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ARLES EN FERIA Corrida d’émotion pour l’ouverture

La première corrida de la Feria d'Arles avait lieu ce samedi après-midi. Juan Bautista a coupé quatre oreilles.

Le premier exemplaire d'El Freixo, ganaderia d'El Juli (Photo Anthony Maurin).

Corrida d'ouverture du cycle pascal de la Feria d'Arles édition 2018. Des toros d'El Freixo pour El Juli, Juan Bautista (quatre oreilles) et Andrés Roca Rey.

Le décès de l'ancien directeur des arènes, Luc Jalabert (père du maestro Juan Bautista), à quelques jours du début de cette feria a chamboulé l'aficion locale qui s'est réunie autour du ruedo pour saluer la mémoire d'un homme qui a marqué la tauromachie.

La corrida du jour était attendue car elle présentait des garanties. Les hommes, trois matadors aguerris. Les toros, agréablement surprenants de caste et de bravoure l'année dernière. D'ailleurs, ils appartiennent à El Juli, le premier à s'élancer en piste pour combattre...ses propres pupilles si vous suivez l'affaire.

Brindis au ciel pour le premier duel de Juan Bautista (Photo Anthony Maurin).

Le madrilène, autant vous le dire de suite, repartira bredouille d'Arles. Une fois n'est pas coutume, surtout avec le vent qu'il y avait sur les bords du Rhône. El Juli ne pourra rien faire face à son premier adversaire qui était sans relief et sans concession. Silence et pas grand chose à dire de plus.

Andrés Roca Rey au quite (Photo Anthony Maurin).

Sur son second, El Juli écoutera une nouvelle fois le silence de l'assemblée mais son opposition ne sera pas tout à fait la même. Le toro étant toujours aussi médiocre, le torero a montré qu'il n'était pas venu parader et a fourni de beaux efforts que le public n'a pas dû voir.

El Juli (Photo Anthony Maurin).

L'homme du jour, sans forcément le vouloir, avait pour nom Juan Bautista. Jean-Baptiste Jalabert, endeuillé, reprenait le matériel taurin pour la première fois depuis le décès de son père. Une drôle de journée pour lui qui, en plus de toréer, dirige les arènes de sa ville. Le natif a coupé deux oreilles après une faena technique comme il sait les dessiner. Là où il a créé l'émotion, c'est lors de la mise à mort de son adversaire. Une épée des plus foudroyantes comme on voit rarement mais comme lui seul peut le faire.

Juan Bautista sur son second (Photo Anthony Maurin).

Juan Bautista coupera une nouvelle fois les deux appendices auditifs de son toro lors de son second passage. Encore une fois technique, peut-être mieux que lors de sa première prestation, l'Arlésien est arrivé à se lâcher, à varier les plaisirs et à retrouver des émotions perdues. Il plante les genoux à terre au capote puis à la muleta ce qui a l'heur de faire frémir un public entièrement acquis à sa cause. Lors de sa vuelta, le maestro a fait descendre ses deux enfants pour partager avec eux ce moment spécial de la vie d'un homme.

Chicuelina envolée pour Roca Rey (Photo Anthony Maurin).

Enfin, le Péruvien Andrés Roca Rey repartira, comme El Juli, sans trophée. Une énorme bizarrerie pour celui qui fait résonner l'aficion à travers le monde et qui ne triche jamais. C'est d'ailleurs à l'entame de sa faena que l'on s'en apercevra. Le toro lui fonce dessus alors que le maestro n'est pas prêt. Une esquive plus tard, Roca Rey tente bien quelques sorts chamaniques mais rien à faire, le toro n'est plus là et " El Andi " se perd dans ses essais.

Roca Rey sur son second, première série droite et immobile (Photo Anthony Maurin).

Pour terminer, le vent, le froid et plus du tout de soleil. Autant dire que les gradins étaient congelés donc pas forcément enclins à applaudir toutes les cinq secondes. Dans tous les cas, il n'y avait rien ou presque à applaudir. Un toro toujours fade, sans intérêt et, hormis la première série très rectiligne du Péruvien, rien d'autre à signaler.

Juan Bautista et ses deux enfants (Photo Anthony Maurin).

Juan Bautista n'est pas sorti en triomphe, il a préféré sortir à pied, sans tambour ni trompette mais avec le cœur chargé et la gorge serrée.

Arènes quasi combles et minute de silence émouvante lors du paseo de la première corrida arlésienne de l'année (Photo Anthony Maurin).

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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