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MERCREDI CULTURE Skip The Use : concert événement !

À Paloma vendredi 29 novembre, à 20h.

Yan Stefani et Mat Bastard reviennent plus fort (crédit OJOZ)

Trois années d’absence. Autant dire une éternité. Pour les fans et les autres.

Élément important de ce nouvel album de Skip The Use "Past & Future", sorti le 18 octobre chez Polydor, le temps (et ce que l’on en fait) file aujourd’hui à toute allure, réseaux sociaux et écrans noirs : la donne a changé. Un concert événement à ne pas manquer que l'on soit rocker ou pas !

Matt Bastard et Yan Stefani n’ont pas disparu depuis 2016, date de cette séparation qui n’en a jamais été vraiment une. Ils ont travaillé, dur, à distance. En solo pour Mat, côte ouest, États-Unis. En groupe avec The NoFace pour Yan.

Ce n’est ni un remix, ni une reformation, ni une dernière chance. Non. C’est une amitié consolidée, une envie brûlante d’en découdre avec les clichés et les certitudes. Surtout, le besoin d’édifier une passerelle temporelle entre hier et demain, pour mieux fédérer les coeurs et rapprocher les générations.

Ce disque est à la fois une main tendue, un poing serré, un sourire en coin, un club en fusion et une virée électrique qui ne fait pas de prisonnier. L’identité de Skip The Use, faite depuis toujours d’éclectisme, de passion, d’indépendance forcenée et de brassage sans frontière semble s’être renforcée.

Ici, elle explose, elle vibre, elle ondule avec une rage et une énergie proprement démentes. Rock, metal, punk, pop, trap, hip hop, électro ? On s’en fout rapidement. On comprend que le groupe nordiste préfère, aux restrictions idiotes, la liberté sans filet. C’est probablement pourquoi le groupe a décidé de produire lui-même cet album. Pour s’assumer pleinement et ne se cacher derrière aucun paravent trompeur. Il n’y a que le temps et l’expérience qui soient capables de ça.

“Past & Future” ne s’apitoie jamais. Il refuse la déprime, le cynisme. Bien au contraire même. C’est un disque qui monte au front, qui veut tout emporter sur son passage. Skip The Use est prêt, impatient même. C’est la très bonne nouvelle de cette année.

Tous les voyants sont au vert pour le concert soit un grand moment. Skip the Use n'en est pas à sa première visite à Nîmes. "Les Arènes, c'était énorme, se souvient Mat. Vraiment impressionnant et enrichissant." Là on va les retrouver sur la scène de Paloma qu'ils connaissent aussi très bien pour y avoir fait une résidence.

Si on demande à Mat ce qui a changé chez Skip The Use, sans l'ombre d'une hésitation, il affirme "on a acquis de l'expérience ce qui nous permet d'aller beaucoup plus loin en live. Mais l'esprit est toujours le même. Skip the Use, c'est Yan et moi et ça ne changera pas. Aujourd'hui, la différence c'est que c'est nous en plus grand !"

Véronique Palomar Camplan

Mat et Yan sans tabou

Mat : Avant de parler de ce qui nous a poussé à nous y remettre, il faudrait parler peut-être de ce qui nous a poussé à arrêter à l’époque. Dans le groupe, on a toujours tout fait d’abord à deux. Ça, on ne l’a jamais vraiment dit mais c’était le cas. Skip The Use, ce n’est pas que la musique, composer et écrire des textes, non. Il faut gérer tout un ensemble très vaste, avec donc les disques mais aussi les concerts, la promo, les visuels. Et pour nous deux, ça a toujours représenté 300% de nos vies, le groupe, on a tout donné, pendant dix ans, on a tout donné ! Ce break, parce qu’il s’agissait plus d’un break que d’une vraie séparation, c’était un besoin de respirer, d’apprendre de nouvelles choses. On l’a fait et maintenant, on peut retourner à Skip The Use. En travaillant différemment, en apprenant à s’aménager des périodes où l’on peut travailler sur d’autres choses, ensemble ou séparément, en parallèle. Ça peut être de la prod, de la musique du film, être acteur. Yan a monté son label, Vanille Records, moi, j’ai ma boîte d’édition. On évolue, on grandit encore, on progresse. C’est quand même le plus important, non?

