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MARDI ÉCO Être buraliste en 2020

Jean-Luc Vignes tient son commerce à Aimargues depuis 2009. (photo Boris Boutet)

Alors que la presse papier se porte mal et que les ventes de tabac déclinent fortement depuis 2004, les buralistes tentent de multiplier les services pour survivre. 

Ils cherchent à trouver leur rythme de croisière. À l'image de Jean-Luc Vignes, buraliste depuis 1996 et installé à Aimargues depuis 2009, de nombreux professionnels essayent d'offrir des services de plus en plus diversifiés. "Il est clair que dans la situation actuelle, si l'on ne proposait que des journaux et des cigarettes, on serait vraiment dans le dur", témoigne le chef d'entreprise qui travaille avec deux salariés.

"Je viens récupérer un colis", annonce une cliente entrant dans la boutique. "Nous ne faisons plus point relais depuis samedi dernier, s'excuse Jean-Luc Vignes. Il doit se trouver dans un autre commerce." Après trois ans à accueillir les commandes en ligne des habitants du village et de ses environs, le buraliste a décidé de tourner la page. "Sur certaines périodes comme avant les fêtes, les clients ne pouvaient même plus accéder aux journaux, déplore-t-il. C'était intéressant pour moi car je touchais une commission sur chaque colis et ça ramenait pas mal de monde dans la boutique. Mais avec une réserve de 3m2 comme la mienne, ce n'était plus gérable." 

Photocopies, gestion bancaire et paiement d'amendes

Depuis quelques temps, Jean-Luc Vignes a aussi cessé de proposer des photos d'identité et ses services de serrurier. "Là aussi, ça prenait de la place et ça se faisait au détriment des autres clients, justifie-t-il. C'est vrai que ces activités amène un complément de revenu non négligeable mais il ne faut pas oublier que 85% de notre chiffre d'affaires se fait sur le tabac et les jeux." 

Désormais, le buraliste s'applique à ne proposer que des services gérables depuis sa caisse. "Il y a juste les photocopies que je fais encore, nuance-t-il. Ici, les clients peuvent payer leurs impôts et régler leurs amendes. Et nous allons bientôt recevoir une borne Nickel, qui permettra aux personnes qui ont un compte chez eux de retirer ou déposer de l'argent depuis le magasin." 

S'il semble aujourd'hui avoir trouvé son rythme de croisière, Jean-Luc Vignes en est persuadé, "un buraliste qui veut durer doit être à l'affût des nouveautés et se tourner vers la modernité. On ne peut plus proposer simplement quatre journaux et trois paquets de tabac comme on faisait avant." Pour l'enseigne aimarguoise, l'avenir passera peut-être par la cigarette électronique. "Pour l'heure, elle est loin de détrôner le tabac. Mais en tout cas on s'est équipé car de il y a des plus en plus de demandeurs." Une chose est sûre, le métier de buraliste est loin d'avoir fini sa mue.

Boris Boutet

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