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FAIT DU JOUR Alès : un chercheur révolutionne le traitement de l’eau

Razvan Garban et son équipe de futurs ingénieurs. Eloïse Levesque/Objectif Gard
Razvan Garban et son équipe de futurs ingénieurs stagiaires. Eloïse Levesque/Objectif Gard

Chercheur à l'Ecole des Mines d'Alès, Razvan Garban, 33 ans, vient de mettre au point une innovation qui pourrait métamorphoser la propreté de notre environnement. Grâce à l'action de la lumière UV, il peut détruire les bactéries et polluants chimiques contenus dans l'eau et dans l'air.

Dans le laboratoire de l'Ecole des Mines d'Alès, l'ambiance est décontractée mais studieuse. Derrière son apparence juvénile, une équipe travaille sur un projet phare au centre de recherche : un photocatalyseur nouvelle génération. Avant même sa mise sur le marché, ce dernier a déjà obtenu deux récompenses, le concours Bpifrance Emergence et le 2e prix Alès Audace 2015.

Le principe - breveté en 2014 - résulte de quatre ans de travail acharné pour le créateur, Razvan Garban. Le jeune chercheur roumain a effectué une thèse sur le sujet à l'Ecole des Mines d'Alès, puis a décidé de lancer son propre produit en 2012. "La photocatalyse est une technologie nouvelle et le système existant était fragile et relativement peu efficace. J'ai trouvé le moyen de le rendre plus performant", affirme le trentenaire. Comment ? Grâce à une molécule spécifique, des UV, et du sable. "Sous la lumière, le dioxyde de titane - accroché à de la silice transparente - a pour propriété de tuer les polluants sans danger. Ça marche aussi bien dans l'air que dans l'eau".

Dans cette expérience, les bananes de droite sont restées 8 jours sous "Photocat". Elles nont pas commencé à pourrir, contrairement à celles restées à lair libre. DR
Dans cette expérience, les bananes de droite sont restées 8 jours sous "Photocat". Elles n'ont pas commencé à pourrir, contrairement à celles restées à l'air libre. DR

D'une portée formidable, ce protocole offre la possibilité de gommer intégralement la présence de médicaments et de pesticides dans l'eau de rivière et de consommation. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. "Les techniques existantes sont soit insuffisantes, soit trop coûteuses, soit trop énergivores. De toute façon, il n'y a aucune réglementation en la matière", constate Razvan qui voit plus loin. "Le marché va s'ouvrir. Une directive cadre européenne de 2000 incite à légiférer dans ce sens. La France sera prête d'ici une dizaine d'années". En attendant, Razvan souhaite faire ses preuves au Moyen-Orient. Dans l'Hexagone, d'autres débouchés sont ouverts comme l'agroalimentaire : traitements des eaux d'épandage, d'élevage des poissons, etc. D'ici 5 ans, l'entrepreneur vise un chiffre d'affaires de 7 millions d'€.

Seul frein : les financements. Pour devenir "sexy" au regard des groupes internationaux, Razvan doit être capable d'absorber des milliers de litres d'eau, et passer de la petite à la grande échelle. Mais le développement coûte cher. Pour mettre du beurre dans les épinards, le scientifique commercialisera d'abord  - à partir de 2017 - le photocatalyseur seul (molécule accrochée au sable), sans le système de lumière UV. Un premier contrat est déjà signé avec une importante société régionale de traitement des eaux.

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Eloïse Levesque

Eloïse Levesque, journaliste diplômée de l'université de droit et de science politique de Montpellier, à Objectif Gard depuis mars 2014

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