JUSTICE Un bébé mort à 8 mois des violences de son père

Photo de Jonas. DR

Photo de Jonas. DR

Jonas, un père de famille de 26 ans, comparaitra demain devant les Assises du Gard pour le « meurtre » de son fils Julien, un bébé de 8 mois. Il est aussi poursuivi pour « torture ou acte de barbarie sur un mineur »... Il ne supportait pas que son fils pleure. La maman, âgée de 23 ans, comparaît pour « non dénonciation de crime et abstention volontaire d’empêcher un crime ou un délit ». Les médecins ont retrouvé près de 70 lésions sur le bébé qui était frappé à coups de pieds, de poings, depuis plusieurs mois.

« En 44 ans de carrière, je n’ai jamais vu pire que cette histoire », témoigne Maître Yves Crespin, avocat de l’association l’enfant bleu, structure qui milite contre la maltraitance des enfants. Cet organisme s’est constitué partie civile. Les jurés qui siègeront se souviendront probablement longtemps des images figées dans les planches photographiques constituées lors de l’autopsie et de la reconstitution. Des clichés insoutenables d’un enfant supplicié, dont le corps « est un hématome géant », souligne une source proche du dossier. Une question revient inlassablement : comment des parents ont-ils pu s’acharner ou ne rien dénoncer pour la mère face à ces violences répétées ? Les médecins légistes ont retrouvé sur le nourrisson une multitude de blessures et traumatismes dont plusieurs étaient mortelles à court ou moyen terme. Des violences qui auraient débuté lorsque Julien avait quatre mois... parce qu’il pleurait.

Dans le village de Lanuéjols, niché au cœur des Cévennes, à la frontière de l’Aveyron, le drame n’est pas près de s’effacer. Le jour de la mort de Julien, le 14 mars 2013, les violences se sont enchainées pendant une heure… « Un homme a battu son bébé jusqu’à la mort. Il s’est acharné sur un être inoffensif à coups de poings sur la figure, à coups de pieds alors que l’enfant était à terre. Et comme ça ne suffisait pas, on l’a étranglé à deux reprises », affirme une source judiciaire. Julien perd connaissance. Le papa tente et parvient alors à le réanimer, puis les parents se couchent dans leur lit avec le petit martyr au milieu d’eux. Vers 2h du matin, le bébé défiguré ne respire plus. Les secours sont alertés, les gendarmes débarquent. Les parents racontent une version improbable sur la mort accidentelle par noyade de leur enfant couvert d’hématomes. Seulement la vérité est bien plus horrible. Le verdict est attendu jeudi

*Me Jérôme Arnal, avocat de la maman, n’a pas souhaité s’exprimer, l’avocat du père de famille n’a pas répondu à nos sollicitations.

Boris De La Cruz

Partager