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LES GARDOIS DE L’ÉTRANGER Cyril Carrère, vers le Japon pour une nouvelle page

Cyril Carrère et sa femme qui vient tout juste d'accoucher - Photo DR.

Chaque mardi de l’été, Objectif Gard vous propose de découvrir un portrait de Gardois(e) expatrié(e). Cette semaine, direction le pays de soleil levant, le Japon, avec la Caissarguais Cyril Carrère qui y vit depuis quelques années maintenant.

Il a grandi à Caissargues, est allé au collège de Bouillargues avant de rentrer au lycée Philippe Lamour puis d'intégrer l'université de Nîmes où il est sorti en 2007. Cyril Carrère a le cursus classique du bon petit gardois. Il est aujourd’hui au Japon, mais le pays du soleil levant n'est pas son coup d'essai. "J’ai quitté le Gard lors de ma dernière année d’études pour aller en stage à Lille. Là-bas, peu de temps avant la fin de mon stage de fin d’études, j’ai trouvé un job de l’autre côté de la Manche… près de Canterbury. J’ai vécu en Angleterre de 2007 à 2012. À l’époque, je faisais déjà de fréquents allers-retours vers la France. Je ne savais pas encore que j’allais remettre ça !"

Un amour éternel ?

Pourquoi le Japon ? Les belles choses et des envies d'ailleurs. "J’y suis allé la première fois en 2008, pour trois semaines. Je m’étais toujours dit que j’y ferais mon premier "gros" voyage après avoir bouclé mes études. Je suis tombé sous le charme de ce pays : la culture, le calme, la beauté du paysage et le contraste saisissant entre Tokyo, la plus grosse mégalopole du monde, et la campagne japonaise. J’ai aussi beaucoup aimé Kyoto et Osaka. Osaka me fait penser un peu au sud de la France, par bien des aspects, lorsqu’on la compare à Tokyo. "

La rivière Sumida et encore des cerisiers en fleur (Photo Cyril Carrère).

Cyril Carrère y retourne l'année suivante, puis celle d'après. Pour le plaisir mais aussi pour, coïncidence, le travail car sa compagnie y avait un bureau. Logiquement, des liens se créent et le petit français y prend goût. C'est là-bas qu'il rencontre sa femme (qui vient d'ailleurs de le faire papa). Elle le suit en France en 2012 du côté de Paris où le couple reste jusqu'en 2017 pour s'installer à Chiba, près de Tokyo, fin 2017.

"La vie ressemble beaucoup à celle d’expatrié que j’avais connue en Angleterre. Bien sûr, la culture, la langue et l’éloignement géographique et horaire accentuent le dépaysement. La vie est très calme au Japon. Le respect qu’ont les gens pour "l’espace vital" des autres fait partie des explications, tout comme leur propension à respecter les règles en toutes circonstances. La vie n’est pas aussi chère qu’on pourrait le croire. Les transports sont chers mais fiables. L’immobilier est aussi très cher dans Tokyo, mais une fois au-dehors, c’est tout à fait raisonnable. Pour le reste c’est sensiblement égal, voire moins cher que ce que j’ai connu en France ou en Angleterre. "

Une vie pleine à cheval sur deux continents

Alors pour ne pas avoir le mal du pays, Cyril revient deux à trois fois par an en France. Oui, le monsieur, en plus de s'expatrier, est en passe de devenir un auteur à succès. Pour la promotion de ses livres (thrillers), il a du mal à tourner la page. "C’est assez déroutant, notamment avec le décalage horaire et la sensation de ne pas avoir le temps de voir tout le monde, ni de faire tout ce que je souhaiterais, mais ça fait partie du jeu. J’essaie de rester proche de mes amis et de ma famille en dépit du grand décalage horaire (NDLR +7 heures en été, +8 heures en hiver – on ne change pas d’heure au Japon). Mais ce sujet touche à votre prochaine question, je crois…"

