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GARD Les agriculteurs parlent aux parlementaires

Élus de la Chambre d'agriculture du Gard et parlementaires gardois ont mangé ensemble et parlé des problèmes connus par les agriculteurs cet été (Photo Anthony Maurin).

L’agriculture, dans le Gard comme ailleurs, est le socle et le partenaire privilégié de la qualité alimentaire, de la transition énergétique et de l’aménagement du territoire. Cet été a été compliqué pour les agriculteurs gardois. Canicule, grêle, sécheresse, incendie… Les sujets n’ont pas manqué et les problèmes non plus.

C’est la raison pour laquelle, Magali Saumade, présidente de la Chambre d’agriculture du Gard, et ses élus ont rencontré les parlementaires du département. Six députés et trois sénateurs. Le député du Rassemblement National n’a pas répondu à l’invitation, Vivette Lopez, sénatrice, était représentée, Simon Sutour, sénateur, excusé. La députée Françoise Dumas sera quant à elle rencontrée plus tardivement. CETA accepté par les parlementaires et Mercosur rejeté, l’heure est plus au local.

Aléas climatiques sévères

« Nous voulions leur parler des aléas climatiques et des incendies de la saison. Nous voulions aussi discuter des restrictions budgétaires qui seront annoncées avec la prochaine loi de finance. Les parlementaires commencent à travailler dessus », affirme la présidente.

L'incendie de Générac cet été (Photo Anthony Maurin).

Un bilan assez exhaustif a été formulé. Toutes les surfaces étudiées, les filières analysées et les chiffres connus donnés. « Nous avons insisté sur la réactivité afin d’être au plus proche des agriculteurs dans ces moments difficiles mais aussi auprès des maires de Générac et de Vauvert. Le travail collégial entrepris a répondu aux attentes de manière rapide et efficace mais nous travaillons encore avec l’État pour en savoir plus sur les prochains dispositifs mis en place », brosse Magali Saumade.

Baisse des dotations et impacts

Justement, les budgets, parlons-en. Comme partout ailleurs, l’État s’apprêterait à demander de faire plus avec moins. La CA 30 ne flambe pas, elle est dans la moyenne française et fait même mieux. Avec 70 salariés, elle assume bon nombre de services. Des services qui ont tendance à s’élargir, pas comme le budget qui lui, devrait régresser. « Entre 5% et 15% donc, pour nous, un delta allant de 200 000 euros à 500 000 euros en moins sur un budget de 7,5 millions d’euros. Nous devrons choisir nos priorités si ces chiffres sont les bons », se désespère la présidente.

Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture et de l'alimentation (au centre) était présent à l'inauguration du Mas des agriculteurs à Nîmes (Photo Anthony Maurin).

L’État devrait baisser la taxe foncière sur le non-bâti. On parle de 0,6 euros en moins par hectare sur la facture du propriétaire. Pas grand-chose convenons-en. Une part nationale de cette taxe d'environ environ trois millions d’euros allait à la Chambre gardoise. Cette part n’a pas été réévalué depuis une grosse dizaine d’années. Vous voyez le problème arriver ? « C’est une incohérence totale ! Ça ne rapporte rien aux propriétaires (tous les propriétaires sont concernés, NDLR) et ça nous fait perdre du budget ! C’est une bonne chose de rencontrer les parlementaires pour le leur dire », ajoute Magali Saumade. Et la présidente de reprendre : « On ne peut pas être aussi mal considéré ! Ne pas augmenter notre budget serait une chose compréhensible mais nous le baisser ne l’est pas. »

Les attentes sociétales des Français sont élevées quand on leur parle de leur environnement, de leur santé et de leur assiette. L’agriculture aide à équilibrer de manière vertueuse ce trio magique qui a fait de la France un pays d’exception.

Situation générale

« Toutes les filières vivent une année compliquée. C’est un dur constat. Les vendanges ont commencé et je ne suis pas sûre qu’elles soient bonnes. Pour le fourrage, certaines zones perdent 50% et d’autres n’ont pas de deuxième coupe. Le retour des estives va être compliqué et le foin commence déjà à être donné aux bêtes ! L’année des céréaliers sera elle aussi très mauvaise, même pas à l’équilibre… Les ennuis des oléiculteurs sont proches de ceux des viticulteurs et nous avons des problèmes avec les pommes », liste la présidente de la chambre consulaire.

Pour les pommes, c’est la Pologne et ses toutes nouvelles centrales ultramodernes qui font du mal. Financées par des fonds européens, elles irritent les Gaulois. Mais revenons aux éleveurs. « On va vers une décapitalisation de cheptels notamment à cause du foin. Aujourd’hui, comment pousser un jeune à s’installer ? On ne nous soutient pas assez et les jeunes ne peuvent plus prendre ces risques pourtant. La sécurité alimentaire est en jeu », poursuit Magali Saumade.

Aide aux sinistrés et création d’un association

Les organisations professionnelles agricoles du département vont s’unir et fonder une association dont les statuts sont actuellement en cours de rédaction. Cette structure aura pour mission première de lever des fonds afin de venir en aide aux agriculteurs touchés par les divers aléas estivaux. « On sait qu’on peut trouver de l’argent. La personne qui a donné pour Notre-Dame peut le faire pour un agriculteur gardois non ? », s’interroge Jean-Louis Portal, élu de la Chambre. Début septembre, l'appel au don sera donc fait et la solidarité gardoise et française pourront être mises à l'épreuve.

Le Mas des Agriculteurs (Photo Anthony Maurin).

Le Mas des agriculteurs

« On est dans la vérité avec cette structure ! C’est de la proximité et on comprend pourquoi les Gardois y viennent aussi nombreux depuis l’ouverture. On enregistre entre 500 et 700 personnes au magasin chaque jour », note Magali Saumade.

Fin septembre, la boucherie du Mas devrait ouvrir et laisser apparaître sur ses étals quelques merveilles pour carnassiers épanouis. Dans la foulée et pour passer de l'étal à la table, le restaurant tant attendu fera lui aussi son apparition à la fin du mois d’octobre. Le drive, pour les anglophiles désireux de rapidité, sera disponible d’ici deux mois maximum et la grande inauguration de l’ensemble serait pour la fin de l’année, novembre en toute vraisemblance.

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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