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BEZOUCE L’agriculteur retourne en prison pour «l’exécution» d’un voleur

Le palais de justice de Nîmes. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)
Le palais de justice de Nîmes. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)

Un viticulteur de Bezouce, petit village aux portes de Nîmes, est mis en examen depuis septembre 2014 pour « homicide volontaire ». Il a avoué avoir tué un jeune homme de 21 ans, venu lui voler des piquets de vigne dans la nuit du 13 mars 2014. Après 18 mois en prison,  il a été libéré le 8 mars dernier. Depuis, il est libre, sans contrôle judiciaire et sans bracelet électronique. Le parquet de Nîmes a fait aussitôt appel de cette remise en liberté.

Petit, trapu, l’agriculteur gardois se présente donc libre, mais anxieux à l’audience de la chambre de l’instruction de Nîmes. Les magistrats doivent trancher : peut-il rester en liberté ou doit-il retourner en prison en attendant son procès aux Assises ? « Je viens vous raconter le ressenti d’une partie civile qui ne comprend pas la liberté pour le moins inattendue de cet homme… Parce qu’il s’agit d’une exécution et la reconstitution l’a prouvée », plaide Me Isabelle Mimran, avocate de la famille de la victime. Elle s'étend sur la nuit du crime : « son chien aboie dans la nuit, il voit une voiture sur le chemin public près de ses terres. Il se lève, s’équipe, descend les escaliers dans le noir, cherche le fusil dans le noir, se dissimule, non pas pour faire fuir mais pour attraper un homme qui n’a aucun geste de menace à son encontre puisqu’il remonte dans son véhicule pour partir. Et là, il tire deux coups de fusil dont un dans la tête à moins de 2 mètres… Il demande à ses voisins de ne pas appeler les gendarmes », poursuit l’avocate.

Après le meurtre, l’agriculteur conduit le véhicule de sa victime près des berges du Gardon à Fournès. Il tente d’immerger la voiture et le corps du jeune homme. Comme il n’y parvient pas, il rentre chez lui. Il va dormir, puis se relève pour prendre un bidon d’essence et mettre le feu au véhicule dans lequel se trouve le corps. « Et pendant 6 mois il reprend son activité comme si de rien n’était. Comment je peux expliquer à mes clients que cette personne est sortie de prison car elle a été qualifiée de bonne moralité. On est dans une autre dimension !», insiste le conseil des parties civiles.

L’avocat de la défense ne conteste pas l’homicide. Mais il restitue le passage à l’acte dans un contexte particulier de vols à répétition. « Nous ne sommes pas dans une affaire de délinquance classique. Mon client est un agriculteur tranquille dans sa propriété à qui rien ne serait arrivé s’il n’était pas victime de vols de piquets de vigne répétés sur ses terres, note Me Emmanuel Trink du barreau de Paris. Il est conscient de la gravité de son acte, mais sa place n’est pas en prison ». La chambre de l’instruction en a décidé autrement mercredi à 16h, en ordonnant la réincarcération de l’agriculteur gardois.

Boris De La Cruz

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Boris De la Cruz

Journaliste, je suis passionné par les faits divers, la justice et la politique. Je collabore à Objectif Gard et à des médias nationaux.

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