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JONQUIÈRES-SAINT-VINCENT Culture, traditions et terroir : Carole Delga en visite

Le présidente de la Région Carole Delga a inauguré une fresque représentant Frédéric Mistral et Alphonse Daudet vendredi après-midi, à Jonquières-Saint-Vincent (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, a l’habitude de profiter de ses déplacements pour faire passer des messages politiques. Sa venue à Jonquières-Saint-Vincent pour inaugurer une fresque représentant Frédéric Mistral et Alphonse Daudet, hier après-midi, n’a pas dérogé à la règle.

Une visite dans une terre de mission pour la socialiste qu’elle est, une Terre d’Argence où le Rassemblement national compte des élus, et non des moindres, et nourrit de grandes ambitions. Alors Carole Delga a voulu, à quelques encablures des élections européennes, marquer son attachement à la culture et aux traditions locales de ce bout d’Occitanie tout au bout de la grande région, tout en martelant son attachement à la proximité en évoquant son passé de maire de village et en répétant une phrase qu’elle claironne depuis son élection, il y a trois ans : « mon bureau, c’est le terrain. »

La fresque : réussie, signée par Denis Carenco, artiste de Saint-Rémy-de-Provence qui l’a réalisée en quatre mois cet hiver. Elle représente deux figures tutélaires de la culture locale, le membre fondateur du Félibrige et prix Nobel de littérature Frédéric Mistral, et le Nîmois de naissance Alphonse Daudet, auteur entre autres des Lettres de mon Moulin, Tartarin de Tarascon ou encore Le Petit Chose. Une fresque « qui symbolise notre souci d’inscrire notre identité villageoise dans l’avenir », estimera le maire Jean-Marie Fournier avant d’évoquer les travaux de réfection du centre-village, et notamment l’achat puis la démolition d’une bâtisse décatie pour laisser la place à une placette agrémentée d’une jolie fontaine, qui est désormais surplombée par la fresque. Une placette sur laquelle débouche la rue… Frédéric-Mistral.

Le maire en profitera pour valoriser sa commune, « qui a abrité un des disciples de Mistral, Gaston Pascal », et où « Daudet est réputé avoir commencé sa carrière d’écrivain lors de sa retraite au mas Saint-Laurent en 1866 », « un mas où son lointain cousin Fernand Daudet habite toujours », précisera-t-il plus loin. Bref, Jonquières honore deux personnages auxquels elle est liée, et se montre fière de ses traditions : la visite de la présidente de Région était accompagnée de musiciens traditionnels, cavaliers et Arlésiennes. Difficile de faire plus traditionnel.

La présidente de la Région saluera ensuite « ces deux figures emblématiques de la Provence et de l’Occitanie », avant d’estimer que « à travers les traditions régionales, nous renforçons notre France une et indivisible. » Une pierre dans le jardin de ceux qui pensent que ce côté indivisible passe par une langue unique et une nation monolithique, mais un soutien aux défenseurs des langues régionales dont certains auraient pu penser qu’une région grande comme l’Irlande diluerait les différentes cultures au profit de la métropolisation. Il n’en est rien, martèle Carole Delga, qui rappellera que la région comptait « 4 500 communes », mais qu’il n’y avait « pas de petites communes, ni de petit projet. »

Subventions et humanisme

D’ailleurs, poursuivra-t-elle, « depuis trois ans, la Région a versé 10,5 millions d’euros sur le territoire de la Communauté de communes Beaucaire Terre d’Argence pour aider à la réalisation de multiples projets. » Sur Jonquières même, la Région met 540 000 euros sur le projet de halle des sports. À la proximité physique de sa visite, il faut donc ajouter une proximité sonnante et trébuchante. Une proximité en euros que le maire compte bien voir s’amplifier : « nous fondons beaucoup d’espoirs sur notre éligibilité au contrat bourg-centre », lancera-t-il au micro. La commune compte sur l’aide de la Région pour réaliser son projet de groupe scolaire à côté de la halle des sports, ses établissements scolaires étant saturés du fait de sa croissance démographique.

« J’ai bien entendu », répondra Carole Delga, qui n’aurait de toute façon pas pu rester sourde aux multiples appels insistants du maire en à peine deux heures de visite. Alors pour le contrat bourg-centre, qui vise à aider les communes qui ont une fonction de centralité, « vous avez beaucoup d’atouts pour obtenir un avis favorable », précisera la présidente. Le cas de Jonquières devrait être tranché en juillet en commission permanente.

Revenant à des considérations plus littéraires, la députée Françoise Dumas estimera que « les mots de Mistral et Daudet traversent les époques et sont des outils pour défendre les valeurs d’humanisme et d’universalité. » Carole Delga utilisera les mêmes termes pour passer un message politique. Ici, à un jet de pierre de Beaucaire, dont le maire Julien Sanchez vient de remporter une bataille judiciaire contre elle, la présidente de la Région estimera que « ces valeurs humanistes sont le contraire de celles portées par l’extrême-droite. » Histoire de tenter de ramener la culture et les traditions locales hors du giron du Rassemblement national, dont les élus locaux ont brillé par leur absence hier soir, mais pas hors de celui de la politique.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

31 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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1 commentaire sur “JONQUIÈRES-SAINT-VINCENT Culture, traditions et terroir : Carole Delga en visite”

  1. Alphonse DAUDET avait une approche plutôt caricaturale des juifs, non ?
    Carole DELGA et Françoise DUMAS devraient, peut être, revoir leurs copies …

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