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LE 7H50 de Patrick Chanaud : « Aujourd’hui, j’ai la liberté de pouvoir parler… »

Élu le mois dernier à la tête du MoDem, Patrick Chanaud assurera la présidence du parti pendant un an et demi (Photo : Coralie Mollaret)

Installé à Nîmes, ce militaire retraité a pris la direction du parti de François Bayrou dans le Gard. Son but : donner de la visibilité à l’allié d’En Marche.

Objectif Gard : Vous êtes le nouveau président du MoDem. Tout le monde ne vous connaît pas… Pouvez-vous vous présenter ?

Patrick Chanaud : Tout à fait ! J’ai 58 ans, je suis retraité de la Garde républicaine depuis deux ans. Je me suis installé à Nîmes. Une ville que j’avais découvert, il y a quelques années, alors que j’avais une résidence secondaire. Au moment de quitter mes fonctions, j’ai choisi de vivre dans cette commune à laquelle je me suis profondément attaché.

58 ans et déjà retraité ! Que faisiez-vous exactement dans la Garde républicaine ?

C’est le statut militaire qui m'a permis de partir tôt à la retraite. Un garde républicain, c'est un gendarme. Le plus long de ma carrière a été consacré à l’administration de l’orchestre (Patrick Chanaud joue de la trompette, ndlr). J’étais l’administrateur adjoint, chargé d’organiser toutes les prestations musicales.

Voilà qui requiert organisation et rigueur. Les qualités pour présider un parti politique ?

Ce n’est peut-être pas étranger. L’envie de servir la République et la collectivité en tant qu’engagé politique, ce n’est pas si éloigné finalement. Seulement durant toute ma carrière, j’ai été tenu à un devoir de réserve que j’ai scrupuleusement respecté. Pour autant, ça ne nous empêche pas d’avoir nos opinions discrètes, confidentielles. Aujourd’hui, j’ai la liberté de pouvoir parler…

Pourquoi avoir choisi le MoDem ? Les militaires ont plutôt le cœur à droite, non ?

Ne faisons pas de généralités. Depuis toujours, je suis un centriste et fervent de François Bayrou. Le « ni droite, ni gauche », qui est aujourd’hui porté avec brio par Emmanuel Macron, est quand même une idée originelle de François Bayrou. Je pense que le centrisme est un équilibre nécessaire, qu’il est forcément dans la nuance, la pondération et non dans la radicalité. J’ai adhéré au MoDem en juin 2017. J’ai démarré en tractant pour la campagne des Législatives de Philippe Berta, député MoDem de la 6e circonscription.

Vous ne le connaissiez pas avant ?

Du tout. À présent, une certaine amitié nous lie. C’est un député qui n’a pas d’autre ambition que celle de travailler. Il fournit des textes dans des domaines qui lui sont chers. C’est peut-être très techniques, mais ô combien important : handicap, maladies rares et soutien au personnes handicapées, enseignement supérieur… Je suis en contact régulier avec lui.

Vous êtes président du MoDem 30, mais également membre d’En Marche. Et si vous deviez choisir entre les deux ?

Vous savez, comme beaucoup de personnes pendant la Présidentielle ou les Législatives, j’ai adhéré au mouvement d’Emmanuel Macron. Je voulais le soutenir. J’ai participé à pas mal de réunions, organisées par nos alliés. Je l’ai toujours fait dans le souci de bien représenter le MoDem au sein de la majorité présidentielle. 

En fait, vous vouliez marquer le territoire pour éviter qu’En Marche ne vampirise le MoDem ?

Je ne dirai pas « vampiriser. » J’ai de bonnes relations avec les Marcheurs. Mon souci, c’était de rendre bien visible l’action du MoDem.

En tant que président du MoDem 30, quelles sont vos priorités ?

On a traversé une zone de turbulence avec la démission, pour des raisons personnes et non politiques, du maire de Lirac. Aujourd’hui, le projet c’est de dire aux gens « venez à nous ! » Avec les Européennes du 26 mai, c’est l’occasion ! En menant la campagne, nous nous déplaçons, nous rencontrons des gens… Aujourd’hui, je serai en réunion publique à Alès pour soutenir la liste Renaissance. Samedi, on sera au Grau-du-Roi pour tracter sur le marché. Le Modem ne reste pas les deux pieds dans le même sabot. C’est une façon de montrer que nous sommes actifs et que nous pouvons déclencher des vocations.

En quoi le MoDem est-il différent d’En Marche ?

Le MoDem est une structure plus ancienne. Nous sommes organisés comme un parti politique classique et non comme un mouvement interne. Ça peut apparaître comme plus rassurant pour certaines personnes.

Reste que la situation est compliquée avec l’affaire des attachés des parlementaires européens…

Je ne suis pas sûr que ce soit un frein... La justice ne s’est pas prononcée. Cette affaire n’est pas avérée. François Bayrou a eu l’élégance de partir très vite du gouvernement. Pour autant, un an et demi après, cette affaire n’est pas jugée. Le MoDem peut prétendre, comme tout le monde, à la présomption d’innocence.

Après les Européennes, il y a les Municipales. Comment le MoDem s'y prépare ?

Franchement, les élections municipales ne sont pas d’actualité. Je vous déçois certainement... Nous n’avons pas eu le temps, je viens d’être élu président. Le MoDem se prononcera en temps voulu. Certainement à la rentrée. D’ailleurs peut-être que Paris aura déjà désigné certains candidats dans des villes. En tout cas, on se donne le temps de discuter avec nos adhérents et ensuite, nous donnerons notre position.

Propos recueillis par Coralie Mollaret

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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