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FAIT DU JOUR Des judokas à l’École de Police, une expérience loin des clichés

(Photo Véronique Palomar)
(Photo Véronique Palomar)

Mardi, dernier jour de visite pour 20 jeunes judokas des Fédération PACA et Occitanie à l'École de Police de Nîmes. Une convention signée entre Fédération sportive et Police pour amener les jeunes à découvrir les métiers de police en vivant en immersion pendant deux jours avec les Cadets. À y regarder de plus près, le courant passe entre les jeunes, et l'enrichissement est à double sens. Une expérience loin des clichés au plus près des valeurs.

Le concept, ensemble pour un avenir citoyen, réuni pour 48h00 de jeunes judokas issus des quartiers, qui participent  sur le principe du volontariat et les Cadets de l'École de police de Nîmes, engagés dans le cadre de l'égalité des chances. En plus de l'âge, entre 16 et 24 ans, toutes et tous ont  en commun des parcours de vie un peu similaires. Mais au-delà de ces points communs, il y a le sentiment fort de partager les mêmes valeurs, d'une part, celles inculquées par un sport comme le judo et d'autre part, celles que l'on apprend à l'école de Police. "Quand on lit le règlement intérieur de l'école aux jeunes judokas, rien ne les étonne, ni ne les dérange.  Ça donne une idée précise des points communs", démontre Frédéric Pech, commissaire de police et directeur adjoint de l'école. Pendent deux jours, les judokas, logés sur place, vont vivre au rythme des cadets avec en plus au programme, visite de l'école, beaucoup de judo, des parcours sportifs…

Vocations, valeurs communes et citoyenneté

Hadjira Messoerane, élue de la ligue à la commission "100 ceintures noires" accompagne les dix jeunes de la ligue Paca. L'opération intitulée «100 ceintures noires vers l'insertion vers l'emploi» a été envoyée aux comités de judo et ju-jitsu, par les préfectures des départements, elle vise à proposer des activités sportives pour les jeunes et moins jeunes issus des quartiers défavorisés et en difficultés socio-économique. Hadjira est donc en plein dans son sujet.  Elle se réjouit de constater, que l'expérience porte ses fruits. « C'est très enrichissant et en plus, ça fait naître des vocations. Au matin du deuxième jour, nous avons déjà deux sportifs qui sont tentés par une carrière dans la police » constate la jeune femme avec bonne humeur. Même son de cloche pour Isabelle Gonzalez conseiller technique de la ligue Occitanie en charge de la formation, secteur Languedoc Roussillon. Sa mission, former des sportifs au professorat de judo. Pendant deux jours, elle s'est portée volontaire pour chaperonner dix judokas de sa ligue. "Ce qui unit tous ces jeunes, c'est surtout le respect et la discipline dont ils font preuve", constate le directeur adjoint. "Un état d'esprit favorable à la réussite dans leur sport, ou ici, dans leur carrière" développe-t-il. Le chemin qui mène à la citoyenneté est donc déjà parcouru. "Nous avons signé la même convention avec la ligue de rugby et nous recevons leurs jeunes de la même façon." poursuit Frédéric Pech. "Mais, souligne le commissaire, je ne pense pas que se soit aussi facile et possible avec tous les sports. Les valeurs inculquées aux jeunes dans le cadre de la pratique de leur sport sont très importantes pour nous."

 

(Photo Véronique Palomar)
Le commissaire Frédéric Pech, directeur adjoint de l'École de Police entre Hadjira Messoerane de la ligue de judo de la région Paca et Isabelle Gonzalez de la ligue d'Occitanie (Photo Véronique Palomar)

Ce matin tout le monde est au gymnase pour refaire en salle un parcours d'activité motrice proposé aux jeunes pour l'entrée à l'École de police. Le parcours se fait en binôme, un cadet, un judoka. Même si la parité n'est tout à fait respectée, on note un certain nombre de filles des deux côtés et elles ne comptent pas pour des prunes. Les binômes sont mixtes et les deux sexes traités à égalité. La bonne humeur est de mise, un coach accompagne chaque binôme chronomètre en main. Encouragements, applaudissements.

Pierre et Cédric, deux jeunes judokas soufflent en bord de terrain et en profitent pour livrer leurs impressions. "C'est la première fois que je viens et je trouve ça très bien. D'abord, ça met fin à beaucoup de préjugés sur la police. Voir les choses de l'intérieur, ça change tout forcément,"constate Cédric. "Moi je pense que je vais rentrer dans la police. Ça me tente beaucoup. J'apprécie ce que j'ai vu ici, affirme Pierre. Daria, cadette de la police renchérit, "ce n'est pas seulement bien pour les sportifs, ils nous apportent beaucoup. Leur sport est vraiment très intéressant, ils nous montre des prises et on les adapte. Le judo c'est bien parce que les techniques correspondent à ce que nous pouvons être appelés à faire, on est plus dans la neutralisation que dans l'attaque, on peut s'améliorer…" Daria, entrée à l'école de police par vocation, constate  "une bonne cohésion de groupe avec une même envie d'apprendre de part et d'autre. Avec un enthousiasme communicatif, elle conclue fièrement, "y'en a même qui veulent entrer dans la police !"

 

(Photo Véronique Palomar)
Avant le parcours, quelques aller/retour avec un gros sac bien lourd dans les bras, un exercice de "pré-fatigue" pour augmenter le rythme du cœur et le préparer à l'effort.  (Photo Véronique Palomar)

 

(Photo Véronique Palomar)
Pendant le parcours tous les participants sont attentifs aux prouesses de leurs camarades et les encouragent (Photo Véronique Palomar)

Dojo, tatamis et prises de contact

(Photo Véronique Palomar)
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En ces temps troublés ou citoyenneté, civisme, valeurs partagées sont au cœur des débats, force est de constater qu'une telle expérience est à la fois porteuse et positive. Elle permet de se rendre compte que les clichés qui ont la vie dure, en particulier ceux qui stigmatisent les jeunes des quartiers sensibles ou caricaturent l'image du policier ne résiste pas à un petit coup de projecteur sur des opérations comme celle-là et que la réalité  peut parfois être bien loin des idées reçues …

Véronique Palomar

Etiquette

Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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