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NÎMES Les Grands jeux romains donnent de la voix

Première répétition vocale pour les acteurs, premières séries d'humeurs...

Sous le grand cheval, au soleil, les premières répétitions vocales (Photo Anthony Maurin).

Les Grands jeux romains se dérouleront les 3, 4 et 5 mai prochains. Au menu de cette dixième année de reconstitution historique, l'invasion des rois barbares sous la République romaine. Des batailles très locales (Orange et Aix-en-Provence) et une période traumatisante pour la puissance italienne.

Pour les besoins du spectacle, les comédiens principaux viennent d'enregistrer les voix de leurs personnages lors des futures représentations en direct. Sur le soleil de la piste des arènes et abrité sous le grand cheval de Troie pour une dernière session de répétition, Mike Grenat, comédien et coordinateur artistique donne le ton. " On a commandé un cheval-bureau et du soleil, voilà. "

Sous les yeux du barbu Marc qui interprétera un ambassadeur grec, Mike, le coordinateur scénique des GJR, donne le ton au futur consul Marius (Photo Anthony Maurin).

Deux jours durant, les comédiens se rodent, apprivoisent leur rôle et commencent à se mettre dans la peau de leur personnage historiquement célèbre. Sur la piste des arènes... évidemment. Le lieu antique par excellence, site des futures festivités. Mais aujourd'hui, on saucissonne le travail. Le matin, les scènes de 1 à 5. Cet après-midi, la 6ème et on reprend en boucle indéfiniment.

À gauche, Aureck, le cascadeur-espion qui interprétera Sertorius, à droite, Éric Teyssier, historien et scénariste des GJR, règlent les derniers détails (Photo Anthony Maurin).

" Ça fait partie des phrases que j'ai pris des historiens de l'époque. C'est pas gravé dans le marbre mais c'est plutôt clair ", avoue Éric Teyssier en parlant d'une tirade réécrite pour les besoins du spectacle contemporain. Dans les gradins, des touristes amusés se posent pour bronzer et regarder le manège. Il faut dire que les décors sont là. Le cheval mais aussi le crocodile et la palme, emblèmes de Nemausus.

Plus haut, le bruit du chantier de restauration de l'amphithéâtre est intense. Aureck le cascadeur pose deux questions anodines. " Le chantier sera fini pour début mai ? " Eh oui, normalement le 26 avril... Veille de la répétition la plus importante.

Ludo incarnera le roi teuton Teutobod (Photo Anthony Maurin).

Mais l'autre question concerne la sécurité et la faisabilité de certaines choses. " Avec les barrières qui sont autour des arènes et le parvis qui est très glissant à cheval, il faut que l'on calcule bien nos déplacements pour trouver un parcours sécurisé. Surtout quand on doit sortir par la présidence et rentrer par le toril quelques minutes plus tard ! "

De son côté, Éric Teyssier l'assure alors qu'il termine une tirade qu'il énoncera devant le Sénat romain pour convaincre les toges de venir à l'aide du peuple de Nemausus et de Massilia, Nîmes et Marseille. " En fait je suis une espèce de Mélenchon... " Et Aureck de reprendre, " Allez, on fait un Éric en hologramme cette année ? "

Duel de styles pour un trio détonnant (Photo Anthony Maurin).

L'inquiétant Teutobod, roi des Teutons, qui, allié aux Ambons et aux Cimbres, est en guerre contre Rome est aussi sur la piste des arènes. Incarné par Ludo, le chef de la tribu est prêt à bouffer du Romain. On change le ton, on ponctue les propos, on dynamise la parole et calme les émotions quand on ne les exacerbe pas. La palette est complète pour un spectacle plaisant et compréhensible par tous les publics.

À droite, le général Marius sera la clé de la défense romaine face aux rois barbares (Photo Anthony Maurin).

Le spectacle doit l'être. Dans le texte, certes, mais aussi dans le déroulé physique du scénario. On gagne des minutes inutiles, on accélère le temps, on rogne des secondes mais on veut du spectaculaire. Réellement. Pour preuve, le grand fort qui sera construit. Un bastion romain qui sera attaqué par les Barbares qui se déplacent en famille.

Le général romain Marius devra en découdre avec le Danois Teutobod sur les bords du Rhône, non loin d'Arelate, Arles. Plus tard, ils en finiront à Aix-en-Provence. Autoritaire plébéien, paternaliste avec ses légions mais audacieux et intelligent, Marius fera le serment par Fidès de poursuivre ces armées étrangères, jusqu'à leur fin. Il y parviendra en 102 avant notre ère.

La précision orale est de mise avant l'enregistrement des voix prévu le lendemain (Photo Anthony Maurin).

Quand on parle de Marius, non loin de la Provence, les références fusent et Fanny est présente dans les vannes. Idem pour les Teutons et les tétons, évidemment. L'humeur est taquine, " Est-ce qu'on fait un rappel sur les intentions qu'on a travaillé ce matin ? ", lance Mike à Marc qui aura plusieurs rôles. " Ben non, laisse-nous nous planter ça sera plus rigolo ! ", répond avec un large sourire Marc.

Savoir être obséquieux, juste ce qu'il faut. Telle sera une des missions de Marc, à gauche (Photo Anthony Maurin).

Le lendemain, les voix seront en boite et seront prêtes à être entendues par le public familial des Grands jeux romains édition 2019 !

Le majestueux cheval... (Photo Anthony Maurin).

Le résumé du spectacle :

500 reconstituteurs venus de France, d’Italie, de Croatie et d’Allemagne se donnent rendez-vous dans le cadre exceptionnel des arènes de Nîmes pour participer aux Grands jeux romains, événement unique qui s’est imposé comme la plus grande reconstitution historique sur l’Antiquité en Europe.

Cette 10e édition met à l’honneur les Rois Barbares et l’invasion des Cimbres, des Teutons et des Ambrons que les Romains ont dû affronter entre 113 et 101 avant J.C. Partis de l’actuel Danemark, ces barbares ont vaincu les Romains à Arausio (Orange) mais le Sénat et le peuple de Rome font appel au général Marius qui réussit finalement à les vaincre près d’Aix-en-Provence en 102 avant J.C.

La reconstitution historique des Grands jeux romains fait référence au passage avéré de l’empereur Hadrien à Nîmes en 122 après J.C. À cette occasion, il offre de somptueux ludi (jeux) aux habitants : combats de gladiateurs, course de chars et propose de reconstituer des événements du passé célébrant ainsi les plus belles victoires de Rome sur ses ennemis.

La billetterie est ouverte et n'oubliez pas que c'est pendant les vacances !

Dans le soleil descendant, la répétition se poursuit (Photo Anthony Maurin).

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 34 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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