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Le 7h50 de Me Baptiste Scherrer, avocat du prêtre mis en examen pour corruption de mineurs

Le prêtre affirme qu'il voulait démontrer les dangers d'Internet aux jeunes


Maître Baptiste Scherrer, avocat du prêtre mis en examen pour corruption de mineurs (Photo Objectif Gard)

Depuis mercredi soir, un prêtre Gardois de 45 ans est mis en examen à Nîmes, pour "corruption de mineurs" et "chantage". Il se faisait passer sur Internet pour une jeune fille de 18 ans.

Il piégeait ainsi des garçons de 14 ans. Son avocat, le pénaliste Nîmois Maître Baptiste Scherrer, fait le point pour son client et donne la version du religieux qui a été placé sous contrôle judiciaire. L'évêché l'a suspendu de ses fonctions.

Votre client a-t-il avoué les faits ?

Oui, il a reconnu la matérialité des faits. Il a expliqué en garde à vue qu'il avait piégé des mineurs. Par contre il ne savait pas qu'il violait la loi pénale. Le prêtre affirme qu’il n’y a pas eu d’intention délictuelle dans ses agissements. Il a totalement reconnu qu'il avait outrepassé ses droits.

Il avoue mais il pense ne pas commettre un délit. Pouvez-vous expliquer concrètement sa version ?

Il déclare qu'à un moment il s'est pris pour un moralisateur. Il pensait à tort que sa mission était utile... Une mission qui avait pour but d'alerter les mineurs sur les dangers des réseaux sociaux. L’objectif consistait dans la prévention des dangers de l’internet ; allant jusqu’à solliciter, parfois, une photo dénudée pour mettre l’accent sur ce danger... Une photo immédiatement supprimée et il faisait aussitôt part de son âge et de son sexe, et le message de prévention aux jeunes était immédiatement délivré.

On parle actuellement de pédophilie dans l'Église. Il demande des photos de gamins dénudés et il affirme qu'il ne savait pas qu'il commettait un délit ?

Il s'est fait passer pour une jeune fille afin d'attirer dans le piège les adolescents. Mais il voulait mettre en place des préventions efficaces sur l'Internet et ses dangers. Il a avoué qu'il était allé très et trop loin. Il le regrette, d'abord pour les jeunes et ensuite par rapport à son ministère.

La mise en examen évoque la corruption de mineurs et le chantage. A-t-il rencontré ses victimes ?

Il n'a jamais vu ou parler avec un jeune concerné par ce dossier. Tout se déroulait sur les réseaux sociaux et via Internet. Je ne veux absolument pas que l'on se serve de l'actualité médiatique et de la problématique de la pédophilie pour évoquer cette affaire. Mon client n'a touché personne. Le chantage évoqué est bien entendu non mis à exécution... Il n’a eu lieu que pour montrer un peu plus le danger d’une potentielle diffusion d’image sur les réseaux sociaux. Le prêtre est aujourd’hui conscient de son dérapage et, je le répète, des moyens inappropriés qu'il a mis en place. En tout état de cause, il participera de manière active à la manifestation de la vérité et répondra à toute convocation des autorités judiciaires.

Propos recueillis par Boris De la Cruz

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Boris De la Cruz

Journaliste, je suis passionné par les faits divers, la justice et la politique. Je collabore à Objectif Gard et à des médias nationaux.

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