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FAIT DU JOUR Un pari de plus pour s’en sortir

La psychiatre et addictologue Amandine Luquiens a créé une nouvelle étude pour aider les joueurs d'argent en situation d'addiction.

Amandine Luquiens crée une nouvelle étude et accompagne les joueurs vers une meilleure autonomie de leur addiction (Photo Anthony Maurin).

Le jeu peut entraîner une addiction. Avec Internet, une nouvelle manière de vivre son vice est en jeu. À Nîmes, le docteur Luquiens et son équipe s'occupent à distance des accros qui veulent revenir à une vie plus sereine...

Vous pensez avoir un problème lié au jeu d’argent ? Ne vous en faites pas vous n'êtes pas seul. Le profil général concerne plutôt les hommes, jeunes, impulsifs, fragiles mentalement ou encore ayant été exposé trop tôt à la chose. " Mais l'inverse ne protège pas ! "? avertit Amandine Luqiens, docteur instigatrice d'une toute nouvelle étude visant à faire reprendre le contrôle de jouer aux personnes en situation d'addiction aux jeux d'argent.

Ici, pas de charabia, les choses sont simples. " Il n'y a pas de loi Évin pour les jeux d'argent. Les facteurs de risques classiques, ajoutés à la pression sociale et surtout à la publicité, fragilisent nos patients qui se disent agressés par le contenu marketing. On y véhicule l'illusion du contrôle ou une image positive du jeu ! "? poursuit la psychiatre et addictologue.

Plus d'autonomie

Les jeux d’argent altèrent la qualité de vie, c'est une logique imparable... Depuis que l'Homme s'est trouvé des raisons pour jouer, il s'est mis à miser. Miser petit ou gros, pour un accro c'est un peu la même chose. On mise surtout sur une fausse vie de frissons. Ce qui pose également problème avec Internet, c'est que la limite temporelle du jeu n'est plus la même que lorsque le casino devait fermer ses portes.

Il suffit parfois d'en parler... (Photo Anthony Maurin).

Financée par des fonds publics (IRS), une étude concerne 100 patients mais a besoin de 100 autres pour arriver à ses fins. " L'idée est de rendre les patients autonomes pour qu'ils se débarrassent de nous rapidement ! ", assure le docteur Liquiens. Six semaines. " On est vraiment à distance et c'est la nouveauté sur une intervention. Intimité et anonymat sont évidemment respectés. Ce soins sont peu chronophages et entièrement personnalisés. C'est une alternative innovante et ludique. "

Le patient qui le désire doit ainsi s'entraîner sur son ordinateur deux fois par semaine pendant ces fameuses six semaines. Le jeu monte en difficulté mais on ne parie pas d'argent ! Après ce laps de temps, un suivi de trois mois par téléphone (tranquille) et d'un an sur les données de jeux (idem), boucleront l'affaire. Il reste un an pour atteindre les 200 cas pour que chiffres et meilleurs soins soient ultérieurement établis.

Le Gard perd gros

Pour Amandine Luquiens qui travaille dans le secteur depuis une dizaine d'années, " nous travaillons sans face-à-face, la différence est essentiellement là. Cette étude est destinée aux joueurs d'argent. La France est en retard ! On ne prend en charge cette problématique que depuis 2010 et la régulation des jeux en ligne comme le poker, les paris sportifs  ou les jeux de grattage... "

Aucune réaction ne serait tardive, tout est réversible (Photo Anthony Maurin).

Fléau sociétal, le jeu règne en maître sur une frange de la population. Mais qui est considéré comme joueur actif et donc accro ? Celui qui a joué dans l'année a 5 % de risque addictif. En ligne ? Ce chiffre grimpe à 17 %. Cette population est vulnérable et a peu recours aux soins car seuls 2 % en font la démarche (contre 10 % dans d'autres pays). Pour le docteur Luquiens, il fallait changer la donne. Seules deux enquêtes épidémiologiques en France concernaient le sujet mais une seule prend en compte les jeux en ligne qui sont bien plus risqués car plus addictifs que les autres.

Le Gard est-il est un département particulièrement touché ? Certainement, hélas. " Il n'y a aucun chiffre mais si on se base sur ceux des substances illicites, le Gard est au-dessus de la moyenne nationale et comme le jeu est une conduite addictive on peut certainement faire un lien. Le littoral habitue la population aux casinos. La précarité est présente sur le territoire mais nous, acteurs de la santé, nous avons la responsabilité de repérer et d'agir. L'offre de soins se structure peu à peu. Nous devons être plus visibles et minimiser l'errance des personnes concernées ", note Amandine Luquiens.

Pas d'abstinence préconisée

Le recrutement a lieu par téléphone, à distance, après avoir pris contact par mail avec l’équipe Train-online, c'est le nom de l'étude du docteur Luquiens. Reprendre le contrôle de sa manière de jouer, activer la fonction "stop" d'une partie du cerveau en musclant ses fonctions cérébrales pour avoir des fonctions cognitives optimales : voilà les enjeux. " Nous allons vers les joueurs et notre neuropsychologue s'occupe du suivi. On ne vise pas l'abstinence mais le transfert de leurs nouvelles compétences dans leur vie quotidienne. "

Le CHU devient leader avec cette nouveauté créée par Amandine Luquiens (Photo Anthony Maurin).

Comment sait-on si on est concerné ? Sans se leurrer, on peut dépister un tel joueur en neuf questions issues de l'index canadien du jeu excessif. Si on joue depuis l'Antiquité, au moins, le jeu a toujours posé problème dans la société. On joue pour s'amuser et pour rentrer en contact avec d'autres personnes mais les joueurs problématiques jouent systématiquement de l'argent.

Pour les mineurs, même s'il leur est interdit de jouer, l'enjeu est d'autant plus important. Il existe des Centres de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie pour ceux qui veulent s'en sortir sans faire appel à la famille ou aux amis. Pour les autres, le CHU a un service qui permet des consultations en compagnie des parents.

Les plus motivés des adultes doivent participer à l'étude qu'ils soient ou pas encore déjà suivis par un professionnel pour ce problème. Contactez l'équipe médicale par mail à train.online@aphp.fr. Réponse assurée sous trois jours maximum !

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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