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FAIT DU JOUR Abder Ramdane : « En sortant des vestiaires, j’avais des frissons »

Abder Ramdane est désormais entraîneur adjoint du SC Amiens (Photo via MaxPPP)

L’ancien attaquant du Nîmes Olympique est aujourd’hui l’entraîneur adjoint du SC Amiens. Il revient pour la première fois au stade des Costières. L’occasion de se replonger dans l’épopée des Crocos en coupe de France en 1996.

Plus de vingt ans après votre départ vous revoilà au stade des Costières...

C’est même la première fois que je vais affronter le Nîmes Olympique. Cela fait bizarre. Je suis très heureux de retrouver cette ville et de revoir mes amis. J’en aurai beaucoup dans les tribunes.

Cela va réveiller beaucoup de souvenirs ?

Oui et non, car il y a tellement de temps qui est passé. Mais Nîmes, c’est ma ville. C’est là où je suis né et c’est mon club de cœur. J’y ai commencé chez les moins de 17 ans et j’ai monté les échelons avec monsieur Salaber. Après j’ai eu René Girard, Pierre Barlaguet et René Exbrayat.

Vous souvenez-vous de votre premier match ?

Oui, c’était au stade des Costières contre Laval (le 30 octobre 1993, en D2, NDLR). Nous avions gagné 4-0 et notre entraîneur était René Exbrayat.

« Le but en demi-finale n’est pas le plus beau souvenir »

Quels sont les Crocos que vous trouviez les plus forts à l’époque ?

Il y en a plusieurs. Je pense à Christian Perez, avec son expérience. Il y avait Nicolas Marx qui était au-dessus du lot. Sans oublier Hassan Kachloul et Didier Martel qui avaient des très grosses qualités.

Vous êtes immanquablement associé à votre but contre Montpellier, en demi-finale de la Coupe de France 1996. C’est un moment fort de votre carrière ?

Bien sur que ça a été un moment particulier pour tous les supporters Nîmois. Mais je n’ai pas fait que ça. C’est beau et ça le restera, mais le but contre le MHSC n’est pas mon plus beau souvenir.

Quel est donc votre meilleur souvenir de footballeur ?

Il y a la participation à la Coupe d’Europe avec Fribourg. Toujours avec ce club, il y a la remontée en Bundesliga. J’ai marqué contre le Bayern pour mon premier match en D1 allemande. Deux ans en Bundesligua (La Ligue 1 allemande, NDLR), c’est plus beau qu’un but en demi-finale de la Coupe de France.

« C’est gravé à jamais dans ma tête »

Et avec Nîmes ?

Le mur rouge que constituait les supporters nîmois au Parc des Princes pour la finale de la Coupe de France 1996 face à Auxerre. Quand je suis sorti des vestiaires et que je les ai vu j’en avais des frissons. C’était vraiment exceptionnel et c’est gravé à jamais dans ma tête.

Que vous a-t-il manqué pour remporter cette finale ?

Il y avait déjà la qualité de l’adversaire qui était champion de France. Il ne faut pas oublier qu’il y avait dans cette équipe Lilian Laslandes, Laurent Blanc, Taribo West qui étaient physiquement au-dessus de nous. Et techniquement, il avait Moussa Saib et Sabri Lamouchi. On pouvait être au niveau une partie de la rencontre, mais pas tout le match. Il n’en reste pas moins que ne pas avoir gagné cette coupe est le plus gros regret de ma vie.

Qui sont les entraîneurs nîmois qui vous ont le plus marqué ?

Émilio Salaber m’a fait comprendre ce qu’était le métier de footballeur. Mais celui qui m’a le plus marqué, c’est Pierre Barlaguet. Avec son art de communiquer et de faire passer les choses. Avec Pierrot (Barlaguet) ou même avec René Girard, on pouvait parler. Ils nous expliquaient les choses clairement. Quand il fallait donner des coups de pieds au cul, ils les donnaient, mais ils savaient aussi nous féliciter quand il le fallait.

« J’étais un petit branleur »

Avez-vous changé depuis vos années nîmoises ?

Oui, beaucoup. Quand je suis parti, j’étais un petit branleur. Je faisais mon métier de façon désinvolte. Aujourd’hui, je veux gagner tous les matches, même les rencontres amicales.

Avez-vous gardé le contact avec les Crocos de votre génération ?

Oui, avec Nicolas Marx, Johnny Ecker qui sont des amis. Il y a aussi Ludovic Gros et Anthony Vosahlo. Et bien sûr Youssef Bouzar, qui est mon meilleur ami. On a grandi ensemble au Nîmes Olympique mais notre amitié dépasse le cadre du foot.

Avec l’épopée en Coupe de France aviez-vous reçu des propositions d’autres clubs ?

Je devais partir à Nantes mais Coco Suaudeau a tout annulé. C’est ma faute, je l’avoue, car mon style de vie à Nîmes n’était pas adéquat avec les exigences du football professionnel. Heureusement que je suis parti en Allemagne pour apprendre le métier de footballeur professionnel.

Ramdane (2e en partant de la gauche) en 2001 avec Fribourg (Photo via MaxPPP)

Dans le futur, un retour au Nîmes Olympique est-il envisageable ?

Bien entendu. J’ai eu des périodes dans ma carrière où je n’avais pas de travail. J'ai essayé de me rapprocher du Nîmes Olympique mais ça n’a jamais été concluant. Mais il ne faut jamais dire jamais. Peut-être qu’un jour je me retrouverais sur le banc de Nîmes comme adjoint ou entraîneur en chef. C’est une idée très envisageable et très belle.

Comment jugez-vous le début de saison des Crocos ?

Il est étonnant car ils ont perdu beaucoup de joueurs. Ils ont un staff très compétent. J’ai regardé leurs matches et ils ne méritaient pas de perdre contre Saint-Étienne et Montpellier. Je pense qu’ils ont les moyens de se maintenir en Ligue 1 tranquillement.

Propos recueillis par Norman Jardin

 RAMDANE Abder

Né le : 23 Février 1974 à Nîmes. Poste : Attaquant. Formé au Nîmes Olympique. Premier match et premier but : 30 Octobre 1993 en Division 2 (Nîmes - Laval 4-0)

CARRIÈRE DE JOUEUR

1993-96 : Nîmes Olympique, 1996-97 : Le Havre, 1997-98 : Nîmes Olympique, 1998-99 : Hansa Rostock (Allemagne) et 1999-05 : Fribourg (Allemagne)

CARRIÈRE D’ENTRAÎNEUR

2006-07 : Borusia Mönchengladbach U20 (Allemagne), 2007-08 : Panionios (Grèce) adjoint, 2009-10 : TSV Munich 1860 (Allemagne) adjoint, 2009-10 : Olympiakos (Grèce) adjoint, 2010-11 : Arminia Bielefeld (Allemagne) adjoint, 2013-14 : Otelul Galati (Roumanie) adjoint, 2014-19 : FC Sankt-Pauli (Allemagne) adjoint, 2019-20 : Amiens SC (France) adjoint.

 PALMARÈS

 1995-96 : Finaliste de la Coupe de France 1996 (avec Nîmes contre Auxerre 1-2)

2002-03 : Champion de Bundesliga 2 en 2003 avec Fribourg

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