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FAIT DU JOUR Vincent Bracigliano, ex-Crocodile : « À Jean-Bouin, j’ai pris des coups dans la tronche ! »

L’ancien milieu de terrain a passé trois saisons au Nîmes Olympique et quatre au FC Nantes. Même si son expérience avec les Crocos ne lui laisse pas un très bon souvenir, il a adoré la qualité de la vie dans le Gard.

Vincent Bracigliano (à droite) lors de sa période Nîmoise aux côtés de Didier Combe (photo archives personnelles Didier Combe)

Entre 1989 et 1992, Vincent Bracigliano a porté le maillot de Nîmes Olympique avec plus ou moins de bonheur. Aujourd’hui restaurateur à Nantes, il revient sur cette période, sportivement difficile mais humainement enrichissante.

Objectif Gard : Quel souvenir sportif gardez-vous de votre passage au Nîmes Olympique ?

Vincent Bracigliano : Cela ne s’est pas très bien passé. Il y a eu tellement de chamboulements dans le club que je pense que les joueurs en ont pâti.

Dans quelles circonstances aviez-vous signé à Nîmes ?

J’étais en fin de contrat à Nantes. Plusieurs clubs m’avaient approché, dont monsieur Bousquet le président de Nîmes à l’époque. Je n’avais pas d’agent et j’ai rencontré les dirigeants Nîmois à Paris et j’ai signé directement un contrat de quatre ans.

Passer de Nantes en D1 pour Nîmes en D2, c’était tout de même risqué...

Je n’ai pas eu de bol car à 30 ans je me suis blessé à un ligament croisé. Dans un premier temps, le FC Nantes m’a fait une proposition pour me garder, mais ils étaient aussi sur Paul Le Guen. Il m’ont fait comprendre que si je partais, ce n’était pas grave. La D2 ne me plaisait pas trop, mais Nîmes avait l’ambition de monter en D1. Je me suis dit « pourquoi pas ? ». Jean-Marc Desrousseaux, que je connaissais, était à Nîmes et il m’en avait dit le plus grand bien.

« À Nîmes, c’est l’individualisme qui primait »

Vous avez senti la volonté de monter en D1 quand vous êtes arrivé ?

Oui, il y avait une dynamique et le stade des Costières était tout neuf. À mon arrivée tout s’est bien passé, ça s’est ensuite dégradé, mais c’est comme ça. C’est la vie. J’arrivais d’un club où le collectif primait, mais à Nîmes c’est l’individualisme qui primait.

Avez-vous joué lors de la saison de première division ?

Non, pas du tout. Le coach préférait Jean-Claude Lemoult. Au milieu de terrain il y avait aussi Philippe Vercruysse et Gérard Bernardet. Il fallait entrer dans les papiers et je n’y étais pas.

Vincent Bracigliano (photo facebook)
Vincent Bracigliano suivra attentivement le match entre Nîmes et Nantes (photo facebook)

Quels sont les Crocodiles dont vous vous rappelez ?

Jean-Louis Zanon, Éric Bellus et Alain Espeisse. Nous avions une équipe très solide. Avec Bernard Boissier, ça s’est moyennement passé. Après il y a eu l’Argentin Daniel Roméo. Il avait d’autres exigences, ça ne s’est pas trop mal passé. Mais après il y a eu beaucoup de changements et de joueurs qui sont arrivés : Laurent Blanc, Eric Cantona et Philippe Vercruysse...

« Nîmes est une ville magique »

Avez-vous gardé le contact avec certains d’entre eux ?

Je n’ai pas vraiment gardé des contacts, mais cela m’est arrivé d’en croiser. J’ai revu Frédéric Arpinon il n’y a pas longtemps. Sinon j’ai vu Alain Espeisse. À l’époque c’étaient des jeunes du club qui sortaient du centre de formation. Ça c’était bien passé avec eux.

Votre acclimatation à Nîmes a-t-elle été facile ?

Ça a été un énorme changement pour moi qui venais de Nantes, mais en termes de public et de vie, je me suis régalé. J’ai adoré. Nîmes est une ville magique. Elle a des surprises à tous les coins de rue. L’Écusson est génial, et puis il y a les arènes. Je ne suis pas forcément fan de corrida, mais il y une vie tout autour qui est aussi fantastique.

Vincent Bracigliano (photo Facebook)
L'ancien Croco tape encore parfois dans le ballon (photo facebook)

Vous habitiez dans le centre de Nîmes ?

