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FAIT DU JOUR Docteur Robert, les Graulens et les gabians, conte pascal et citoyen

Une histoire de plumes, de déchets et de lucidité citoyenne.

Les travaux à rallonge de l'aménagement de l'avenue du maréchal juin touchent à leur fin.(photo FG)

C'est une histoire de poubelles. De volatiles aussi...

De poubelles incompatibles avec des oiseaux plutôt voraces, qui ont plus d'un tour dans leur sac -c'est le cas de le dire- pour se nourrir. Récit d'une étourderie municipale corrigée par une interpellation citoyenne, photos à l'appui...

En cours jusqu’au 26 mai, les travaux sur le front de mer et le boulevard du Maréchal Juin, qui en gros, partent de la mairie jusqu’à la statue l’Espérance, représentent un investissement d’1,5 M€ TTC, financé pour moitié par des subventions de l’État, du Département et de la Région.  But des travaux, entamés le 25 septembre 2017 ? Créer un espace de déambulation de 9 m de large avec priorité piéton. Une zone partagée entre véhicules et piétons, accessible à tous. Les derniers jours de mars ont vu l’enrobé faire son apparition. Un espace presque aussitôt testé par des milliers de visiteurs pour le week-end pascal. Et apprécié à sa juste valeur en l’état. C’est peu de dire qu’on frôle la perfection balnéaire gardoise immaculée visuelle. On la touche du doigt. Si,si. Mais...il reste un bec !

Sur ce mirifique front de mer lifté, prélude à une circulation générale rêvée, "douce et aimable", selon l'architecte catalan du futur éco-quartier surgissent…des squelettes de poubelles. Neuves et métalliques. Anisées ou vert-caca d’oie. Similaires à celles qu’on trouve sur les quais des trains ou des métros, elle constituent un  cercle métallique qui coince et  laisse pendre un sac transparent.  Recommandation ultime de sécurité face aux attentats à la bombe, explosifs qui hélas peuvent aussi tenir dans des poubelles. Un système idéal en ville. Dans une ville où il n’y a ni vents fréquents, ni goélands, ni mouettes affamés. Lundi 16 mars, le test. Les poubelles se garnissent de sacs volant au vent. Partout ailleurs qu’au Grau-du-Roi, c'est pratique. Au Grau, comme dans toutes les villes du littoral, c'est le bazar balnéaire, le snack à gabians, la pollution assurée, l'appel au meurtre de la poche.

Sac plastique flottant, volatile aux aguets (photo DR)

La poubelle attire le gabian. Le gabian déchire l’affaire en deux coups de bec. Les premiers spectateurs de ces repas improvisés et de ce combat injuste et inégal entre gros volatiles et fragile invention préfectorale s'amusent. Puis s'agacent. « Franchement, des sacs plastiques face aux gabians ? Ils ont bu quoi à la mairie avant de les choisir ? », tonne-t-on injustement quai Colbert, rue Rédarès, sur les facebook. Les estomacs ailés sont sans pitié. Les Graulens aussi.

Open snack pour gabians

À "Clochemerle-sur-mer", -pardon, au Grau-du-Roi- chacun veut alors sa photo du gabian gobeur de poubelle. On en rigole et on s’indigne à hauteur de trottoir, en regardant les déchets libérés par les oiseaux poussés par les enfants d’Éole. Sujet d’apéro pour la semaine et le café. Une animation gratuite pour les touristes attendus le week-end de Pâques. Les mouettes superstars. Les lanceurs d'alerte locaux se moquent sans ménagement de ce formidable mobilier urbain sur les réseaux sociaux. Le maire,  Robert Crauste, finit, dit-on, par intervenir face à la fronde photographique qui enfle, sur un fil facebook du site J'm le grau du Roi, promettant l'achat de nouvelles poubelles. Pour Pâques, on ajoute en urgence de grosses poubelles fermées moches.

Le sens de l'adaptation sauve la poubelle côtière

Alors qu'il vient de faire voter son budget 2018 après une splendide désertion collective de l'opposition lors du dernier conseil municipal du 28 mars, on lui a évidemment demandé ce qu'il pensait de ces poubelles inadaptées et s'il comptait en commander d'autres. Robert supervise tout lui-même, y compris les meubles urbains lâchement attaqués par des piafs ingrats. "La solution est trouvée par une adaptation des poubelles existantes", nous lâche-t-il entre deux votes d'abstention et anti-Léopold à la Communauté de Communes Terre de Camargue, lundi 9 avril au soir. "L'adaptation coûtera à peu près 5 000€. C'est moins cher que des poubelles fermées". Vrai. Juste un peu plus cher aussi que des poubelles-snacks à gabians qui volent au vent. Ces gabians de basse jetée, avoir raison d'un médecin portuaire ? N'y songez pas...

Grâce à la seule vigilance des Graulens râleurs et observateurs, suffisamment taquins pour jouer les mouches du coche et pousser le toubib Robert à enfin réagir, on a évité de peu un déluge pascal de vidéos et photos immortalisant des déchets libérés sur le front de mer par des becs déterminés. Sûr que les touristes auraient adoré filmer tout ça. Let's grau, comme on disait...

Poubelles en stock : l'initiale engrillagée, open snack pour gabians à droite et la provisoire fermée en attendant mieux. (photo F. G)

Florence Genestier

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Florence Genestier

Arrivée à Objectif Gard depuis juillet 2017, ma première carte de presse date de 1991 (si, si !). Née en Bourgogne, des études lyonnaises, quinze ans de PHR dans une région de montagnes, puis un détour par une mairie, la vie web d'associations et de projets sur Paris, Dijon, le sud Bourgogne, quelques chroniques judiciaires. Me voilà chargée de l'actu de la Petite Camargue :) de l'Espiguette jusqu'à Vauvert et au-delà. C'est sportif mais passionnant !

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