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LE PORTRAIT Patrick Scorsone, ce chef d’entreprise qui joue Collectif

Patrick Scorsone (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Patrick Scorsone (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Il reçoit dans son entreprise, Techni’Mat, à l’Ardoise, à dix kilomètres au sud de Bagnols, mais pas dans son bureau. La raison est simple : Patrick Scorsone n’en a pas.

Pas besoin : « je n’ai même pas d’ordinateur, je fais tout sur mon portable. » En même temps, s’il avait un bureau, il y a des chances pour qu’il n’y soit jamais, ou presque.

« J’aime rassembler ce qui est épars »

A 53 ans, ce vauclusien d’origine est tombé dans la fourniture industrielle quand il était petit : « je suis depuis 1984 dans ce métier là. » En 2003, il se lance avec une associée et devient son propre patron, avec ses propres méthodes : pas de commerciaux (« j’en ai eu marre de former des concurrents, celui qui détient les clients détient le pouvoir, alors c’est moi ») et de la « bienveillance ». « L’humain est primordial, ma plus grande victoire c’est quand mes clients viennent dire bonjour en sortant du boulot » lance Patrick Scorsone, lui dont la boîte fait « un million de chiffre d’affaires sur un savoir faire. »

Et depuis des années il n’y a pas que ses clients qui lui disent bonjour, puisqu’il est devenu une figure des entrepreneurs du Gard rhodanien. Il faut dire que Patrick Scorsone est atteinte de « fédérite aiguë » : depuis 1999, il créé des associations pour fédérer les entreprises. « J’aime rassembler ce qui est épars » lance-t-il comme un leitmotiv.

Tout démarre il y a 17 ans donc, lorsqu’avec un associé il lance une association nommée Aiaca (« par dérision, parce qu’on nous appelait les ‘y a qu’à faut qu’on’ ») devenue depuis Port l’Ardoise, pour « regrouper toutes les entreprises de Laudun-l’Ardoise. » Une association qu’il veut « solidaire » : « nous avons développé des négociations dans les banques pour les salariés des entreprises de Port l’Ardoise, c’est un peu un CE. » Et s’il n’en est plus le président aujourd’hui bien que toujours présent au bureau de l’association, Patrick Scorsone ne compte pas changer de politique : « être force de proposition, j’ai horreur des gens qui ne sont pas d’accord, qui disent ‘ça va pas’ et qui n’apportent pas de solution. Ils n’ont qu’un droit : fermer leur gueule. On est des constructeurs. »

« Quand j’arrive quelque part, je dis toujours quand je partirai »

Il prend ensuite la tête de l’association Regard, qui regroupait à l’époque une vingtaine d’entreprises. « Ça tournait en rond » se souvient-il. Il décide alors de scinder l’association en deux : une pour le nucléaire, Cyclium, et une autre pour les autres corps de métiers, Grisbi. C’était il y a cinq ans, et aujourd’hui « les deux associations tournent bien, Cyclium a 80 membres et on a été presque obligés de créer une antenne à Cadarache. » Là aussi, il n’est plus président de ces associations : « quand j’arrive quelque part, je dis toujours quand je partirai. »

Comme on ne se refait pas, Patrick Scorsone est aujourd’hui président du Collectif, confédération regroupant Cyclium, Grisbi, Port l’Ardoise, et les associations de commerçants AACCB, ABC et Bouge ta Ville. Lui qui n’avait « rien demandé » se retrouve porté à la présidence de ce Collectif à sa création il y a un an, comme une évidence. Aujourd’hui, cette confédération organise notamment le salon BIG, chaque automne à Laudun-l’Ardoise.

Comme pour les autres associations, Patrick Scorsone ne compte pas rester à la tête du Collectif indéfiniment, et espère passer la main « en 2018 - 2019. » Et après ? Quand on lui pose la question d’un engagement en politique, la réponse de celui qui dit « chier sur le Front national » fuse : « j’y pense en me rasant. J’ai des choses à dire, pas partisanes, je pense avoir des idées, être bienveillant et assez tenace pour durer dans l’accomplissement de ma tâche. »

Dans quel parti ? « Je suis un homme libre. » Après les associations d’entreprises, il sera toujours temps d’en créer un.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

31 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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