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BAGNOLS Manifestation de pompiers volontaires, la direction cherche l’apaisement

Hier matin, lors de la manifestation de pompiers volontaires devant la caserne de Bagnols-Tresques (Photo : DR)
Hier matin, lors de la manifestation de pompiers volontaires devant la caserne de Bagnols-Tresques (Photo : DR)
Hier matin, lors de la manifestation de pompiers volontaires devant la caserne de Bagnols-Tresques (Photo : DR)

Un rassemblement de sapeurs-pompiers volontaires a été organisé hier matin devant la caserne de Bagnols-Tresques. Le Syndicat départemental des sapeurs-pompiers volontaires du Gard dénonce un « mépris », la direction du SDIS souhaite éteindre le départ de feu.

Le président du Syndicat départemental des sapeurs-pompiers volontaires du Gard Samuel Mathis, 23 ans de volontariat derrière lui, l’admet : « ça a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. »

« On n’est pas écoutés et pas reçus »

Récemment, « il y a eu des déclarations de FO et de la CGT qui refusent d’être encadrés par des volontaires, et la même semaine, un incident à la caserne de Bagnols qui a conduit deux sapeurs-pompiers volontaires à dormir dans leur voiture pour l’un et dans un couloir pour l’autre », poursuit le syndicaliste.

Hier, 25 sapeurs-pompiers volontaires ont manifesté à Bagnols. « 25 de Bagnols sur les 35 de la caserne qui sont syndiqués, et sur les 79 du département qui sont syndiqués », note Samuel Mathis, avant de rappeler « que c’était un jour de semaine pendant les vacances » et qu’il y avait « un certain nombre de délégués d’autres centres de secours du Gard. »

Pour lui, le problème est plus large, et ne se limite pas qu’à Bagnols : « on appelle le SDIS à s’interroger sur les problématiques du volontariat depuis plus d’un an. On n’est pas écoutés et pas reçus, mais la direction nous dit que la porte est ouverte. » Du côté du SDIS, on confirme : « la porte est grande ouverte, lance le directeur adjoint du SDIS le colonel Eric Grohin. On n’est pas fermés à la discussion, encore faudrait-il qu’ils demandent un rendez-vous. » Le président du conseil d’administration du SDIS Alexandre Pissas ne dit pas autre chose : « bien sûr que je les recevrai. » Il faut dire que les 2747 sapeurs-pompiers volontaires représentent 80 % des pompiers gardois « qui donnent de leurs week-ends et de leurs nuits en plus de leur vie professionnelle et familiale » rappelle Samuel Mathis.

« Nous craignons une opposition entre les professionnels et les volontaires »

Pour le colonel Grohin — s’il ne s’agit « pas d’un mouvement d’ampleur départementale » — le sujet dépasse Bagnols, mais aussi le Gard : « c’est une problématique nationale du volontariat chez les sapeurs-pompiers, le dernier congrès national a évoqué 25 mesures nationales en faveur du volontariat. » Et le directeur adjoint de citer notamment « un service de développement du volontariat dans lequel on va adjoindre un officier pompier volontaire qui va rejoindre l’état major. » Le président de l’Union départementale des sapeurs-pompiers du Gard, qui rassemble 2 500 pompiers volontaires, le lieutenant Alexis Piette poursuit : « on est dans une période où au niveau national le volontariat est en pleine recherche de reconnaissance. Les mesures de fin septembre à Agen (lors du congrès national, ndlr) sont redondantes par rapport aux revendications d’hier. On travaille sur des mesures de revalorisation du volontariat. »

Quant au cas de l’incident de la caserne de Bagnols qui a mis le feu aux poudres, le colonel Grohin affirme qu’« une enquête est diligentée. » Pour lui, « on se sert d’une affaire à Bagnols pour rebondir, le Syndicat des pompiers volontaires vient de s’implanter (depuis un an, ndlr), et il en profite pour communiquer. » Et la direction du SDIS souhaite couper court à un début de polémique, dont les conséquences pourraient être délétères : « nous craignons une opposition entre les sapeurs-pompiers professionnels et les volontaires. Ça se passe bien, on ne veut surtout pas d’un clivage. » « C’est une guerre qu’on a déjà connue et qui n’a fait que des dégâts », estime pour sa part Alexis Piette. « On n’a jamais dit qu’on ne voulait pas travailler avec les professionnels ni être encadrés par eux », affirme Samuel Mathis.

« On ne méprise pas les volontaires »

Malgré tout, les chiffres restent plutôt bons du côté des pompiers volontaires dans le département, avec « un signe positif, le recrutement de volontaires qui augmente alors qu’il baisse au niveau national », note le colonel Grohin. Pour le Syndicat départemental des pompiers-volontaires du Gard, « le recrutement se fait, mais si on ne leur donne pas de perspectives on va augmenter le turn-over, et ça va coûter cher. On devrait plutôt s’interroger sur comment garder les volontaires. » « On ne méprise pas les volontaires, affirme Alexis Piette. Après il y a des mécontentements par endroits, mais il est hors de question de mettre les volontaires sur la touche. »

En attendant, Samuel Mathis n’exclut pas de passer à l’échelle supérieure : « comme on se sent totalement méprisés, la prochain étape sera une manifestation départementale. » Et il a déjà une idée du lieu, entre le Conseil départemental et la préfecture à Nîmes, les deux autorités des pompiers.

Et aussi :

« On est dans le maquis » : depuis la création du syndicat il y a un an, le SDIS ne lui donne pas de moyens. « Le droit syndical est institué par le Conseil d’Etat » note Samuel Mathis, qui affirme qu’aujourd’hui, « le syndicat fonctionne sans moyens. On est non seulement volontaires, on doit se défendre par nos propres moyens, on est mal reçus dans les casernes et on n’a pas le droit de s’y réunir. On est dans le maquis. » Et le président d’affirmer vouloir « aller devant le tribunal administratif. » « Le syndicat a une existence légale, reconnaît le colonel Grohin. Mais les textes de la fonction publique territoriale ne s’appliquent pas dans ce cas car il ne s‘agit pas d’un syndicat de pompiers professionnels. » Dont acte ?

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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Un commentaire

  1. 25 sur 2000 spv on en fait beaucoup pour pas grand chose, manque de considération ? On forme plus d’officiers spv que d’officiers spp car moins couteux, la durée des formations est 4 fois moins longue qu’un spp, on permet un avancement plus rapide à un spv qu’a un spp qui lui est soumis à des cotas et des examens, comment confier plus de responsabilité à un spv qui ne vient que de temps en temps, comment confier l’agrès d’un engins à un spv qui legalement ne sera pas reconnu comme responsable si pb car avec lui un spp était présent et donc devient responsable car mieux formé, manque de considération ? L’ecole départemental se débrouille pour ne plus ajourné de spv car il est couteux de faire repassé un stage à un spv il suffit juste de faire acte de présence, manque de concidération ? La liste est longue, mais arrétons de se raconter la messe, il y a des choses qui ne fonctionnent pas, c’est certain, un spv n’est pas un sous pompier mais ne gaspillons pas notre énergie dans des mouvements qui ne sont la que pour satisfaire la frustration de certain car ces 25 spv ne parlent pas au nom des spv du Gard mais en leur nom propre ( dixit un grand nombre de spv)

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