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PONT-SAINT-ESPRIT L’amélioration de l’habitat du centre ancien bien engagée

Le propriétaire de l'appartement où est pris la photo, Farès Manaa, l'architecte Raphaël Samuel, l'adjoint Christian Jourdan, le chef de projet du cabinet Urbanis, Lionel Sigaud, et le maire de Pont, Claire Lapeyronie (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

« Dans le centre ancien de Pont-Saint-Esprit, c’est surprenant ce qu’on peut découvrir derrière certaines façades. » La phrase, signée du chef de projet du cabinet Urbanis, Lionel Sigaud, vaut autant pour les trouvailles patrimoniales que pour les situations d’habitat vétuste, voire indigne.

C’est que le centre ancien de Pont-Saint-Esprit est très ancien et pauvre. Certains bâtiments datent de l’époque médiévale. Il est le seul quartier de la commune a avoir intégré le dispositif de politique de la ville en 2015, dans une ville qui présente un taux de chômage de 19,4 %. Conséquence : un parc immobilier dégradé et souvent vide, avec un taux de vacance de 12 %, deux points au dessus de la moyenne départementale.

Bref, un quartier malade, sur lequel la mairie consacre de nombreux efforts, notamment via une opération programmée de rénovation de l’habitat et de renouvellement urbain (OPAH-RU), lancée en décembre 2014, qui court jusqu’en novembre 2019. À un peu moins d’un an du terme d’une opération suivie par le cabinet Urbanis et appuyée par l’État, l’Agence nationale de l’amélioration de l’habitat, la Caisse des dépôts et le Conseil départemental, il est temps de dresser un premier bilan.

Financier déjà : l’opération, qui concerne le centre ancien et les faubourgs du XIXème siècle, « se traduit par un effort non négligeable de la commune, sur les plus de 4 millions d’euros injectés sur 5 ans, la ville met un million d’euros », rappelle le maire Claire Lapeyronie, qui veut illustrer par les chiffres le fait que « nous avons voulu une action volontariste vis-à-vis des propriétaires bailleurs ou occupants. »

Le but de la manœuvre est de maintenir l’offre locative dans le quartier, de traiter durablement les phénomènes d’habitat indigne, de participer à un parc immobilier durable et économe en énergie, de concourir au maintien à domicile des personnes âgées et/ou en situation de handicap et enfin d’accompagner et encadrer la réhabilitation et la mise en valeur du patrimoine architectural et urbain.

Sur ce dernier point, la mairie a instauré en parallèle de l’OPAH une opération de subvention des travaux de réhabilitation des façades. « Cette opération fonctionne bien, nous avons de plus en plus de dossiers et déjà pas mal pour 2019 », note l’adjoint à l’urbanisme, Christian Jourdan, alors que sur 2018-2019, 15 façades sont concernées et portent à 33 le nombre de façades améliorées.

Quant à l’OPAH, « Nous sommes à 87 logements réhabilités sur les 150 de l’objectif, présente l’adjoint. On va y arriver, j’espère même qu’on ira au delà de l’objectif. » Rien que pour 2018, 39 logements ont fait l’objet d’une demande de financement. Il faut dire que les projets sont subventionnés à hauteur de 58 % en moyenne.

De quoi aider à lancer les travaux, et plus largement à améliorer la situation : « Les propriétaires concernés ne sont pas toujours indélicats, mais il y a souvent un problème de dialogue avec les locataires », note Christian Jourdan. Dans certains cas « il y a aussi des marchands de sommeil. On en découvre pas mal, même si on est loin de 100 % des cas », poursuit l’élu, qui évoque aussi « quelques cas de périls », parmi les bâtiments du secteur concerné.

La carotte et le bâton

Et si l’OPAH a un volet incitatif, avec les subventions, elle compte aussi un volet coercitif de lutte contre l’habitat indigne. Après une visite du logement à des fins de diagnostic, une première phase de négociation est ouverte avec le propriétaire. Et si ça échoue, on passe à la manière forte : injonction aux travaux lancée par l’Agence régionale de la santé, blocage du versement des aides de la CAF au propriétaire ou encore relogement des locataires sont au programme.

« C’est un vrai bras de levier sur les propriétaires », commente Christian Jourdan. « La politique de la carotte et du bâton fonctionne », abonde Lionel Sigaud. De quoi faire avancer les choses, même si c’est au forceps. Et si certains logements devenus vacants de force sont ensuite mis en vente par leurs propriétaires qui ne souhaitent pas faire de travaux, ils ne sont plus occupés et ne pourront plus l’être sans travaux.

Farès Manaa ne fait pas partie de ces propriétaires-là. Propriétaire d’un grand T4 de 95 mètres carrés en plein coeur du centre ancien, il a profité à plein du dispositif pour rénover son bien. Aidé par l’architecte Raphaël Samuel, il a tout refait, des fenêtres aux murs, dans son appartement devenu vétuste. 60 000 euros de travaux subventionnés à hauteur de 70 % en tout (50 % de l’État et 20 % de la mairie) plus tard, il a pu relouer son appartement à une famille pour 560 euros par mois, un loyer conventionné lors du montage du dossier. « Je n’aurais pas pu faire ces travaux sans ces aides », explique-t-il.

Nombreux sont encore les logements qui nécessitent une rénovation dans le centre ancien, qui a encore un chantier considérable devant lui pour retrouver son lustre d’antan. « C’est un travail à long terme, l’idée est d’enchaîner », avance le maire, Claire Lapeyronie, qui repartirait bien pour une OPAH 2.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

Et aussi :

Secteur sauvegardé, ça se rapproche : le classement du centre-ville de Pont-Saint-Esprit en "secteur sauvegardé" est en bonne voie. « La commission locale du "secteur sauvegardé" s’est réunie il y a deux semaines. Ça s’est très bien passé. Nous allons présenter une délibération le 20 décembre prochain », précise Claire Lapeyronie, tout en ajoutant que « le "secteur sauvegardé" joue aussi dans la réhabilitation des logements. »

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Thierry Allard

31 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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