Extralucide en plus ! Venons à la manière de gérer tout cela. La famille ? Les amis ? La culture ? Comment un Français s'exile sans se couper de ses proches ? Vivement la technologie, la téléphonie, l'informatique et les messageries instantanées ! Quand il est 20h en France, il est 3h du matin au Japon. Cyril loupe donc pas mal de choses… "Côté culture, j’ai la chance d’être dans un pays où la France et les Français sont très appréciés. Il y a un quartier Français (iidabashi/kagurazaka) où se trouve notamment l’institut Français du Japon. Une grosse communauté francophone y vit et fait vivre notre culture tout au long de l’année. D’autres personnes contribuent à perpétrer notre culture, je pense à mon ami Julien Tirode de Bonjour Tokyo, qui possède un bar et organise régulièrement des événements pour les francophones de Tokyo et de sa région. "

Dans les rues de Tokyo la nuit (Photo Cyril Carrère).

Aujourd'hui Japonais jusqu'au bout de ses doigts, sans oublier son passé français, Cyril a dû s'adapter. Pour l'écriture, le calme et la sérénité japonaise doivent faire du bien. Visiblement, en tout cas pour l'auteur qui annonce que son bureau est partout autour de lui, il est toujours facile de se poser un instant, de ressentir un brin d'inspiration et de la coucher sur papier. Pour lui, la régularité compte. En fait, Cyril Carrère ne serait-il pas un peu Japonais sur les bords ? La France lui manque-t-elle ? "Le fait d’être éloigné du pays où sont publiés mes livres me tient à l’écart des polémiques et des soucis que je pourrais éventuellement rencontrer en étant en France. En gros, le Japon est une "bulle" où je peux donner libre cours à l’écriture sans problèmes. La France me manque, c’est certain. Tout dépend de quoi on parle. Au Japon, la ponctualité, le taux de criminalité extrêmement bas et le quotidien tranquille sont un atout certain. Les bons produits et les beaux paysages de chez nous me manquent beaucoup, mais ce qui me manque le plus, ce sont les gens. L’idéal serait de partager mon temps entre France et Japon, ça paraît compliqué, mais qui sait… ? Je sais que quoi qu’il arrive, je serai un peu plus présent l’année prochaine en France avec la sortie de mon prochain roman. "

Le manque comblé par la curiosité ?

Pour aimer le Japon et s'y sentir bien au point d'aller y vivre, il faut aimer l'histoire, aimer savourer la vie, aimer découvrir un nouveau monde, une nouvelle culture et décider un nouvel axe de vie. Mais cela demande aussi un travail sur soi. Allez, en étant objectif, Cyril Carrère fait le point. Niveau culture, il a ses chouchous mais sait aussi être honnête. "Je vais la jouer chauvin, mais le Gard, notre ville de Nîmes et ses arènes, notre pont du Gard, nos fêtes votives, surtout en cette période, et la Camargue me manquent. Après, la France est un pays aux multiples régions, cultures et paysages que beaucoup d’étrangers nous envient, notamment les Japonais. Passer du sud-est au sud-ouest, à la Bretagne, la Normandie, l’Alsace… Habiter loin me donne envie d’en profiter un maximum quand je reviens, même si c’est difficilement réalisable."

la tour de Tokyo (Tokyo tower, attention ce n'est pas Tokyo Skytree, qui est une autre tour Photo DR).

Et pour le Japon alors ? Que préfère-t-il ? Quel conseil donnerait-il à un Gardois qui aurait des envies de voyages ? "Côté Japonais, Tokyo regorge de beaux sites comme Asakusa et son temple, Tokyo Skytree, les grands parcs de Shinjuku, Ueno ou Yoyogi, le palais impérial et j’en passe… chaque quartier a sa propre identité et c’est très agréable. Aussi, été rime avec festivals de danse et musique traditionnelle, stands de nourriture locale, jeux… et feux d’artifice. C’est une période que j’apprécie beaucoup même s’il fait très chaud et surtout très humide par rapport à Nîmes ! Côté culture, j’ai encore plein de choses à découvrir, mais celle que j’aime beaucoup, c’est Hanami (NDLR regarder les fleurs), quand on pique-nique sous les cerisiers en fleur. On rejoint ses amis dans les parcs, on pose des bâches à même le sol, on amène à manger et à boire et on passe des heures en bonne compagnie, à s’amuser, jouer, chanter… C’est une très belle période. "

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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