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ALÈS ITINÉRANCES Dans l’intimité de Chad Chenouga

Chad Chenouga à Alès. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard
Chad Chenouga à Alès. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

Avant sa sortie officielle prévue le 3 mai, les cinéphiles du festival Itinérances ont pu découvrir, ce samedi, la dernière réalisation de Chad Chenouga, De toutes mes forces. Le film, autobiographique, raconte l’histoire de Nassim, un jeune homme en classe de première dans un grand lycée parisien. Personne ne se doute que l’adolescent, qui vient de perdre sa mère, a été placé en foyer… Rencontre avec Chad Chenouga, 52 ans, et avec son passé.

Objectif Gard : De toutes nos forces est un film intime, qui évoque votre propre parcours. Pourquoi avez-vous eu envie de raconter ainsi votre histoire ?

Chad Chenouga : Quand j’étais gamin, je me sentais très seul. Ce film, comme mon premier (17, rue Bleue), est une façon de me sentir moins seul. Je pensais que mon histoire pouvait toucher des gens. Et puis j’avais aussi envie de mettre des visages sur des jeunes dont on ne parle pas forcément.

Ces jeunes, ce sont des adolescents qui comme vous, se sont retrouvés placés en foyer…

Oui. Avec ce film, je voulais aborder l’adolescence difficile sans plomber et sans forcément rentrer dans le détail de leurs parcours. On ne parle pas assez d’eux.

Quelle est la part de fiction et de réalité dans votre film ?

Le cœur du film, c’est-à-dire l’histoire de Nassim, est très personnel. Comme lui, j’ai perdu ma mère à l’âge de 16 ans et demi. J’ai été placé en foyer, je n’avais pas envie d’être là et j’ai fini par m’ouvrir aux autres. Mais dans les années 80, les conditions de prise en charge n’étaient pas les mêmes. On pouvait être accompagné jusqu’à 24 ans. Aujourd’hui, l’État se désengage et dès 18 ans on peut se retrouver livré à soi-même. C’est pour cette raison qu’on encourage les jeunes des foyers à faire des études courtes.

Et vous, à l’époque, qu’est-ce qui vous a donné la force de faire des études ?

La vérité c’est que j’étais un peu largué au début. Ma mère avait subi un procès assez lourd et j’avais d’abord envie de devenir avocat. Et puis finalement, j’ai choisi l’économie et j’ai intégré Sciences Po à Paris. Je voulais faire de bonnes études pour avoir la possibilité de choisir mon métier.

Finalement, vous vous êtes tournés vers le cinéma…

Oui et je ne sais pas vraiment d’où c’est venu. J’ai d’abord commencé à tourner en tant qu’acteur et puis ça a marché !

Et maintenant, quels sont vos projets ?

Je suis le co-scénariste d’un thriller intime qui s’appelle Noir Bonbon. Je vais en écrire d’autres mais ils seront beaucoup moins liés à mon histoire personnelle.

 

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Elodie Boschet

Elodie Boschet, journaliste à Objectif Gard depuis septembre 2013.

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