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GILETS JAUNES Aimargues le calme n’est que provisoire

"C'est un combat de travailleurs que l'on écoute toujours pas !"

À Aimargues les ronds point sont vides et seules quelques traces noires rappellent l'occupation des Gilets jaunes il y a seulement quelques jours. Qu'est-ce qui se cache derrière ce calme apparent ? Rencontre avec l'un des adhérents de la première heure. 

Au téléphone, le besoin pressant d'un rendez-vous pour faire le point. Celui qui s'exprime, (nous l'appellerons Jean),  nous reçoit chez lui où il s'apprête à passer un réveillon en famille. Vendredi dernier, à Aimargues,  pour la première fois, il y a eu désaccord, rupture même, au sein des Gilets jaunes. "Les plus radicaux d'entre nous, se sont réunis mécontents de la décision de la majorité de ne plus bloquer Royal Canin. Ils se sont rendus sur le rond point, ont tout brûlé. Puis les gendarmes sont arrivés et les ont évacués…", raconte Jean que l'on sent éprouvé par ce qu'il qualifie de "rupture complète" au sein du mouvement. "Nous ne voulons pas empêcher les gens de travailler. Nous n'en voulons pas non plus aux forces de l'ordre, notre mouvement n'est pas contre les gendarmes ou la population mais juste pour se faire entendre du pouvoir politique. "Nous sommes tous d'accord pour condamner la violence" assène Jean, et de s'exclamer : "vous croyez que les retraités ou les travailleurs sont des casseurs ?" 

"Les forces de l'ordre, les routiers et les smicards peuvent nous remercier…"

"Depuis 6 semaines nous avons obtenu, une hausse du smic, une petite baisse (insuffisante) de la CSG sur les retraites, grâce à nous, les routiers ont obtenu gain de cause sur leurs revendications, même les policiers ont eu une hausse de salaire et même une prime dont ils ne veulent même pas," égraine Jean. "Ils devraient tous nous remercier", conclue  l'homme un tantinet cynique. "Et nous rien !"  Ce "Nous" pour Jean, c'est cette couche de la population qui, avec les retraités, composent le noyau dur du mouvement. C'est-à-dire, la "petite classe moyenne", celle qui est composée de travailleurs juste au-dessus du smic, ceux qui n'ont droit à aucune aide et payent tout "plein pot". "C'est nous qui sommes en souffrance, que l'on écoute pas et qui n'ont jamais rien obtenu, c'est nous qui faisons les "3 huit" sur les ronds points en plus de notre travail, qui sommes épuisés et auxquels personne ne s'est encore adressé." 

Être représentés sans être récupérés

Alors les réunions se multiplient, les problèmes qui se posent sont multiples. Comment se faire entendre si on ne veut pas de violence ? Celui-là est de taille. "Il faudra sans doute que nous passions par la désignation d'un représentant", se résigne Jean. "Mais nous devrons être représentés dans notre diversité, c'est-à-dire au-delà des clivages politiques et sans récupération". Et de citer Francis Lalanne et l'annonce faite par le chanteur de conduire une liste Gilets jaunes aux européennes, comme l'exemple de ce qu'ils ne veulent pas voir arriver…

Rendez-vous à la rentrée

Pendant les fêtes, le mouvement a décidé une trêve à Aimargues, pour prendre du repos d'abord mais aussi pour parler de la forme que prendra la suite. Parce qu'une chose est certaine : c'est la détermination de ces hommes et de ces femmes, qui après tous les efforts consentis depuis le début du mouvement ne lâcheront rien tant qu'on ne les aura pas entendus et nous donne rendez-vous à la rentrée. En attendant, Jean ne nous quittera pas sans souhaiter un joyeux Noël à tous avec une pensée particulière pour les Gilets Jaunes.

Véronique Palomar-Camplan

 

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Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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1 commentaire sur “GILETS JAUNES Aimargues le calme n’est que provisoire”

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