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NÎMES Exposition taurine : l’Alliance Anticorrida dénonce des « pressions » sur une enseignante

Un toro au milieu des taureaux. La grande histoire des cultures taurines expliquée dans une exposition qui tourne en rond (Photo Anthony Maurin : ObjectifGard)
Un toro au milieu des taureaux. La grande histoire des cultures taurines expliquée dans une exposition qui tourne en rond (Photo Anthony Maurin : ObjectifGard)

Depuis le 6 janvier et jusqu’au 17 janvier, la ville de Nîmes accueille l’Observatoire National des Cultures taurines à travers le "Musée itinérant des Tauromachies Universelles". Une exposition et un film intitulé « Tauromachies universelles » sont proposés aux spectateurs dans le hall du Carré d'Art. Mais l'initiative ne fait pas l'unanimité.

Les propos de Frédéric Pastor (adjoint à la tauromachie de la ville de Nîmes) dans notre article consacré à cette manifestation n’ont toujours pas été digérés par certains. L’homme se félicitait du succès de l’exposition et indiquait : « On a sondé un peu les établissements scolaires pour la diffusion du film et ils étaient enchantés et ont répondu très rapidement de manière positive. Une école entière viendra et d'autres classes seront aussi à Carré d'Art pour voir l'expo et le film, c'est une excellente chose ». Pas pour tout le monde manifestement…

Dans un mail adressé à la presse, Claire Starozinsky joint un courrier envoyé « aux différentes instances pédagogiques » et indique en préambule : « L'enseignante sur laquelle des pressions ont été réalisées sera entendue dans les jours qui viennent avec sa directrice par l'Inspecteur d'Académie sur cette incroyable exposition promotionnée par le sénateur-maire de Nîmes, l'eurodéputé Franck Proust et les professionnels de la tauromachie dans les écoles de Nîmes ! »

Dans son courrier, la présidente de l’Alliance Anticorrida poursuit : « L'enseignante qui m'a contactée a demandé si le contenu était adapté aux enfants, les images de l'exposition étant déjà très violentes. Elle a été qualifiée « d'anti-taurine obtuse qui refuse de connaître l'Histoire » par M Viard (président de l’Observatoire National des Cultures Taurines Auteur et réalisateur du film, NDLR), qui a fait pression sur sa directrice, affirmant qu'il était interdit de diffuser les photos qu'elle avait prises, qu'elle en serait « tenue pour responsable » etc. Or ces photos sont celles de l'exposition publique que les enfants des écoles sont conviés à voir... ». En fin de lettre, Claire Starozinsky demande à ce que les chefs d’établissement déclinent les invitations à cette exposition qui, rappelons-le, se tient jusqu’au 17 janvier à Carré d’Art.

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Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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15 réactions sur “NÎMES Exposition taurine : l’Alliance Anticorrida dénonce des « pressions » sur une enseignante”

  1. Comment se fait-il que la ville de Nîmes puisse encourager les enseignants à imposer à de jeunes élèves de voir une exposition consacrée à une activité dont la cruauté est telle que FR3 n’en diffuse les images qu’accompagnées d’une recommandation d’en protéger les enfants de moins de dix ans ?
    Quid de l’interdiction de tout prosélytisme envers la corrida dans les écoles ?

  2. Les tenants de cette barbarie se voyant irrémédiablement de moins en moins nombreux essaient de recruter dès l’enfance . Ils sont tombés bien bas . Résistez mesdames et messieurs les enseignants en espérant que leurs syndicats et leur administration en feront de même.

  3. Ou sont passés tous les commentaires ? Merci Objectif-Gard, c’est tellement gênant qu’il y ait autant de contestations contre LA BARBARIE, pour les avoir supprimé !

  4. j’ai visionné la bande annonce dans l’autre article et je me demande comment on peut montrer ça à des enfants. Je suis choquée! PS Je ne suis pas anti corrida !

  5. Des « humains » vivent encore au moyen-âge, et au temps des Romains…. Après la fresque taurine à l’école… le « démarchage corridatesque »….dans les écoles de la République, dont ce n’est pas le rôle de « promouvoir » et banaliser des pratiques aussi indignes de notre civilisation.

  6. De grands bonhommes dont la réputation n’est plus à faire, le disent fort bien : « L’homme a fait de la Terre un enfer pour les animaux » Arthur Schopenhauer

    « Viendra un jour où les hommes comme moi auront le même regard sur l’assassinat d’un animal que sur celui d’un homme » Leonardo da Vinci

  7. S’il apparaît que les écoliers se sont rendus à cette exposition dans le cadre d’activités scolaires, les chefs d’établissements ont commis une faute grave.
    Car le Ministère est très clair : le prosélytisme des promoteurs de la tauromachie, de même que celui des promoteurs de la chasse de loisir, ne doit en aucun cas s’inscrire dans le cadre des activités scolaires.

    Or, non seulement cette exposition et ce « documentaire » n’ont vocation qu’à promouvoir la corrida, comme on peut le vérifier sur tous les sites internet dédiés à cette pratique.
    Mais de plus, le film d’André Viard, lobbyiste en chef de la corrida en France (film qui comporte des scènes de violences sanglantes), a été vu par « 300 scolaires » selon son éditorial du 8 janvier (http://www.tierrastaurinas.com/terrestaurines/actus/01-01-16/08-01-161.php)

    Que les bovins soient inscrits dans l’histoire de l’humanité, c’est une évidence qui n’a strictement rien à voir avec la corrida.
    Les Homo sapiens, dès lors que leur régime est devenu plus carnivore, ont chassé les gros mammifères (c’est-à-dire en Europe les aurochs), puis les ont domestiqués à partir du Mésolithique.
    On retrouve donc des bovins dans l’iconographie de toute l’histoire de l’humanité, y compris dans ses aspects mythologiques et religieux, puisque les sacrifices animaux ont accompagné les religions de longue date.

    Ceci n’a strictement rien à voir avec la corrida, pratique liée à une sphère géographique particulière (l’Espagne, quelques pays ou régions voisines, et quelques pays latino-américains colonisés) et une époque particulière (les prémices de la corrida ont vu le jour au milieu du XVIIIe siècle en Basse Andalousie, et la corrida dans sa version actuelle remonte à tout prendre aux années 1920).

    Bref, non seulement cette exposition et ce documentaire visent à promouvoir la violence de l’homme envers les animaux (et donc indirectement envers les autres hommes, comme maintes études le montrent), mais ils visent à inculquer aux enfants des connaissances falsifiées.

    L’Éducation Nationale se serait-elle réellement fourvoyée dans ce traquenard de bas étage ?
    Nous en attendons impatiemment le démenti officiel.


    Dr Jean-Paul Richier, praticien hospitalier, psychiatre
    Coordinateur du PROTEC (http://www.collectif-protec.fr)

  8. Malheureusement, ce ne sont pas les Valls, les Juppés, les Dumas et autres aficios, qui vont, au niveau politique, mettre un terme à ces atrocités et persécutions sur l’animal ! Ils vivent sur une autre planète, il serait temps qu’ils « atterrissent » et voient enfin que la corrida n’est pas un art, une culture, mais des actes de violences iniques et tyranniques….que la majorité des Français rejette….

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