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NÎMES OLYMPIQUE Philippe Vercruysse : « Il faut aussi avoir du culot »

Philippe Vercruysse lors d'un match de gala à Guéret en 2007 (photo MaxPPP)

Il y a plus de 26 ans, Nîmes réussissait l’exploit de renverser le PSG, au Parc des Princes. Ce 30 octobre 1992, 12e journée de Division 1, les Crocos (17e) s’imposaient 3-2 au terme d’un match haletant. La bande des Ginola, Weah, Guérin, Valdo - les Neymar-Mbappé de l'époque -, connaissait sa première défaite de la saison. Balayée notamment par un doublé de Philippe Vercruysse qui a accepté de revenir sur ce match marquant.

 Objectif Gard : Quand on évoque ce PSG-Nîmes quels souvenirs vous reviennent directement en mémoire ?

Philippe Vercruysse : Le fait d’aller gagner au PSG parce que c’est quand même un sacré exploit à l’époque. Le Nîmes Olympique ne jouait pas le titre ou les coupes d’Europe donc pour nous faire un résultat à Paris... Un match nul aurait déjà été un très bon résultat. Aller gagner, en plus, ce n’était pas vraiment dans nos plans on va dire (rires). Même si on rentre toujours sur le terrain pour gagner mais quand même, il faut être réaliste.

Le contexte d’avant-match condamnait quasiment les Crocos à perdre ?

Justement c’est à retenir. Dans le football, quand les grosses cylindrées reçoivent les équipes mal classées, c’est toujours les matches les plus difficiles à jouer. On a tendance à penser qu’il suffit de rentrer sur le terrain pour gagner le match. C’est comme ça qu’il y a souvent des surprises. Je ne sais pas si le PSG, ce soir-là, était moins motivé mais en tout cas nous on l’était vraiment. On avait envie de se mesurer à ce qui se faisait de mieux dans le championnat français et de situer notre niveau. Moi si j’étais entraîneur j’aurais ce discours : montrer ses réelles possibilités dans les matches de haut niveau. C’est une motivation supplémentaire aussi pour un footballeur. Il y a toujours des matches un peu spéciaux dans une saison.

Retour au jeu : Nîmes est mené 1-0 (Valdo, 11e) et marque deux buts en sept minutes (Vercruysse, 13e et Monczuk, 20e). Comment expliquer un tel renversement de situation ?

Le temps que l’on rentre sur le terrain et que l’on se mette un peu dans le bain, on a eu une petite période d’hésitation. Et contre des équipes comme ça faut tout de suite rentrer dans le match et s’imposer dans tous les domaines : duels, courses, appels de balle… Tout ce qui fait qu’une équipe puisse prendre le dessus sur l’autre. Nous on était encore dans les starting-blocks et ce but nous a réveillés. On a pris conscience que l’on perdait déjà au bout d’un quart d’heure et que soit on prend une valise soit on réagit. Ce qu’on a fait en posant le jeu, en se créant des occasions et en égalisant.

 
Justement vous marquez d’une magnifique volée. Détaillez-nous ce geste...

On essaie de construire en passant sur les côtés. Je me souviens que je suis à l’origine d’un une-deux et je décale sur le côté droit un petit brun (Christophe Buffat : NDLR) qui déborde et fait un centre un peu trop long. Le ballon est récupéré par Monczuk sur l’autre extrémité du terrain qui centre à nouveau. J’ai continué mon action, je suis resté dans la surface de réparation et le ballon revient sur moi. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’une volée c’est le plus difficile à faire dans le football. C’est un dosage au millimètre près. Tout est bien précis dans ce geste, il ne faut pas frapper trop fort. Il faut regarder le ballon, le fixer à partir du centre mais jusqu’au bout du bout où vous allez frapper. Beaucoup de joueurs ratent leur volée car ils ne regardent plus le ballon. Ce n’est qu’une question de photographie. Le geste il ne faut pas y penser, sinon vous allez la rater. C’est un geste d’instinct qui vient naturellement. C’est un de mes plus beaux buts.

En deuxième période, Ginola égalise (63e) et vous surgissez pour inscrire un doublé (80e) et offrir la victoire aux Crocos. Vous vous en souvenez ?

Je reçois un ballon, à peu près à 22, 23 mètres des buts et je n’ai plus vraiment de solution. Donc je me suis dit je vais tenter ma chance, je frappe au but. Ce n’est pas un tir exceptionnel mais c’est un tir qui est dévié et qui trompe Bernard Lama. Comme quoi faut toujours penser à tirer au but. Même si ce n’est pas des frappes exceptionnelles, ça peut toujours tromper l’adversaire. Ça nous permet de gagner le match. C’est extra !

"Tout le monde s’est battu pour le maillot"

C’est une victoire qui vous a marqué ?

C’est toujours gratifiant de battre une équipe comme le PSG mais ce qui était important pour nous c’étaient les trois points. Ce qui compte c’est de tout donner pour le club car ça passe avant tout. Après, le prestige c’est une chose, le doublé d’un joueur c’est bien, la belle prestation des joueurs c’est bien mais ce qu’on retient c’est l’état d’esprit. Tout le monde s’est battu pour le maillot, c’est le plus important.

On fait un bond de 26 ans. Les Crocos peuvent-ils reproduire le même exploit ?

Absolument. On sait que Paris c’est costaud mais on a vu Guingamp se qualifier. On a vu des équipes s’accrocher et ne perdre que 1-0. Après le PSG peut être dans un jour un peu moindre, le Nîmes Olympique dans un grand soir. Il faut toujours un peu de réussite. L’état d’esprit seul ne sera pas suffisant. Il faut allier les deux. Et puis il faut aussi avoir du culot. Faire des choses qui ne sont pas prévues. On appelle ça la créativité, le coup de folie. À Nîmes, il y a des joueurs qui ont la possibilité de faire des choses assez remarquables. Pourquoi pas ? J’espère que Nîmes fera un bon résultat à Paris !

On peut voir Ripart mettre une volée à la Vercruysse ?

On ne sait jamais !

Propos recueillis par Corentin Corger

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