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NÎMES Débrayage des salariés du centre Aquatropic

Réunis devant l'enceinte ce matin, et soutenus par quelques clients, les salariés réclament avant tout une amélioration des conditions d'hygiène et de sécurité.

Une vingtaine de salariés rassemblée devant le centre Aquatropic (photo Corentin Corger)

Après plusieurs semaines de réunions et de discussions inabouties avec leur direction, Equalia, les salariés du centre Aquatropic ont démarré, ce jeudi 5 avril, un mouvement de débrayage qui doit durer sept jours. "Vingt-six années que je travaille ici. Je ne pensais jamais faire grève de ma vie. Mais là, c'est un ras-le-bol profond. On ne peut plus travailler et accueillir les clients dans ces conditions", plaide Lakder Kloua, délégué du personnel syndiqué FA-FPT.

Car c'est avant tout les conditions d'accueil des clients qui préoccupent les salariés et notamment Jean-Luc Pena, secrétaire général FA-FPT. "On milite pour le bien des usagers", insiste t-il. "Il y a de la moisissure dans les casiers, des lames du plancher de la salle de fitness s'enfoncent quand on marche dessus,et quelqu'un a même trouvé un rat dans le sauna. Ce n'est pas acceptable ! ", martèle le représentant syndical. Des mauvaises conditions d'hygiène déplorées également par les habitués du site. "Il y a clairement un manque de maintenance. Depuis 1995 que je suis client, les locaux se dégradent, et certaines activités ferment. C'est dans un état lamentable", finit par lâcher Pierre, qui vient tous les jours. Son fidèle acolyte Jean-Pierre se plaint aussi des conditions dans lesquelles les clients viennent pratiquer leur activité physique. "Tout l'hiver, on s'est douché à l'eau froide et il n'y avait même pas de papier toilette", se plaint-il. Deux sportifs qui continuent quand même de venir à Aquatropic pour l'offre complète proposée. Des clients venus soutenir les salariés, grâce notamment à la signature d'une pétition.

Une double insécurité

En complément du manque d'hygiène, les employés dénoncent des conditions d'insécurité pour les clients et pour eux. "Je ne garantis plus la sécurité de mon public", concède avec fatalisme, Jean-Louis, responsable des bassins. "La piscine a une configuration particulière. Un maître nageur ne suffit pas pour surveiller complètement la surface. Il en faut au minimum deux et cela n'arrive quasiment jamais", reproche t-il. "En dix mois, on a dû procéder à trois réanimations pour début de noyade", s'inquiète surtout cet employé. Un personnel insuffisant, c'est aussi le constat effectué par les hôtesses d'accueil qui regrettent la suppression du poste d'agent de sécurité. "Nous ne sommes pas du tout sereines le soir, notamment l'hiver, où la nuit tombe très tôt. S'il y a un souci avec les clients on ne peut rien faire de crainte qu'ils ne nous attendent derrière, sur le parking", déplore Asma.

La direction ne veut pas réagir

Présent, ce matin, au moment de la mobilisation, les membres de la direction du centre, dont le directeur, Flavien Soler, sont restés enfermés dans les locaux. Joint par téléphone, ce dernier ne souhaite pas communiquer sur le mouvement de débrayage. "Je n'ai pas envie de m'étaler sur la place publique. Nous allons continuer de rencontrer les représentants du personnel pour tenter de trouver une solution." Une rencontre avec surtout l'annonce de mesures concrètes. C'est ceux qu'attendent Lakder, Jean-Luc et tous les salariés qui vont organiser un mouvement de débrayage de quelques heures, tous les matins, jusqu'au 12 avril. "Certaines caissières gagnent 800 euros par mois. Elles ne peuvent pas se permettre de faire une véritable grève", explique Lakder. Un rassemblement ponctuel avant de prendre leur service et d'accueillir normalement les usagers.

Corentin Corger

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