Non à Cabrières et il y avait la garrigue juste à côté. C’est vraiment une région que je conseille à tout le monde. Il y a une qualité de vie extraordinaire.

« Là, j’ai compris ce que c’était de venir dans un stade difficile ! »

Donc vous ne regrettez pas votre passage dans le Gard ?

Footballistiquement je suis un peu vexé. Après j’arrive à relativiser, je peux comprendre. J’étais en fin de carrière et à cet âge on a toujours tendance à reprocher les choses à un tas de personne parce qu’on se regarde plus soi-même, peut-être. Quand il m’arrive de parler de ma carrière, je mets un bémol à Nîmes. Je dis que c’est dommage, que ça s’est mal passé. Ça a rendu ma fin de carrière un peu merdique.

Comment définiriez-vous le Nîmes Olympique ?

Pour moi, c’est cet engouement du public, avec les joueurs et un jeu collectif avec une volonté de se surpasser. C’est ce que j’ai connu quand avec Metz je venais affronter les Crocodiles au stade Jean-Bouin. Il y avait une âme collective. C’est ce que j’aurais aimé retrouver quand j’ai signé à Nîmes. Ce n’est pas ce qui s’est passé et je l’ai mal vécu.

Vincent Bracigliano dans ses "jaunes" années (photo via MaxPPP)

Le stade Jean-Bouin avait la réputation d’être difficile pour les équipes visiteuses. Vous le confirmez ?

C’était une catastrophe ! (Il éclate de rire). Pour mon premier match en professionnel, j’ai joué à Jean-Bouin. Je suis rentré pour remplacer l’attaquant Bernard Zenier qui était sorti sur blessure. Le coach me fait jouer en 10. Sur mon dos j’avais René Girard, et quand j’entrais dans la surface de réparation j’avais Bernard Boissier et Denis Jouanne. Là, j’ai compris ce que c’était de venir dans un stade difficile !

« J’aurais adoré jouer au Nîmes Olympique d’aujourd’hui »

Que s’est-il passé ?

J’ai pris des coups de poings dans la tronche et dans le ventre. Il n’y avait pas de retenu de leur côté et ça m’a donné une bonne leçon. Jean-Bouin c’était très très chaud, mais en même temps ça faisait partie du folklore. Je ne regrettais pas d’y aller.

Pouvez-vous nous raconter une anecdote de l’époque où vous étiez un Crocodile ?

Un jour les jeunes du centre de formation m’ont emmené dans une manade. C’était un moment extraordinaire. À un moment, il y en a un qui m’a dit qu’il fallait que j’aille enlever le petit chapeau (une cocarde, NRDL) entre les cornes d’une vachette. Je trouvais que l’animal était tout petit vu des tribunes, mais je peux vous assurer que quand elle a été face à moi, elle faisait beaucoup plus grande (Il rigole). J’avais fanfaronné, mais je peux vous dire que si je n’avais pas pris un verre de vin avant je n’y serais pas allé.

L'ancien Crocodile s'épanouit dans la restauration (photo facebook)

Suivez-vous toujours l’actualité des Crocodiles ?

Oui, quand j’ai vu la manière dont Laurent Boissier et Bernard Blaquart ont mis en place cette équipe pour la faire remonter en L1, je me suis dit : « Ça y est, il y a quelque chose qui fonctionne à nouveau chez les Crocodiles ». J’aurais adoré jouer au Nîmes Olympique d’aujourd’hui, parce que je sens qu’il y a un esprit collectif qui correspond à ce que j’aime et à ce que je suis.

« Mon cœur est plutôt Nantais »

Et aujourd’hui ?

On sent bien qu’il ne manque pas grand-chose pour que ça reprenne.

Qu’avez-vous fait après Nîmes ?

J’ai signé deux ans à Luçon et ça s’est super bien passé. Le club était dernier quand je suis arrivé et nous avons enchaîné neuf victoires pour terminer troisième. Ensuite je me suis dirigé vers la restauration. J’ai monté des restaurants. Ça s’est très bien passé et je m’y suis épanoui.

Entre le Nîmes Olympique et le FC Nantes, votre cœur balance-t-il ?

Le cœur est plutôt Nantais, mais depuis le retour de Nîmes en ligue 1 et leur style de jeu, ça me plait quand même bien.

Propos recueillis par Norman Jardin

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