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FAIT DU JOUR Dominique Marin, le druide rebouteux qui répare les animaux

À partir de ce soir et durant trois jours, le festival du film taurin et camarguais de Saint-Geniès-de-Malgoires déroulera son 23e opus. L'ostéopathe nîmois Dominique Marin sera à l'honneur dans le court métrage qui ouvrira l'événement.

Dominique Marin manipule -parfois avec les pieds - des taureaux de rodéo comme Golgoth qui pèsent près d'une tonne ! (Photo : DR)

Pour la 23e année et pendant trois jours, Saint-Geniès-de-Malgoires organise son fameux Festival du film taurin et camarguais. Parmi les vingt-cinq films qui figurent à l'affiche, le format court Dominique Marin : ostéopathe pour deux et quatre pattes (*) du réalisateur amateur Marc Carteyrade ouvrira la festive orgie de pellicules ce vendredi soir en plaçant sous les feux de la rampe le kiné-ostéopathe nîmois éponyme. L'occasion de faire connaissance avec un métier atypique exercé par un gaillard qui ne l'est pas moins. Portrait.

Du marin le bonhomme n'a pas grand chose, si ce n'est son patronyme. Même s'il partage avec les avaleurs d'écume dompteurs de vagues une appétence certaine pour bourlinguer et d'être né en Bretagne, dans le Morbihan, celui qui a vu le jour au coeur de la légendaire forêt de Brocéliande (la forêt de Painpont, en réalité, NDLR) où s'illustrèrent supposément l'enchanteur Merlin et les Chevaliers de la Table ronde, n'a gardé de ses terres natales que des allures de druide breton. Pour le reste il est bel et bien Gardois. Et Nîmois... "Ma grand-mère était institutrice à l'école primaire Capouchiné et mon grand-père était lieutenant-colonel au 401e Régiment d'artillerie", raconte celui qui s'est destiné à son métier pour "mieux comprendre les femmes". "Aujourd'hui, je les fais craquer (leurs vertèbres en tout cas !) et elles me paient pour ça !", plaisante-t-il avec un humour dont il ne se départit jamais.

Comme un Italien qu'il n'est pas, Dominique parle avec force gestes de son métier et avec passion (Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)

Installé depuis maintenant près de 40 ans à Nîmes, après des études poursuivies à Marseille (13), Dominique Marin est une figure connue et reconnue du mundillo taurin, toutes spécialités confondues. Car outre son diplôme de kinésithérapeute, le Nîmois possède aussi des diplômes d'ostéopathe humain et animalier. Ils ne sont d'ailleurs que deux en France dans ce cas - l'autre réside en Champagne du côté de Reims - à pouvoir se targuer de cette triple compétence.

Toreros y toros !

Une spécificité et un talent particulier qui lui valent aujourd'hui d'intervenir dans les arènes nîmoises au sein du staff médical de l'Association taurine gardoise, présidée par Camille Lapierre, qui est déployé lors des corridas. Parmi ses patients célèbres figurent les toreros El Juli, Enrique Ponce et le jeune Nîmois El Rafi. "Je les soigne essentiellement à l'hôtel avant ou après la corrida. Il m'est arrivé aussi d'intervenir entre deux toros quand le matador s'est un peu fait secouer par un toro, pour remettre une vertèbre en place", détaille le sexagénaire.

Sur les vaches camarguaises, la pratique n'est pas toujours confortable... (Photo : DR)

Mais celui qui se définit comme "un rebouteux moderne qui a des diplômes" ne soigne pas que les figuras de la tauromachie. Il partage son temps entre son cabinet du centre-ville et les élevages gardois. Il soulage les taureaux des courses libres (pas destinés, ceux-là, à mourir dans l'arène !) et il est régulièrement sollicité par les manadiers pour manipuler chevaux et bétail. Et sur la liste de ses noirs patients cornus on relève quelques vedettes à quatre pattes. Et non des moindres ! Ainsi Prince, Pourpier ou Cupidon ont un jour bénéficié de la science de Dominique Marin. Les amateurs apprécieront...

L'ostéopathe animalier nîmois entretient une relation privilégiée avec les animaux quels qu'ils soient (Photo : DR)

"Les animaux souffrent des mêmes pathologie que les humains : boiterie, problèmes de bassin, de cervicales, d'épaule... Au départ ce sont les manadiers qui relèvent les anomalies comportementales de leurs animaux avant de faire appel à mes services, détaille le spécialiste. À l'inverse d'un vétérinaire, qui prescrit un traitement, moi je les manipule uniquement avec les mains..." Façon de parler en réalité car pour mettre un terme à leur calvaire, il lui arrive régulièrement de grimper sur le dos de ces animaux sauvages dont le poids flirte avec la demi-tonne pour leur asséner de violents coups de pied ou de coude qui feraient hurler à la maltraitance Brigitte Bardot (**) - qui, comme son nom l'indique, n'est pourtant une ânesse en la matière - et les béotiens défenseurs de la cause animale...

Au chevet d'une truie apprivoisée ou pendu au cou d'une girafe...

Mais comme son champ d'activité est presque infini - "tous les mammifères possèdent sept vertèbres cervicales, se plaît-il à rappeler -, celui qui répare les animaux aurait pu prétendre à être embauché dans l'Arche de Noé. "Je soigne régulièrement Golgoth et Red Bull, des monstres de près d'une tonne ! Ce sont les taureaux de rodéos de Guylaine Pradeilles qui organise des spectacles à Saint-Dézery et je suis déjà intervenu sur une truie apprivoisée, sur une dinde - le même jour ! - et régulièrement sur des chats et des chiens..."

Et même, il y a vingt ans de ça, juché sur un chariot élévateur à plus de trois mètres du sol, sur une girafe du zoo de Barcelone à la demande d'un responsable du distingué Polo Club local, où après une conférence, il venait de soigner les chevaux ! L'occasion de se pendre au cou d'une belle demoiselle tachetée que ce séducteur invétéré n'aurait voulu manquer pour rien au monde.

Philippe GAVILLET de PENEY

* Le court métrage est visible Youtube

** Le bardot, ou bardeau, est un équidé hybride issu du croisement d'un étalon et d'une ânesse.

Le festival du film taurin et camarguais aura lieu les 21, 22 et 23 février 2020 à Saint-Geniès-de-Malgoires. Entrée gratuite. Repas à partir de 15€. Pour plus d'informations, voir le programme ci-dessous.

Etiquette

Philippe Gavillet de Peney

Après avoir traîné ma plume et ma carcasse un peu partout dans les rédactions des quotidiens régionaux de l'Hexagone, j'ai posé mes valises à Objectif Gard en mars 2016. Couteau suisse de la rédaction, j'interviens dans plusieurs rubriques avec une inclination plus marquée pour le sport, les portraits et les sujets de société... Au sein du journal, j'assure par ailleurs le Secrétariat de rédaction.

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