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NÎMES Dix mois d’emprisonnement pour l’agresseur d’une jeune policière

Stanislas ValLat, procureur et une auditrice de justice (photo Franck Chevallier / Objectif Gard)

Ce matin, lors des comparutions immédiates au tribunal de Nîmes, s’est tenu le procès de celui qui était accusé d’avoir porté des coups à une jeune femme policière. Une affaire qui s’est déroulé la veille.

L’auteur Mohamed comparaissait pour violences sur une personne dépositaire de l’autorité publique, suivit d’incapacité n’excédant pas 8 jours et violences ayant entraîné une incapacité de travail n’excédant pas huit jours. Une dissociation voulu par le parquet (l’ensemble des magistrats du ministère public qui sont chargés de requérir l’application de la loi), qui a estimé que l’auteur ne savait pas au début de l’agression que la victime était policière.

L’audience était présidée par Jérôme Reynes, qui a questionné l’auteur pour essayer de comprendre si oui ou non, ce jeune homme de 21 ans né au Maroc et en situation irrégulière, comprenait le français. Un point crucial pour la suite de l’affaire, devant les dénégations de l’auteur.

Une jeune élève policière agressée

La lecture des faits est rapide, mais les faits sont violents. Ainsi, il est 4h20 le mercredi 21 août, quand une jeune femme, élève gardienne de la paix, se rend au commissariat pour prendre son service et réaliser sa première journée de stage. Elle croise un homme, qui lui demande « une clope », elle lui répond qu’elle ne fume pas mais aussitôt l’individu se jette sur elle. Elle esquive des coups, puis en reçoit d’autres, l’homme tente de l’étrangler, dans un réflexe elle se souvient d’un geste technique pour desserrer l’étreinte de son agresseur. Cela fonctionne, elle se débat, donne un coup de pied, de genou, tombe à terre. Attrape son téléphone et appelle les secours, finalement l’homme s’enfuit. Elle le reconnaîtra formellement peu de temps après lors d’une patrouille.

Dans son box l’auteur, regarde le sol, répond difficilement aux questions du président. Ce dernier lui demande alors de regarder la victime et de dire s’il la reconnait. Ce n’est pas le cas, il dit ne se souvenir de rien, qu’il avait bu ce jour-là. À quelques mètres de là, la jeune femme, en service, est dans son uniforme, tendue et très émue. À son tour le président la questionne et lui demande si elle reconnait formellement l’homme dans le box. Sa réponse est positive, elle est formelle. Comme pour faire un rempart son avocat, Jean-François Corral, vient alors s’asseoir entre sa cliente et l’accusé.

"J'ai eu peur de mourir sous ces coups"

Le procès s’est alors consacré sur un point important. Il s’agissait de savoir si Mohamed savait ou pas que la jeune femme était policière. « Je lui ai dit plusieurs fois. J’ai dit que j’allais appeler des collègues, que le commissariat était proche », explique la victime.

Pour la partie civile, maître Corral, ce dossier qui passe en comparution immédiate, aurait très bien pu avoir une issue plus dramatique. « Nous ne sommes pas face à un simple tabassage. La victime a pu repousser l’auteur, mais elle mettra du temps à s’en remettre. Le vol n’était pas le mobile, elle a vraiment cru qu’elle allait être violée et mourir lors de cette agression ».

La jeune policière a donc raconté cette agression à la fois spontanée, mais très violente. Elle explique les coups, la strangulation, parle de la détermination dont il fait preuve, de son acharnement sur elle. De ce sentiment de solitude, de peur de mourir en allant prendre son service que les coups ne s’arrêteraient pas. « Il voulait juste me frapper, encore et encore. Je savais que si je ne donnais pas l’alerte, je ne pouvais compter sur personne ».

L'auteur est reconnu coupable

Pour le procureur Stanislas Vallat, « les faits se justifient à eux même, la « clope » n’est qu’un prétexte », on comprend dans ses réponses que Mohamed savait que la victime était policière ». Il va donc requérir 2 ans d’emprisonnement et le maintien en détention.

Pour la défense, Ludivine Glories, estime que l’auteur s’exprime avec difficulté : « Je pense qu’il ne comprend pas tout, que ce soit dans notre langue ou dans la sienne. Je me demande si dans l’action, il avait compris qu’elle était policière, ce n’est vraiment pas certain. »

À l’issue du délibéré le président a reconnu Mohamed coupable, et le condamne à 10 mois d’emprisonnement avec mandat de dépôt. Il a aussi été relaxé dans la partie contraventionnelle de ce dossier, seule la partie délictuelle est retenue. Ce qui revient à dire que l’auteur savait que sa victime était policière.

Franck Chevallier

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7 réactions sur “NÎMES Dix mois d’emprisonnement pour l’agresseur d’une jeune policière”

  1. Marre de lire bien souvent : en situation irrégulière ! Bizarrement tous ces gens en situation irrégulière restent chez nous, avec tous les problèmes qu’ils posent. On n’est pas prêts de s’en sortir dans ce pays !

  2. Le fait qu’il sache ou non qu’elle est policière a-t-il la moindre importance ? Une personne subit une agression sans raison. Voilà l’important. Effectivement que fait il encore ici ?

  3. Bon courage à notre jeune collègue.
    Elle sera malheureusement confrontée a cette violence verbale et physique de maniere trop régulière.

  4. Merci Objectif Gard d’avoir exposés les faits de manière plus juste et réelle que dans votre précédent article ! Enfin un journaliste qui n’a pas peur de faire son métier et qui n’est pas influencé par les sujets dits « sensibles.
    Maintenant oui, 10 mois pour une tentative de meurtre ça reste bien trop peu…. Bon courage à la jeune policière et à tous ses collègues qui subissent cette violence gratuite tous les jours et qui sont tellement mal remerciés par rapport au métier qu’ils exercent…

  5. 10 mois de prison pour un salopard = cadeau, le procès s’est fixé sur une question mineure (savait-il qu’elle était policière), cela n’avait aucune importance, il a surtout agressé gratuitement une femme, des femmes que l’on ne respecte pas dans son pays d’origine, et là, est toute la question, la justice ne fait pas son boulot, il n’y a qu’a appliquer la loi des 3 coups comme au états-unis, avec des peine autrement plus sévére, est ce qu’il aurait agressé un policier d’un métre 90 et de 90 kg, surement pas, donc tout cela a pour base la lacheté de certains types pour s’en prendre au plus faible, pour moi c’était 3 ans de cabane au minimum.

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