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ALÈS-BAGNOLS/CÈZE Réforme des retraites : la lutte continue

À Alès, les manifestants se sont réunis devant la sous-préfecture avant de traverser la ville. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard
À Alès, les manifestants se sont réunis devant la sous-préfecture avant de traverser la ville. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

Alors que le texte est examiné aujourd'hui en conseil des ministres, une nouvelle journée d'action était organisée aujourd'hui pour protester contre le projet de réforme des retraites. À Alès et Bagnols, les mobilisations ont eu lieu ce vendredi matin avant la manifestation unitaire départementale prévue à 14h30 à Nîmes, au départ des Jardins de la Fontaine.

Le temps maussade n'a pas eu raison des manifestants à Alès. Aux alentours de 10 heures, comme à leur habitude, ils se sont rassemblés devant la sous-préfecture, attendant le camion hurlant de la CGT. Puis, les rangs se sont peu à peu gonflés pour atteindre, au summum de la mobilisation, des milliers de protestataires selon les syndicats, et environ 1 200 personnes selon la police.

Robert Guiraud, pour le syndicat Force ouvrière, a souligné "la combativité des cheminots et agents de la RATP, rejoints par d'autres secteurs, pour gagner le retrait du projet de retraites par points" avant de regretter que "cela ne suffise pas pour faire caner ce gouvernement qui tergiverse et fait semblant de reculer avec l'âge pivot, mais qui n'est pas serein."

Ils étaient des milliers selon les syndicats et un peu plus d'un millier selon la Police. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard
Ils étaient des milliers selon les syndicats et un peu plus d'un millier selon la Police. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

Le syndicaliste assure que "les grévistes sont encore et toujours déterminés et ne veulent rien lâcher", appelant ensuite la population à "tout bloquer jusqu'au retrait." Même volonté pour Martine Sagit (CGT), qui estime que "cette réforme est hautement politique et idéologique" et défend bec et ongles "la retraite par répartition d'Ambroise Croizat."

Et d'enchaîner : "Nous voulons stopper cette hémorragie de la casse généralisée ! Notre lutte est légitime et par la mobilisation, nous gagnerons !" Dans le cortège, qui a traversé les rues du centre-ville, les avocats du barreau d'Alès étaient également présents et ont fait une halte sur le perron de l'Hôtel de ville où ils ont symboliquement jeté au sol leurs robes noires. "C'est comme ça que nous serons si la réforme passe : à terre !", lance une avocate. Prochaine mobilisation mercredi 29 janvier, même lieu, même heure.

Les avocats jettent à terre leurs robes-noires devant la mairie. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard
Les avocats jettent à terre leurs robes-noires devant la mairie. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

À Bagnols, la mobilisation lancée par la CGT, FO, FSU, Sud solidaires et des Gilets jaunes locaux reste stable, avec encore 230 manifestants selon la CGT, et 150 selon la police, malgré la pluie et le froid. « On s’en fout, on n’est pas en sucre. On veut montrer qu’on est là, qu’on ne lâche rien », lancera le Gilet jaune Christophe Prévost. Et ce matin, les revendications concernaient également la réforme du bac, avec le passage controversé des examens E3C cette semaine, examens perturbés par un grand nombre de professeurs grévistes.

Ce matin, lors de la manifestation à Bagnols (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Dénonçant des conditions de passage des examens « inacceptables », le représentant FSU de Bagnols, Mohammed Hammani, dénoncera « une vaste mascarade, un simulacre de bac » dont la valeur interroge selon lui. Son homologue de Sud solidaires, Adrien Couffin, évoquera aussi cet autre front, en dénonçant « un bac local ». Tous deux estimeront que sur ce sujet, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, fait preuve de « surdité », tout comme le Premier ministre, Édouard Philippe, et le président de la République, Emmanuel Macron, sur le projet de réforme des retraites.

Sur cette réforme, Adrien Couffin dénoncera « un Gouvernement qui gouverne comme des autistes ». « Pour nous c’est toujours non ! », résumera Mohammed Hammani, avant que Louise Moulas, de FO, ne dénonce « une arnaque absolue » pour parler de la reconnaissance de la pénibilité dans le potentiel nouveau système.

Le secrétaire de l’union locale CGT, Patrick Lescure, rappellera quant à lui que « la majorité de la population exige le retrait » du projet de réforme. Un retrait encore et toujours exigé par les syndicats présents ce matin, du reste.

Ce matin, lors de la manifestation à Bagnols (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Patrick Lescure se félicitera également de voir la mobilisation se maintenir à Bagnols, « au bout de huit semaines, et sous la pluie », avant de lancer une manifestation au parcours différent, qui est passé devant l’hôpital, l’Ehpad de l’hôpital et les deux supermarchés de Bagnols.

Manière d’évoquer les conflits sociaux de longue date dans le secteur de la santé et le fait que « nous consommons avec nos salaires et nos pensions de retraite », précisera-t-il. « Ce n’est ni un baroud d’honneur, ni la fin des manifestations, nous pouvons encore gagner », avancera pour sa part Louise Moulas.

La prochaine manifestation est prévue le mercredi 29 janvier à 10h30 au monument aux morts de Bagnols. D’ici là, plusieurs cars de manifestants bagnolais vont grossir les rangs de la manifestation départementale, tout à l’heure à Nîmes.

Élodie Boschet (à Alès) et Thierry Allard (à Bagnols)

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Elodie Boschet

Elodie Boschet, journaliste à Objectif Gard depuis septembre 2013.

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