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NÎMES Emprunt toxique, chasseurs et tarifs des transports… Ce qu’il faut retenir du conseil communautaire

Yvan Lachaud, président UDI de Nîmes Métropole.
Yvan Lachaud, président UDI de Nîmes Métropole.

Hier soir, les élus communautaires ont examiné, pendant trois bonnes heures, 80 délibérations. Une longue séance, ponctuée d’interventions musclées de l’opposition mais également d’élus de la majorité… Résumé. 

S’il n’avait pas de baguette, le président UDI a toutefois endossé le rôle de chef d’orchestre, hier soir au Colisée, pour le dernier conseil communautaire avant l’été. Au menu : 80 délibérations, dont les plus polémiques : emprunt toxique, gare de Manduel, modification des tarifs des transports… Réglé comme du papier à musique, Yvan Lachaud bat la mesure, en présentant les délibérations avant de les faire adopter.

Un accord sur l'emprunt toxique

Celle sur l’emprunt toxique déclenche les voix dissonantes de l’opposition Front de Gauche. Contractée auprès du Crédit Foncier en 2008, cette créance (12,5 M) est indexée sur le franc suisse. Pour s’en débarrasser, Nîmes Métropole a conclu avec la banque un accord sur une indemnité de remboursement anticipé (IRA), chiffrée à 58 M ! En janvier, l’État a accordé 36 M à l’Agglo, via un fonds de soutien dédié à cet effet. Le reste sera couvert par l’EPCI, au travers des taux d’intérêts de nouveaux crédits.

« Ne payez pas cette indemnité », lance François Séguy (Parti de Gauche), « en acceptant ce protocole, vous exonérez la banque de ses responsabilités ». Yvan Lachaud, qui connaît déjà la musique, contre-attaque : « vous vous érigez en donneur de leçons, mais regardez (il brandit une carte de France, NDLR) : c’est la carte des collectivités qui ont contracté ce type de prêt à l’époque… Je suis sûr que certains de vos amis l’ont fait ! ». La délibération est adoptée à la majorité.

L'enseignement supérieur fait (encore) débat 

Quelques minutes plus tard, la fronde change de camp. L’exécutif présente à l’assemblée  une convention avec la SPL Agate pour la réalisation d’étude et de travaux sur l’EERIE. Situé sur le parc Georges Besse, le site a été acheté en mai à la CCI Nîmes (5,6 M) pour y installer l’école d’ingénieurs privée ISEN. Le projet phare d’Yvan Lachaud. Encore une fois, le groupe UPNM (dans lequel siège le maire de Nîmes Jean-Paul Fournier) s’est abstenu, opposés à ce que l’Agglo subventionne l’enseignement supérieur « qui ne relève pas de sa compétence ».

Jacky Raymond, vice-président UDI délégué à l’enseignement supérieur, décide de « s’exprimer » : « Je suis étonnée que l’on s’abstienne sur un outil structurant qui participe au développement économique du territoire ». Ce proche d'Yvan Lachaud demande alors à l'assemblée de se prononcer sur l’achat de deux terrains (3.354 m2 pour 335.400 € HT), jouxtant le bâtiment de l’EERIE. Cela permettra « le moment venu, d’aménager les espaces ou de construire des constructions supplémentaires ». S'adressant à Jacky Raymond, le président du groupe UPNM, Eddy Valadier, dégaine : « vous me voyez fort surpris ! On a déjà argumenté notre position sur ce dossier. Puisque c’est comme ça, je demande à mon groupe de voter contre ! ». Malgré cette fausse note, la délibération est votée à la majorité.

Laurent Burgoa, « triste et un peu en colère »

Les échanges animés se poursuivent. En embuscade, le délégué et chasseur à ses heures, Laurent Burgoa, sort du bois. Il regrette la décision de la Fédération des chasseurs de quitter le domaine de Vallongue. Dans une lettre adressée à Nîmes Métropole, l’association « déplore le choix de l’association anti-chasse COGARD pour la mise en oeuvre de mesures compensatoires », dans le cadre de l’installation de la plateforme logistique Carrefour sur la ZAC Mitra.

« Je suis triste et un peu en colère », lance le Nîmois, « les chasseurs sont des aménageurs du territoire. Qui va surveiller en juillet et août le domaine pour les risques d’incendie ? Qui va limiter la surpopulation des sangliers ? Vos prédécesseurs, eux, ont su défendre nos traditions ! ». Un brin agacé, Yvan Lachaud rétorque : « La loi, c’est la loi. Ce n’est pas Nîmes Métropole qui décide, c’est Goodman* qui en a la seule maîtrise ! S’il ne l’avait pas fait, la DREAL se serait opposée au projet… C’est tout de même 450 emplois ».

Modification des tarifs TANGO

Ce conseil se termine avec la délibération sur les nouveaux tarifs TANGO. Après la fronde contre la fin de la gratuité, Nîmes Métropole a revu sa copie et fait un geste sur les plus bas tarifs : à partir de septembre, le pass solidaire bénéficie d'une réduction de 70% au lieu de 50% (quotient familial en dessous de 540 euros). Sur les abonnements des plus de 65 ans et les personnes handicapées, une remise de 50 % sera réalisée. Pour le Front de gauche, « le compte n’y est toujours pas », fustige la communiste Sylvette Fayet, « il y a toujours une augmentation importante par rapport à janvier 2016 ! Cette politique est loin d’être en adéquation avec la volonté affichée de développer une véritable politique des transports ».

Sans tambour ni trompette, la délibération est adoptée, à l’instar des 80 délibérations à l’ordre du jour...

Coralie Mollaret

*opérateur de la plateforme logistique. 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

1 commentaire sur “NÎMES Emprunt toxique, chasseurs et tarifs des transports… Ce qu’il faut retenir du conseil communautaire”

  1. Emprunt toxiques : c’est le monde à l’envers !

    Le préfet du Gard, Didier Lauga, le président de Nîmes Métropole, Yvan Lachaud, se réjouissent d’avoir éteint l’incendie des prêts toxiques de l’Agglo de Nîmes. Par l’intermédiaire de l’Agglo. l’Etat à versé 36,6 millions d’euros au Crédit Foncier de France et par-dessus le marché le même Crédit Foncier va prêter à l’agglo de Nîmes, pour le remboursement de sa part, 19 millions d’euros sur 30 ans à 3,27 % !!!

    Nous sommes exactement dans la situation de la dette grecque (ou d’autres) ou l’Etat, les collectivités font des chèques sans condition aux banques qui les rançonnent. Quand il s’agit de donner de l’argent, qui est le fruit d’une arnaque des banques, pas un jour n’est perdu !!! Et en plus ils se présentent comme de bons gestionnaires prévoyants, de bons « pères de familles » !!! Tout cela pour une « dette » de 10 millions d’euros. On nous prend pour qui ???

    En vérité ces élus irresponsables et arrogants mériteraient de rendre des comptes devant la justice. En attendant, les citoyens ont une arme qui ne peut être contesté : Je vote, ils dégagent !!!

    Philippe Martin

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