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LE 7H50 de Julien Plantier : « Je n’en veux pas aux communes de l’Agglo mais uniquement à son président »

Julien Plantier, adjoint aux sports de la ville de Nîmes (Photo : Corentin Corger)

Julien Plantier, adjoint au Sport à la ville de Nîmes ne mâche pas ses mots face à la gestion Lachaud à l'Agglomération de Nîmes depuis six ans. Pourtant, il se défend d'être dans une opposition systématiquement négative. Il nous explique tout cela dans le 7h50.

Objectif Gard : Pourquoi êtes-vous autant remonté contre la gestion de Nîmes Métropole par Yvan Lachaud ?

Julien Plantier : C'est le moment de faire le bilan de cette politique. Les six ans de mandat sont en passe de se terminer. Et la première constatation, c'est que durant toute cette période, la place de la ville centre a disparu au sein de l'Agglomération de Nîmes. On peut considérer qu'Yvan Lachaud a pratiqué une forme de discrimination positive pour les communes de Nîmes métropole au détriment de Nîmes. L'illustration la plus parfaite étant les fonds de concours. Est-ce à vocation communautaire de refaire la façade ou de changer le chauffage d'une mairie ? Je ne le crois pas. Il faut un véritable plan d'action, respectant un maillage territorial cohérent et adapté aux enjeux économiques de l'Agglo.

Vous ne pouvez pas reprocher à l'Agglo d'avoir accompagné des projets structurants pour les communes qui la composent...

Mais je n'en veux pas aux communes de Nîmes métropole mais uniquement à son président qui a relégué Nîmes au second plan. Cette solidarité envers les autres villes avait pour but de les opposer à Nîmes. Il est important de rappeler que la ville de Nîmes rapporte 65% de recettes fiscales à l'Agglo. On ne peut pas dire que cette apport financier soit réinjecté à sa juste mesure pour Nîmes.

Votre opposition s'est à nouveau illustrée ce lundi soir. Vous avez voté contre le budget 2020...

On a voté contre le budget, mais comment faire autrement ? On a aujourd'hui un endettement de plus de 500 millions d'euros quand, en 2014, au moment où Jean-Paul Fournier a remis les clés de l'Agglo, l'endettement était de 180 millions d'euros. Les capacités financières sont réduites aujourd'hui. Et demain, le successeur d'Yvan Lachaud n'aura plus aucun levier financier. Il va falloir faire appel à de l'emprunt ou augmenter les impôts. C'est ça les solutions ?

Dans le même temps, les dépenses de fonctionnement ont baissé durant la mandature. Les économies sont là, non ?

De façon factuelle, les dépenses de fonctionnement ont baissé effectivement. Mais uniquement parce que les travaux ont été stoppés. Les professionnels du bâtiment se retrouvent cette fin d'année dans une situation dramatique. Ils ne sont plus en capacité de travailler.

Il n'y a donc rien de bon dans le bilan de Nîmes métropole ces six dernières années ?

Où sont les résultats ? L'extension de l'hôtel communautaire qui a coûté 10 millions d'euros, rien de plus. Sinon, les projets à l'initiative de Jean-Paul Fournier qui ont abouti, certes, mais ils ne sont pas à la gloire d'Yvan Lachaud. On nous annonçait 1 300 étudiants à l'EERIE après un investissement de 15 millions. Ils sont 300. Le Cadref devait venir. Ils ont renoncé. Et des écoles ferment même leurs portes. Pour Magna Porta, la facture est de 40 millions d'euros et les demandes administratives pour anticiper la création d'une zone d'activité n'ont même pas été réalisées. Il faut trois ans pour l'obtenir. C'est trois ans de perdu. On va inaugurer la gare de Nîmes - Pont du Gard dans quelques jours avec aucun projet économique et sans troisième voie ce qui empêche la liaison avec le centre de Nîmes. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? J'en ai assez ! La prochaine majorité qui va hériter de ce bilan aura du pain sur la planche.

Pour vous c'est donc six ans de perdu ?

Il y a eu beaucoup de communication, d'effet d'annonces mais aucun acte politique fort, aucune traduction concrète. Je pourrais parler de T1 Sud qui va permettre de désengorger le sud de la ville mais où est le tracé sur Hoche ? Encore une fois, nous ne sommes pas dans une opposition politicienne mais constructive. D'ailleurs, les premières années, nous avons votés favorablement 95% des délibérations. Prenez l'école de cuisine de Thierry Marx. Nous nous sommes jamais opposés à sa venue mais uniquement à son lieu d'implantation. D'ailleurs, le dialogue est ouvert. Franck Proust a participé récemment à une réunion sur le sujet à l'Agglo.

Que proposerez-vous aux habitants du territoire si en 2020 la Droite nîmoise à nouveau à la tête de Nîmes métropole ?

Nous ne pratiquerons pas la politique du clientélisme et de l'opportunisme, c'est certain. Nous devrons avoir un débat avec l'ensemble des communes. D'abord savoir si nous passons en communauté urbaine et les conséquences de cette décision. Ensuite, comme durant les 12 ans de mandat de Jean-Paul Fournier à la présidence de l'Agglo, nous travaillerons dans la concertation avec les mairies concernées et volontaires. L'ambition devra être portée pour le développement de Nîmes. Quand la ville centre se développe, ce sont toutes les communes autour qui en profite. Il faudra enfin mettre sur la table tous les projets structurants comme les transports, le développement économique. En somme un véritable projet de territoire loin de l'enfumage politique et tourné vers la réalisation concrète.

Propos recueillis par Abdel Samari

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Abdel Samari

Créateur d'ObjectifGard, je suis avant tout passionné par les médias et mon département. Ce qui me motive chaque jour : informer le plus grand nombre sur l'actualité du Gard ! Pari tenu ?

2 réactions sur “LE 7H50 de Julien Plantier : « Je n’en veux pas aux communes de l’Agglo mais uniquement à son président »”

  1. « les dépenses de fonctionnement ont baissé effectivement. Mais uniquement parce que les travaux ont été stoppés. »…. Il ne faudra pas nommer Monsieur PLANTIER aux finances… Ce n’est pas son truc. L’arrêt des chantiers peut avoir un impact sur la réalisation des investissements, et donc sur la dette, mais en aucun cas sur les dépenses de fonctionnement……

  2. Ouïe
    – Un docteur en droit public qui confond dépenses d’investissement et dépenses de fonctionnement ? Bravo
    – « Nous ne pratiquerons pas la politique du clientélisme et de l’opportunisme, c’est certain. » …. Vous pouvez nous la refaire sans trembler des genoux celle là ?

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