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NÎMES OLYMPIQUE Jean-Jacques Mandrichi : « Le public ne mérite pas de perdre »

Dernier buteur au stade des Costières dans un derby, l'attaquant revient sur ce match à part.

Non Jean-Jacques Mandrichi n'est pas la nouvelle recrue du Nîmes Olympique ! (photo Corentin Corger)

Jean-Jacques Mandrichi, prononcé "Mandrique", à l'époque par les supporters, a joué au Nîmes Olympique de janvier 2009 à août 2010. L'attaquant de 34 ans, qui évolue désormais à Istres (N3) a marqué 18 buts en 62 apparitions sous le maillot rouge. Le plus marquant reste celui contre Montpellier, le 10 avril 2009, remporté 2-1 par Nîmes. Dernier buteur nîmois dans un derby aux Costières, il donnera le coup d'envoi fictif dimanche et revient pour nous sur ce match à part. 

Objectif Gard : Lors du dernier derby, 31e journée de Ligue 2 saison 2008/2009, Nîmes est dernier avant la rencontre. Pouvez-vous raconter dans quel contexte vous aviez préparé ce match ? 

C'était un peu particulier dans notre position et la leur (4e). C'était complètement l'opposé. On savait que malheureusement, on avait pas le droit à l'erreur. Encore plus dans un derby. C'avait été une semaine assez particulière avec des intimidations d'un côté et de l'autre. Les gens en parlaient quinze jours, trois semaines avant. On était parti en mise au vert plusieurs jours. La veille du match, toute la nuit, j'avais eu des petits soucis aux dents. Je n'avais pas dormi, j'avais fait nuit blanche. Ça m'avait marqué parce que quand j'ai joué le match, j'étais en sur-régime par rapport aux cachets. Si j'avais été dans un jour normal, on aurait écrasé le match. Je me rappelle que j'avais eu plusieurs opportunités. Déjà, d'être debout sur le terrain c'était un miracle pour moi. Je ne baisse pas les bras comme ça, faut vraiment que j'ai plus de jambes pour ne pas jouer. J'ai pris mes responsabilités et ça a payé. Tu oublies tout, c'est à vivre. C'est pour ça que les joueurs doivent savoir la chance qu'ils ont de jouer ce genre de matches.

À la mi-temps, vous êtes menés 1-0, vous vous souvenez de l'état d'esprit dans le vestiaire ? 

Malgré ça, on faisait un très bon match dans l'engagement, le monopole du ballon. On avait eu beaucoup d'occasions. L'entraîneur (Jean-Michel Cavalli) était serein. Il savait qu'on pouvait faire pencher la balance de notre côté. C'est ce qui a été fait en deuxième mi-temps. On aurait pu l'emporter plus facilement. Tu avais Montpellier en face, les noms qui avaient, c'était une sacrée équipe, puis il monte en fin de saison. Nous on est 37 fois relégables, on s'en sort une fois sur la dernière journée avec douze points à la trêve, c'est miraculeux.

 
Ce but 2-1 à la 80e , vous vous en souvenez ? 

Oui (il marque un temps d'arrêt), après toutes ces occasions que j'avais eues. Là, j'étais obligé de marquer. Après le but, tu ne réfléchis plus, tu te laisses aller. Les dix dernières minutes étaient longues. On attendait que le coup de sifflet final. Un match et la soirée avec les supporters en ville, c'était fantastique et inoubliable. Ce but permet d'espérer pour le maintien. Si on fait match nul, sûr qu'on descend à la fin. On avait un groupe hyper solidaire. Cette année-là on ne pouvait que s'en sortir. Un maintien comme ça, de nos jours on n'en verra plus. Ça vaut plus que des montées. J'ai mis quelques buts importants mais celui-là, dans un derby... On voit encore aujourd'hui dix ans après que les gens n'oublient pas. Quand je viens à Nîmes, on m'en parle tout le temps. Cela fait plaisir de voir que dans la vie quand on fait ce qu'il faut et que l'on donne tout, les gens sont toujours reconnaissants.

"Le plus difficile c'est de ne pas déjouer"

En 2009, Mandrichi avait dompté les Costières (photo Corentin Corger)

Ça fait quoi de se dire qu'à partir de dimanche vous ne serez peut-être plus le dernier buteur nîmois dans un derby aux Costières ?

Ce n'est pas grave ! Quoi qu'il arrive, je resterai toujours ancré dans l'histoire des derbies. J'espère qu'il y aura un nouveau buteur ce week-end et que ça portera chance à l'équipe. Au vu du match aller, c'est sûr qu'ils ont une revanche à prendre. Après les derbies, je sais comment c'est, surtout ici. Peu importe la manière, il faut gagner.

Nîmes est vraiment un club qui a marqué votre carrière ?

Je suis au quotidien le club. Quand je peux regarder les matches, je regarde. Les résultats pareils. C'est un club qui a énormément compté pour moi et qui a été une très bonne expérience pour ma carrière. Je ne peux pas oublier ce qu'on a fait, ce que le club a fait pour moi, les supporters. J'ai toujours été bien accueilli. C'est un club qui comptera toujours.

Ça vous fait quoi de donner le coup d'envoi fictif dimanche ?

C'est une fierté. Il y a rien en ce moment qui pouvait plus me faire plaisir. Je suis très content, surtout pour un derby. Venir ici et rentrer en plein milieu du terrain, ça va être un moment très émouvant pour moi. Je suis parti en très bons termes. Je pense que je suis apprécié. C'est à moi de leur rendre maintenant !

Quels conseils pourrais-tu donner aux joueurs pour ne pas se laisser submerger par l'émotion ? 

Ce n'est pas évident mais faut arriver à occulter tout ça. Se servir du contexte comme une force. Il ne faut pas faire n'importe quoi et ne pas croire qu'en mettant des coups... Au contraire, ça sera l'équipe la plus intelligente sur cet aspect qui l'emportera. Ce n'est pas ce qui me fait un peu peur mais Montpellier a beaucoup plus d'expérience. Donc ils ont plus l'habitude de jouer ce genre de matches. Nîmes ça va être un peu plus foufou avec des jeunes. Mais je fais confiance aux gens d'expérience présents dans le club. Le plus difficile c'est de ne pas déjouer, de garder la tête froide et de ne pas perdre ses nerfs. Si tu commences à prendre un (carton) rouge, ça peut devenir très compliqué. Le public ne mérite pas de perdre et de voir l'équipe faire n'importe quoi.

Propos recueillis par Corentin Corger

Le souvenir de Laurent Tourreau, directeur des opérations du Nîmes Olympique : "Je n'ai jamais vu une telle explosion de joie aux Costières depuis le but de Mandrichi. D'habitude la célébration dure cinq secondes, là pendant 40 secondes les gens criaient. C'est un souvenir incroyable." 

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