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NÎMES Les ventes des biens communaux font parler

Le Conseil municipal du 16 novembre (Photo Anthony Maurin).

Comme partout ailleurs, Nîmes vend des biens communaux pour éviter les frais et redonner un coup de vert aux finances de la cité.

Dans le cadre de la rationalisation de son patrimoine immobilier, la ville de Nîmes a décidé de proposer à la vente certains de ses biens immobiliers. Un bien situé au 12 rue Rangueil mais aussi d’autres un peu plus réputés dont un, l’hôtel Boudon, présentant un intérêt patrimonial. Un cabinet médical sera installé au rez-de-chaussée, la Mairie aurait obligé l'acquéreur sur demande du Comité de quartier.

En février 2019, deux nouveaux biens ont fait l’objet d’une mise en vente avec publication nationale et appel à projet. L’immeuble cadastré EY831, sis 2 et 4 rue de Bernis, a été mis en vente au prix de 920 000 euros. Il est composé de deux corps de bâtiments autonomes, l'ensemble étant unifié par le traitement des façades. Une vaste cour interne. Cette division semble voulue dès le 18e siècle, les deux entrées et les escaliers d'honneur datant de cette époque. La parcelle comprend également une vaste « cour », ou jardin, qui en occupe presque toute la partie ouest.

Un projet culturel

C’est le projet du Groupe François 1er (représenté par Christophe Barille) qui a été retenu par la Ville. « Ce dernier réalise une parfaite préservation du bien existant tout en mettant en valeur ses atouts patrimoniaux et permettra aux nîmois de continuer à profiter de ce lieu magnifique. Cette offre est faite au prix de 1 260 000 euros » note Camille Delran élu de la Ville.

La pluie, parfois, empêche d'ouvrir certaines portes. ici, à l'hôtel Boudon, c'est encore différent. Inoccupé depuis quelques mois, il tombe peu à peu en décrépitude..Ici lors d'une visite avec l'Office de Tourisme. (Photo Archives Anthony Maurin).

Le projet consiste en une restauration soignée et de grand standing, comprenant un projet culturel global et la réalisation de 14 appartements en accession. Le projet culturel, principalement prévu au rez-de-chaussée, prévoit une place importante à la culture et l’art culinaire – concerts lyriques, soirées lectures, théâtre, danse, jazz ….. des artistes s’approprieront les murs le temps d’une soirée. Une résidence de chefs, lesquels se succéderont, assurera une restauration locale et de qualité.

Le jardin arboré, ouvert au public, accueillera des sculptures contemporaines pensées pour s’inscrire dans l’hôtel historique. Une partie du premier et second étage seront consacrés à des expositions d’art contemporain. Aux étages, 14 logements de grand standing du T1 au T3, en accession.

Comme Colomb de Daunant ?

Pour Catherine Bernié-Boissard, élue de l’opposition, « Je vous ai adressé un courrier resté sans réponse le 7 octobre dernier. Acquis sous la municipalité Jourdan en 1980, classé aux Monuments historiques, l’Hôtel Boudon aurait été vendu au groupe François 1er de l’acteur Marc Lavoine. Chat échaudé craint l’eau froide, nous nous rappelons l’hôtel Colomb de Daunant devenu un banal ensemble immobilier. N’oublions pas le cas de l’hôtel Chouleur quant à l’hôtel de l’Horloge, il a fait l’objet d’un bail commercial pour la marque Souleiado. Les prochains biens seront-ils la Maison de l’avocat des pauvres ou encore l’hôtel Séguier ? Prétendons-nous toujours au classement à l’UNESCO ? »

« C'est un très bel immeuble qui coûtait cher en réhabilitation. Quatre projets étaient présentés, celui-là était le meilleur avec le rez-de-chaussée ouvert au public, l'aspect culturel et des logements de qualité. Nous avons fait un petit jury et François 1er a remporté la vente. Réjouissons-nous de cette délibération, on est largement au-dessus, 300 000 euros, du prix des Domaines » lance le maire Jean-Paul Fournier.

Pour Sylvette Fayet, de l'opposition de gauche, « On m'a dit que des clauses particulières assureraient la pérennité de l'accès au public à cet hôtel particulier, je ne les vois pas ! Certains autres très beaux hôtels sont fermés au public et les guides conférenciers ont de plus en plus de mal à les faire visiter... Ne privons pas les Nîmois et les touristes de leur patrimoine ! »

« J'entends les amis de gauche parler de privatisation... Les collectivités ont moins d'argent, il faut être lucide. J'aimerais que le patrimoine reste propriété de la Ville mais nous ne pouvons pas le conserver. Je me félicite que vous fassiez des ventes avec appels à projets pour mettre en concurrence les acquéreurs. Il est nécessaire d'aller chercher l'argent là où il est ! » conclut Yoan Gillet du RN.

L'école primaire de Casteanet (Photo DR).

Autre vente, celle d’un immeuble dit « Tête de réseau » qu’elle a fait construire en 1987 par Jean Nouvel et dénommé « le Cube ». La vente sera attribuée à l’Association des Parents et Amis des Enfants Handicapés Moteurs et l’institut médico-éducatif pour 220 000 euros.

Castanet et sa crèche Montessori

La commune de Nîmes a vendu un dernier bien situé au 98 de la route de Sauve. L’immeuble objet des présentes correspond à une partie de la parcelle occupée par l’école primaire du Castanet. Il s’agit d’un bâti d’environ 520 m². Lors de la vague neuf de vente des biens de la Ville, cet immeuble n’avait pas trouvé acquéreur.

En effet, les règles d’urbanisme et la législation liées à l’école sont trop contraignantes et par conséquent la création de logements est rendue impossible. Dès lors, un autre projet a été proposé à la Ville, parfaitement en adéquation avec le bien et sa configuration et satisfaisant à un réel besoin économique et social. Aussi, messieurs Chabanel et Combes ont fait part de leur intérêt pour ce bien dans le cadre de leur recherche d’un lieu permettant l’ouverture d’une crèche de 20 places ainsi que d’un cabinet médical.

Leur projet s’inscrit dans un partenariat avec le réseau Heididom, 1er réseau de crèche Montessori en France. Un accord a été trouvé au prix de 320 000 euros. L’acquéreur a accepté de prendre à sa charge la démolition d’un appentis situé côté cour à l’arrière du bâtiment, sur une partie qui lui est cédée.

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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