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PONT-SAINT-ESPRIT L’Hôtel-Dieu racheté par un groupe immobilier

Vue aérienne du site de l'Hôtel-Dieu de Pont-Saint-Esprit (sur la partie inférieure) (Photo : Mairie de Pont-Saint-Esprit)

C’est un dossier au long cours qui arrive à son épilogue : lors du conseil municipal du 13 février prochain, le protocole d’accord de la cession de l’Hôtel-Dieu sera soumis au vote.

« Après plusieurs mois de négociations, nous avons enfin abouti à une conclusion positive sur ce dossier », souligne le maire, Claire Lapeyronie. Il faut dire que le dossier de l’Hôtel-Dieu, du nom de l’ancien site de l’hôpital de la ville, en bordure du centre ancien, dure depuis 2013.

Un bâtiment vide depuis 2009, et dont la parcelle ainsi que les parcelles voisines ont été acquises par l’Établissement public foncier Occitanie en septembre 2014 pour le compte de la mairie de Pont, contre 2,3 millions d’euros. Un bâtiment inscrit à l’inventaire des Monuments historiques en 2005, et qu’il a donc été décidé de conserver en vue de sa reconversion. « Il était donc indispensable de maîtriser son évolution », affirme l’ancien maire et désormais conseiller municipal chargé de la stratégie foncière, Roger Castillon.

L'ancien maire Roger Castillon et la maire de Pont-Saint-Esprit Claire Lapeyronie (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

La mairie a donc décidé de revendre l’ensemble par le biais d’une cession avec charge. En clair, la mairie vend, mais pas pour faire n’importe quoi. La commune veut sur place un hôtel, de l’habitat, des commerces ou encore une résidence senior, et lance un appel à cession. Seulement, les candidats ne se bousculent pas au portillon : la mixité du projet et les contraintes du bâti refroidissent bon nombre de prétendants.

Finalement, un prétendant se positionne courant 2018, à savoir la société Somifa, filiale du groupe immobilier Fayat. La mairie rentre ensuite en négociations exclusives avec l’entreprise en janvier 2019, et négocie « âprement », affirment les élus, pendant encore un an, avant d’aboutir à un protocole d’accord le 28 janvier dernier.

Il a notamment fallu se mettre d’accord sur un prix, qui a augmenté du fait que la chapelle et la sacristie de l’ancien hôpital vont rester à la charge de la commune. « Il y a eu des allers-retours », ajoute Claire Lapeyronie pour expliquer le timing de ce protocole d’accord. « On aurait préféré finir à l’automne, mais cela n’a pas été possible », ajoute l’ancien maire, néanmoins satisfait d’avoir abouti.

Le projet

« Il en résulte un projet », pose Roger Castillon. Dans le bâtiment Hôtel-Dieu à proprement parler, sur 6 127 mètres carrés, un hôtel trois étoiles de 57 chambres et 12 chambres de type appart’hôtel, 29 places de parking en surface et 40 en souterrain et 15 logements en accession libre éligibles à la loi Malraux vont être proposés. Sur le reste de l’emprise, une résidence senior de 5 564 mètres carrés va être bâtie avec 97 logements, 800 mètres carrés d’espaces communs et 43 places de parking en souterrain.

On y retrouvera également 1 471 mètres carrés en pied d’immeuble pour des commerces et services de proximité, et 102 logements sociaux sur 6 693 mètres carrés en trois bâtiments distincts, avec 102 places de parking en sous-sol. Enfin, le bâtiment de l’opérateur Orange situé derrière, rue des Capucins, va accueillir un plateau de bureaux de 300 mètres carrés à l’étage pour du co-working et des start-ups, avec 10 places de stationnement. En tout, le projet s’étend sur 20 155 mètres carrés et 224 places de stationnement. « C’est un nouveau quartier à proximité du centre-ancien », résume Roger Castillon, qui estime que le projet créera « 30 à 50 emplois » pérennes.

Sur le site de l'Hôtel-Dieu de Pont-Saint-Esprit (Photo : Mairie de Pont-Saint-Esprit)

L’ensemble va donc être vendu à la Somifa, initialement pour 2 900 800 euros. Un montant gonflé de 600 000 euros par le retrait dans le projet de la vente de la chapelle et de la sacristie qui entraîne une charge supplémentaire pour la commune, ce qui porte la vente à 3 500 800 euros hors taxes. Et « le projet étant éligible à des subventions de la Région, de l’État et de l’Europe, nous sommes convenus que la commune aiderait à la recherche de subventions, et qu’au-delà des trois premiers millions les subventions seront versées la commune dans une limite de 700 000 euros comme complément de vente », ajoute Roger Castillon.

Avec ce protocole d’accord, « nous actons les conditions de la cession à la Somifa, ensuite l’EPF Occitanie et la commune vont s’engager dans la rédaction d’un compromis de vente », précise l’ancien maire. Si toutefois le protocole d’accord est voté jeudi prochain, Roger Castillon estime à « l’automne 2021 au mieux » le début des travaux.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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