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FAIT DU JOUR Mobilisation générale contre les feux de forêts

Ce lundi matin, lors du lancement de la saison de surveillance des feux de forêts, à Saint-Pons-la-Calm (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Trois jours après un épisode intense de feux de forêts dans notre département, la saison de surveillance estivale a été officiellement lancée ce lundi à Saint-Pons-la-Calm, près de Bagnols. Avec un message : au-delà des importants moyens humains et matériels mis en oeuvre, la population est appelée à prendre ses responsabilités.

« Ce vendredi, en une journée, nous avons subi 60 départs de feux, dont une trentaine à traiter en simultané », rappelle le préfet, Didier Lauga. En une journée, « 600 hectares ont été détruits, 11 maisons ont brûlé et 11 personnes ont été blessées », note pour sa part le président du conseil d’administration du SDIS, Alexandre Pissas. 600 hectares, contre 30 pour l’ensemble de la saison en 2018 : autant dire que même si elle n’a été officiellement lancée que ce lundi en présence du préfet et de nombreux élus, dont le député Anthony Cellier, la saison a démarré vendredi dernier sur les chapeaux de roues.

« À Saint-Gilles, nous nous sommes retrouvés face à un véritable mur de flammes », rembobine le commandant des sapeurs-pompiers, Éric Agrinier, tout en saluant « l’engagement total » des soldats du feu, dont trois ont dû être hospitalisés pour des malaises et des légères intoxications. « Beaucoup de pompiers ont utilisé ce week-end le mot "miracle", lance le préfet. Le bilan aurait pu être beaucoup plus lourd. Nous sommes passés de très peu à côté de la catastrophe. »

Une catastrophe dont l’origine est en majeure partie humaine, ce qui ne veut pas forcément dire criminelle, même si un pyromane présumé a été interpellé du côté de Quissac. « Concernant vendredi, nous avons des données techniques, des arcs électriques sous les lignes à haute-tension, des cas d’auto-inflammation de meules de foin avec la fermentation, explique le colonel Christian Simonet, du SDIS du Gard. Par une chaleur pareille, deux cailloux frottés l’un contre l’autre suffisent. »

Un important dispositif

Bref, dans ces conditions, avec un été qui promet d’être chaud, c’est une véritable mobilisation générale qui est nécessaire pour éviter de voir notre beau département, dont la surface est pour moitié constituée de milieux boisés, flamber tout l’été. Pour ce faire, le Gard compte un dispositif ad hoc. 330 sapeurs-pompiers répartis en 30 centres de secours et quatre postes avancés créés pour la saison, 18 patrouilles constituées d’un forestier et d’un pompier équipées de pick-up avec réservoir d’eau de 600 litres, des patrouilles de contrôle du respect de l’interdiction d’emploi du feu dans les forêts et en garrigue, quatre tours de guet ou encore un guet aérien pour prévenir au mieux les départs de feu et être le plus réactif possible.

Toujours dans cette optique, plusieurs groupes d’intervention feux de forêt sont stationnés en forêt, notamment en période de fort risque définie par Météo France, pour réagir à la moindre alerte. Une unité spécialisée dans les feux de forêts difficiles d’accès est également mobilisable, tout comme en cas de feu de forêt 12 Canadair, 9 trackers et 3 Dash 8, des gros porteurs d’une capacité de 12 000 litres d’eau. Les équipes sont renforcées par 30 saisonniers recrutés dans d’autres départements, et par le biais de la solidarité interdépartementale, des pompiers des départements voisins peuvent prêter main-forte.

Ce lundi matin, lors du lancement de la saison de surveillance des feux de forêts, à Saint-Pons-la-Calm (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Par ailleurs, le SDIS investit fortement avec 26 véhicules neufs pour cette saison, des camions-citernes de dernière génération. « Leur sécurité est renforcée avec un dispositif d’auto-protection et un dispositif d’air respirable dans le véhicule », précise le commandant Olivier Guillaume, du SDIS. Les camions embarquent en effet un système leur permettant de s’asperger d’eau, ainsi que des bouteilles d’oxygène.

Par ailleurs, le SDIS vient de recevoir deux super camions-citernes, un pour Nîmes et un pour Alès, équipés de 9 000 litres. « Leur canon peut être actionné depuis l’intérieur », précise le commandant Guillaume, en pointant le plus en termes de protection des sapeurs-pompiers. Un effort a aussi été fait sur les tenues textiles, avec notamment une veste pour les situations les plus critiques, accompagnée d’un masque de repli fonctionnant au super oxyde de potassium, qui permet au pompier de créer son propre oxygène pendant quatre à six minutes.

Après les flammes, c’est au tour de la cellule de recherche des causes et des circonstances de l’incendie. Ces véritables experts du feu doivent déterminer les causes de l’incendie, et concourir à identifier le pyromane. Des gendarmes équipées de motos tout-terrain et de drones sont aussi mobilisables.

Ce lundi matin, lors du lancement de la saison de surveillance des feux de forêts, à Saint-Pons-la-Calm (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

« Chacun doit se responsabiliser »

Un dispositif copieux, qui a été mis à rude épreuve vendredi. « Nous sommes prêts à affronter les événements », affirme le préfet Didier Lauga, tout en réaffirmant l’objectif : la détection la plus précoce possible des incendies, pour en limiter les conséquences. Et pour limiter le risque, le préfet insiste sur le fait que « chacun doit se responsabiliser. On ne peut pas penser que les pompiers, les forestiers et les gendarmes vont gérer ce risque seuls. »

Alors le représentant de l’État en appelle à la population, sur plusieurs volets. D’abord le respect de l’interdiction des feux sous toutes les formes en forêt et en garrigue l’été. Des patrouilles sont chargées de faire respecter cette interdiction, et si « par le passé, ces patrouilles étaient plutôt orientées vers la sensibilisation des citoyens, cet été, les personnes en infraction seront verbalisées », avertit le préfet. Les sanctions peuvent aller de 135 euros à 150 000 euros d’amende et des peines de prison. À bon entendeur…

Ce lundi matin, lors du lancement de la saison de surveillance des feux de forêts, à Saint-Pons-la-Calm (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Il n’y a pas qu’en forêt que le préfet insiste sur la culture du risque : ceux qui ont des propriétés en lisière de forêts doivent respecter l’obligation légale de débroussaillement sur 50 mètres autour de toutes les habitations, dès lors qu’elles se trouvent à moins de 200 mètres de la forêt ou de la garrigue.

Une obligation mal connue qui amène souvent à débroussailler chez le voisin, comme le rappellera Alexandre Pissas, et donc pas toujours respectée. « Nous menons des actions de sensibilisation depuis des années, mais le nécessaire n’est pas fait partout, tempête le préfet. Nous allons être plus répressifs et publier une carte des communes vertueuses en octobre. »

La technique du « name and shame » en somme, ultime ressort pour faire bouger la centaine de maires, soit presque un tiers des édiles du département tout de même, qui n’ont pas encore engagé de stratégies de contrôle des obligations légales de débroussaillement. « En espérant que le malheur de ce week-end permette de tirer toutes les leçons », conclut le préfet.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

31 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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