Culture

PONT DU GARD La Nuit des Camisards, un spectacle unique dans un lieu unique

Lors du spectacle, vendredi soir au Pont du Gard (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Lors du spectacle, vendredi soir au Pont du Gard (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Certes, le Pont du Gard n’est pas en Cévennes, théâtre de la guerre des Camisards à l’aube du XVIIIe siècle, mais c’est tout sauf un problème.

En effet, si cette pièce est profondément ancrée dans les Cévennes profondes, loin des villes, elle dépasse largement ce cadre.

« Cette histoire parle de tous les conflits et de toutes les résistances »

Car « il ne s’agit pas d’une reconstitution, mais d’un point de vue d’auteur », explique l’auteur Lionnel Astier. Un auteur né à Alès, élevé à Cendras et qui a trouvé dans le metteur en scène et ami Gilbert Rouvière, lui aussi Cévenol, un compère pour mettre sur pied ce spectacle il y a maintenant dix ans.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que si l’histoire se déroule en 1702, elle reste actuelle : « on parle de liberté de conscience, de violences religieuses, de violences d’Etat, d’exil », déroule Lionnel Astier. Autant de problématiques encore rencontrées actuellement, certes en d’autres lieux et avec d’autres religions, mais qui résonnent trois siècles plus tard. « Cette histoire parle de tous les conflits et de toutes les résistances », appuie Gilbert Rouvière.

Elle le fait sans manichéisme : chaque camp est montré aussi dans ses faiblesses, sa violence et ses absurdités. « Je n’ai pas fait de méchant, j’ai fait des convaincus qui se trompent et les Camisards aussi peuvent se tromper », explique l’auteur. Et si le cruel et quelque peu illuminé Abbé du Chaila — campé par l’impeccable Frédéric Borie — pourrait endosser le rôle du grand méchant, il finit par se révéler criblé de failles et de faiblesses, à l’image d’une pièce qui ne s’abandonne jamais au dramatique et réserve quelques moments plus légers, où le public rit franchement.

Reste qu’il vaut mieux venir armé de quelques rudiments sur l’histoire des Camisards, mais aussi d’un coussin ou d’un siège pour profiter à plein du spectacle, qui se déroule en extérieur, dans la garrigue de la rive gauche du Pont du Gard qui, s’il n’est donc pas en Cévennes, fait un très beau cadre à cette pièce unique.

La Nuit des Camisards au Pont du Gard, représentations ce samedi 5 août et ce dimanche 6 août. Conférence à 19 heures (Hubert Pfister sur Rabaut Saint-Etienne ce soir, Jaques Mauduy sur les révoltes sous Louis XIV dimanche), spectacle à la tombée de la nuit, vers 21h40. Bar et restauration légère sur place. A partir de 12 ans, tarif 16 euros. Réservations par téléphone de 9h à 18h au 07 83 52 05 28, sur place avant le spectacle dans la limite des places disponibles et par mail : lanuitdescamisards@orange.fr.

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Lionnel Astier travaille à la suite de sa pièce : « je suis en train d’écrire le deuxième volet, sur une autre manière de se révolter, avec l’histoire de six exilés qui quittent les Cévennes pour le Refuge, à Genève. » Le spectacle, qui s’appellera Sortir de Babylone, sera « en principe prêt pour l’année prochaine », et se déroulera lui aussi en pleine nature. Il sera « amené à voyager, on espère qu’il suivra le chemin de l’exil dans toute l’Occitanie et en Europe », précise l’auteur.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

30 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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