique le maraîcher qui avait déjà eu des difficultés à trouver du terrain.

Après les inondations de ce samedi, ses champs prêts à la récolte ont été envahis par des cailloux de la voie ferrée et des pierres issues de la route attenante. Sur deux hectares, il ne lui reste que quelques carottes. « J’ai perdu 40 000€ de chiffre d’affaire si j’avais vendu« , précise-t-il. Et d’ajouter : « Si l’état de calamité agricole est reconnu, je n’aurai probablement rien car ces pertes ne représentent que 30% de mon revenu annuel« .

Des choux remplis de terre invendables. Eloïse Levesque/Objectif Gard
Des choux remplis de terre invendables. Eloïse Levesque/Objectif Gard

Un terrain sans avenir agricole

Ce qui inquiète le plus l’agriculteur est l’avenir de son terrain. En l’état, il n’est plus exploitable, et les frais nécessaires à sa remise en fonctionnement seront élevés. « Je loue ces terres au syndicat des SMAGE du Gardon. Ils vont certainement vouloir les récupérer pour y planter des arbres et ainsi lutter contre les inondations. Mais même s’ils me les laissent et que le statut de calamité agricole me permet de payer le dégagement des pierres, ces terrains seront à nouveau inondés dans 2 ans ou dans 10 ans », assure le trentenaire qui déplore que les collectivités aient protégé la route des crues, aux dépens des exploitants.

L’épouse de Patrick a un salaire fixe à l’extérieur, mais le couple a trois enfants et l’agriculteur a besoin de revenus fiables dans un métier qu’il apprécie. « Cette année, je m’en sortirai, mais il ne faudrait pas que cette catastrophe se produise trois ans de suite« . D’autant qu’une clientèle qui s’en va revient difficilement. « En attendant que ça se débloque, j’achète des produits pour les revendre au marché afin de garder mes clients. Même si je ne fais pas de bénéfices. Ils m’attendent et je ne me permettre de les décevoir. C’est eux qui me font tenir et grâce à qui je reste positif et optimiste« .

Afin de régulariser une situation délicate, Patrick cherche donc de nouveaux terrains à louer ou à acheter aux alentours. 2 ou 3 ha si possible, et lance un appel aux exploitants via les médias. « Il est difficile de trouver des parcelles. Elles existent mais le monde agricole est assez fermé et ne fonctionne que par connaissance. Moi je ne suis pas originaire d’ici et ça me dessert. J’ai juste besoin de quelqu’un qui me fasse confiance« .

 

Eloïse Levesque

Eloïse Levesque, journaliste diplômée de l'université de droit et de science politique de Montpellier, à Objectif Gard depuis mars 2014

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