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NÎMES Bac blanc : à Daudet, les enseignants voient rouge

Pour appuyer la contestation contre la réforme du Bac, les professeurs du lycée Alphonse Daudet ont demandé à annuler le bac blanc de mars.

Emmanuel Bois délégué SNES FSU entouré de ses collègues professeurs au lycée Daudet (photo Corentin Corger)

Deux jours après les professeurs du lycée Philippe Lamour, ceux d'Alphonse Daudet emboîtent le pas et ont également décidé d'annuler le baccalauréat blanc prévu en mars. 

Les grèves, les manifestations, les audiences au rectorat... rien n'y fait et rien ne change. Les professeurs du lycée Alphonse Daudet de Nîmes ne se sentent pas entendus sur la réforme du lycée et le font savoir. Alors ils ont décidé de passer à la vitesse supérieure en votant quasiment à l'unanimité une demande d'annulation du bac blanc, programmé en mars.

La décision finale revient au directeur de l'établissement. Une action menée aussi il y a deux jours par leurs collègues de Philippe Lamour. Une telle décision n'est-elle pas préjudiciable pour les élèves qui préparent le bac ? "Les élèves ont régulièrement des devoirs de type bac que l'on organise sur les heures des collègues. Le bac blanc est institutionnel et formel. Ça ne change rien", répondent en chœur les enseignants, soucieux de préparer au mieux les lycéens.

Une énième réforme

"C'est l'ultime moyen de nous faire entendre !", lâche même Florence Thiebaut, lassée que le gouvernement fasse la sourde oreille devant leurs revendications. Pour rappel, ils dénoncent entre autres la mise en place de spécialités qui, selon eux, rendrait inégalitaire l'accès à l'enseignement. Mesure qui va obliger des élèves à suivre certaines de ces matières dans d'autres établissements.

"On craint un diplôme à valeur locale, c'est à dire variable selon le lycée", explique Emmanuel Bois, délégué syndical SNES-FSU. Un motif que l'on retrouve dans une lettre que les professeurs vont adresser aux parents afin de leur expliquer pourquoi ils en arrivent là. Des points de désaccord au niveau de la réforme, que la hiérarchie syndicale a fait remonter au ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer.

Des professeurs en lutte contre leur ministre et qui n'ont toujours pas digéré Parcours sup : "Les élèves sont obsédés par ça et leur engagement ne sont orientés que par les lettres de CV. Parcours sup les poussent à se mettre en valeur pour être le meilleur et à être dans une société de concurrence". Des enseignants qui s'inquiètent aussi du récent projet de loi intitulé "Pour une école de la confiance", adopté hier en première lecture par l'assemblée nationale. Une énième réforme qui prévoit l'instauration d'un devoir d'exemplarité pour les professeurs. Rendez-vous au prochain chapitre.

Corentin Corger

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