Yann : On a décidé de repartir pour un tour vers décembre 2017. On s’est juste appelés, on s’est vus, on a discuté. Une discussion d’abord informelle. On a fait le point. On a évoqué de bons souvenirs pour finir par se demander comment repartir avec Skip The Use, sur quelles bases…

Mat : Moi, souvent, aux États-Unis, je me disais: “Oh, Yan serait trop content de travailler avec ce mec-là, de partager avec moi telle ou telle situation.” Quand c’est comme ça, c’est que le moment est venu de s’y remettre sérieusement. Et sérieusement est encore un euphémisme! Past & Future, enregistré à Proville, dans le "Hangar à sons", avec Bertrand Charlet aux manettes (et qui est en charge du son du groupe sur scène) et avec Enzo Gabert (batteur) et Nelson Martins (basse), qui accompagnaient déjà Mat sur scène, est un disque de combat et de constat, une collection de chansons qui privilégient, aux mouvements de masse, un individualisme salvateur. Skip The Use n’a jamais été un adepte des slogans réducteurs. Il a toujours cru en l’homme, dans sa capacité à décider de son destin par et pour lui-même et ce disque parle aussi beaucoup de ça. Des femmes également, celles que l’on aime et celle que l’on ne supporte plus. C’est un disque qui relie analogique et numérique, qui honore la transmission, cette soif de ne pas oublier pour mieux écrire l’avenir. On adore plein de nouveaux trucs mais on est aussi vraiment désolé pour tous ces mômes qui n’ont pas eu la chance de connaître Nirvana. Il s’agit de ça. Pas d’une nostalgie rance. Jamais. Mais bel et bien du désir de prolonger l’aventure, pour eux et pour les autres. Et avant même de sortir le disque, Skip The Use a décidé de repartir en tournée. Il ne pouvait en être autrement.

Yann : C’était pour que les nouveaux mecs dans le groupe prennent leurs marques, pour se remettre dedans aussi. La scène, c’est notre ADN. On s’est fait grâce à elle. On vient de là et c’est là qu’on a envie de baffer tout le monde (rires). Ça, ça ne changera jamais. Et puis, les concerts, il n’y a rien de mieux pour te redonner l’énergie nécessaire. C’est un boost incroyable.

Mat : Et franchement, la réaction du public, super ! Là, quand on joue “Damn Cool”, c’est la guerre (rires) ! C’est génial. Tous les soirs, c’est la guerre. De voir 2 000 gamins qui ne connaissent pas vraiment nos chansons d’avant s’éclater pendant tout le concert, c’est… Ouais, c’est une vraie cure de jouvence.

Les adolescents d’hier sont aujourd’hui père et mari. Les responsabilités ont glissé vers un autre horizon. Et les nouvelles chansons y ont gagné en efficacité, en lucidité, avec toujours la même hargne, la même ardeur lorsqu’il s’agit d’enflammer le public. Le groupe a bossé sur plusieurs titres avec l’Américain Neff-U (Dr Dre, Eminem), pote de Mat, a invité au micro Lia-Jane Gitlis (celle qui avait chanté déjà sur “Stand As One”) et Maelis, la fille de Bertrand Charlet. C’est un disque de famille, d’amis, de clan. C’est un disque qui va indiquer un avant et un après, indéniablement. “Cali”, ménage à trois entre Mat, Yan et Neff-U, navigue entre le réel et l’irréel, elle chante le fantasme californien, ce qui est et ce qui semble être, ce sont des guitares abrasives, des riffs metal, c’est hybride et diablement cohérent, c’est Skip The Use aux sommets de sa forme! Tout comme “Damn Cool”, véritable catalyseur, indice du renouveau, le titre qui a peut-être montré le chemin. Avec son refrain de vertige. “Du Bout des Doigts”, en français, chante les réseaux sociaux et tente de faire la différence entre virtualité et réalité, haine anonyme et chair bien vivante.

Etiquette

Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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